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Analyse de la référence Marine microbes in the Plastic Age

Titre de la review :

Microbes marins à l'Âge du Plastique


Résumé de la review :

Le plastique est une matière tellement dominante dans nos vies depuis plus d’un demi-siècle, qu’on peut dorénavant presque parler de « l’Âge du Plastique ». Les qualités de ce matériaux, à savoir résilience, durabilité, légèreté, flexibilité et résistance à la dégradation, sont les clés du succès universel du plastique. Mais ce sont également ces qualités qui font des déchets plastiques une menace globale pour l’environnement et des déchets dangereux, selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. La production mondiale de plastique est passé de 1,7 millions de tonnes en 1950 à 288 millions de tonnes en 2012, soit une augmentation de près de 10 % par an. Entre 2007 et 2012, l’Australie en à consommé à elle seule 1,5 millions de tonnes par an, principalement des plastiques à usage unique. Ceci explique donc l’énorme quantité de déchets produits, déchets se retrouvant massivement dans les environnements côtiers et marins. Les premières mentions de microplastiques dans les océans datent de 1972. Leur présence était estimée entre 50 et 12 000 unités/km² dans la mer des Sargasses, alors qu’au large des États-Unis, la présence de plastiques aillant absorbé des polluants était relevée. Ces plastiques étaient également le foyer de certains organismes, à savoir des diatomées et des bactéries. Depuis, les microplastiques se sont accumulés aussi bien dans les milieux benthiques que pélagiques, et leur accumulation est croissante au cours du temps. De plus, la fragmentation des macroplastiques en microplastiques a participé à leur dispersion à l’échelle mondiale, notamment dans les grandes gyres de l’océan Atlantique, Pacifique et Indien. Le nombre totale de déchets plastiques est estimé à environ 500 000 pièces/km² d’océan. La présence de micro-organismes sur ces déchets paraît cependant être une bonne nouvelle en ce qui concerne la biodégradation des plastiques et des toxines qu’ils contiennent. Cependant, cette « plastisphère » est encore relativement méconnue. Des études réalisées en Amériques, en Corée et en Chine ont néanmoins mis en évidence le fait que plusieurs espèces de bactéries peuvent se succéder en l’espace de 72 heures. De plus, des expérimentations ont révélé qu’après 6 mois, les PET (polytéréphtalate d’étyhlène) en milieu marin présentent un biofilms de 90µm d’épaisseur, signe que les bactéries peuvent survivre longtemps sur le plastique. Par contre, des sachets de polyéthylène présents depuis seulement 3 semaines dans l’océan abritent une colonie microbienne telle qu’ils perdent en flottabilité et coulent. Ceci explique donc le fait que le nombre de plastique flottant peut parfois être moindre que les estimations théoriques. Zettler et al. (2013) ont réalisé une étude génomique de la faune bactérienne de 6 fragments de plastiques issus de l’océan Atlantique. Ils ont déterminé que près de 1000 unités taxinomiques composaient cette faune. Cette étude à également suggéré la possibilité que ces bactéries dégraderaient la surface des plastiques. Outre les bactéries et des diatomées, d’autres études ont également mis en évidence la présence de coccolithophoridés, dinoflagellés et champignons. De plus, il s’avère que la composition de cette faune complexe varie en fonction de la saison et de la localisation, les communautés bactériennes allant parfois jusqu’à changer tous les 14 jours. Cependant, le plus inquiétant est que les déchets plastiques marins peuvent ainsi être le vecteurs de bactéries pathogènes, et être particulièrement dangereux s’ils s’échouent sur des plages fréquentées.

Rigueur de la review :

Ce papier semble avoir été fait avec toute la rigueur et le sérieux que nécessite une publication scientifique. Qui plus est, l'un des auteurs, Mark Osborn, est membre du comité éditoriale de deux revues, cependant le papier est sorti dans un autre journal indépendant des deux auquel est affilié Osborn. Ceci souligne le professionnalisme des auteurs.

Ce que cette review apporte au débat :

Ce papier permet de mettre en évidence le faire que les déchets plastiques marins sont le foyers d'une faune complexe et riche, comportant même plusieurs niveaux trophiques. Ainsi, outre le simple assez "déchet", on se compte que ces plastiques forment un véritable écosystème à eux seules. Cependant, comme le souligne les auteurs à la fin de leur article, ce n'est pas nécessairement une bonne chose non plus, puisque nombre des bactéries peuplant ces déchets peuvent être pathogènes.

Publiée il y a plus de 7 ans par gdevillet.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.