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Titre de l'article :

Allergies chez les enfants en zone urbaine et exposition de long terme à la pollution de l'air à proximité.


Introduction à l'article :

Cet article présente les résultats d’une étude épidémiologique de la prévalence de l’asthme et des allergies chez des écoliers français, en prenant en compte l’impact de la pollution atmosphérique urbaine. L’étude pointe du doigt l’impact des particules fines et des pollutions issues du trafic routier sur l’augmentation de prévalence des allergies, qu’elle oppose aux substances polluantes liées aux industries, bien plus larges, qui sont de moins en moins communes dans les villes des pays les plus industrialisés.

Expériences de l'article :

Pour quantifier la prévalence des allergies, des mesures du flux respiratoire ainsi que des tests allergiques cutanés ont été menés. Pour mesurer l’exposition des sujets à la pollution, les taux atmosphériques de nombreuses molécules polluantes ont été mesurés sur 3 ans, puis moyennés. Les enfants n’ayant pas résidé à la même adresse depuis plus de 3 ans ont donc été exclus de l’étude. Un logiciel de modélisation, STREET, a également été utilisé pour prendre en compte les variations à faible échelle (d’un quartier à un autre voire d’une rue à une autre) du niveau de pollution en fonction du trafic routier, lui même lié au taux de particules fines dans l’air. De nombreux facteurs confondants (comme le climat, le régime alimentaire, ou d’autres facteurs socio-culturels) ont été pris en compte.

Résultats de l'article :

64% des écoles suivies étaient exposées à des taux de pollution aérienne en NO2 supérieurs aux guidelines de l’OMS, et 76% à des taux de PM10 supérieurs aux guidelines. Les allergies sont plus communes chez les enfants dont la famille est aussi porteuse d’allergies.
Des concentrations plus élevées de benzène, de SO2, de PM10, de NOx, et de CO sont toutes associées avec un risque supérieur d’asthme et d’eczema. Benzène et PM10 sont associés à une sensibilisation aux pollens. PM10 est associé à un risque supérieur de rhinite allergique.

Il semble donc évident que la pollution atmosphérique soit un facteur de risque important dans le déclenchement d’allergies, asthmes, et eczemas. Ces résultats sont cohérents avec de précédentes études sur les particules liées au trafic.
Le benzène et le PM10 semblent être des prédicteurs particulièrement puissants de la prévalence des allergies.

Rigueur de l'article :

Les auteurs rappellent cependant que les niveaux de pollution ont été estimés pour le lieu de l’école : si un élève habite bien en dehors de la ville par exemple, on peut supposer que l’exposition aux polluants serait en réalité plus faible : selon les auteurs, cette sous-estimation de devrait ceci dit pas entraîner un biais entre sites.

Ce que cet article apporte au débat :

cette étude tente de modélisation à faible échelle les pollutions liées à la circulation notamment. Puisque les particules fines sont un des grands suspects comme source de l'augmentation de prévalence des allergies, cela parait particulièrement intéressant.

Publiée il y a plus de 7 ans par A. Aublin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.