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La grande invasion, qui a peur des espèces envahissantes ?
Introduction au livre :
Dans ce livre, l’auteur fait état de la capacité de l’Homme à déplacer les espèces vivantes depuis des périodes antérieures à l’agriculture lorsqu’il était un chasseur-cueilleur nomade. En se déplaçant, celui-ci, a aussi déplacé nombre d’êtres vivants. La suite de l’histoire de l’Homme n’a fait qu’amplifier le phénomène (agriculture, déplacement longue distance, mondialisation etc.). L’auteur s’attache à retracer les courants de pensée autour de la nature entre science et philosophie afin de permettre de mieux rendre compte de la situation actuelle selon laquelle émerge une vision tendancieusement négative des espèces exotiques envahissantes. Il fait un état de l'art et une critique du sujet autour d'exemples d'études scientifiques. Jacques Tassin raconte combien les processus d’invasion avaient contribué à façonner notre monde et le berceau des souvenirs relatés par les grands explorateurs et autres intéressés de la nature.
Résumé et résultats du livre :
L'auteur introduit l’objet de l’espèce envahissante, qui en fait se montre indéfinissable, par cette vision très largement répandue de la nature sauvage et pure, considérée comme un organisme vivant à part entière, flouée par l’Homme colonisateur et destructeur y étant extérieur. Ce mot très loin se montrer neutre selon lui, semble sous-entendre que ces espèces viendraient perturber l’intégrité, la stabilité ou encore la beauté d’un écosystème donné, un écosystème souvent considéré comme immaculé. Une vision par ailleurs biaisée selon l’auteur puisque bien souvent nous oublions que ces écosystèmes ont déjà été modifiés directement ou indirectement, en modifiant les écosystèmes adjacents, par l’Homme dans des temps plus éloignés. Il est remarqué que souvent nous sommes finalement plus touchés par ce que n’est plus l’écosystème que par ce qu’il devient. Le terme d’espèce envahissante prend alors du sens mais il est bien souligné que ce terme n’est pas associé à un processus singulier mais plutôt à une pluralité de processus qui de plus sont étroitement liés au contexte. En considérant que sont envahissantes uniquement les espèces ayant des effets négatifs, l’invasion biologique est finalement décrite comme un objet bio culturel. Ce document met ainsi en avant la nécessité d’objectiver les impacts de ces espèces. S’il existe bien des cas où ces espèces ont été responsables principales d’extinction, il ne faut perdre de vue que la majorité des exemples connus montre uniquement des modifications dans les communautés en termes de dominance et donc d’abondance mais pas d’exclusion totale. Il paraît important de resituer ces observations dans leur cadre spatio-temporel. Les différents focus permettent d’avoir des conclusions très contradictoires parfois. D’un point de vue systématique, que la richesse en espèce croisse ou décroisse, cela ne constitue pas nécessairement un changement écologique, ce qui compte c’est le maintien des fonctions écologiques. Au travers des derniers chapitres, l’écrivain chercheur, appuie sur la place de l’Homme dans ces phénomènes et sur ses effets en tant qu’espèce envahissante entraînant les conséquences de loin les plus dévastatrices pour l’environnement. Il rappelle que ces espèces ont aussi parfois du bon et peuvent se montrer opportunistes et donc seulement passagères d’autres changements en réalité plus profonds dans les systèmes. L’auteur souligne que nous sommes très largement inclus dans les systèmes et dans la nature en général et qu’il est important de se détacher de ces visions où l’Homme est exclu de la nature. Enfin l’auteur nous donne à réfléchir sur l’opportunité que représente les processus pullulant d’invasion biologique en tant que laboratoire vivant et en temps réel. L’analyse de ces processus nous révèle notamment que la notion de saturation d’un écosystème est une notion très discutable, que les adaptations peuvent avoir lieu de manière très rapide ou encore que les systèmes dits recomposés moins chères à nos yeux fonctionnent tout aussi bien que des systèmes dit « naturels » et sont les systèmes de demain. Jacque Tassin estime qu’ostraciser les espèces exotiques revient à déconnecter davantage l’humain urbain d’aujourd’hui de la nature. Il admet qu’il est essentiel de conserver tant les milieux dits naturels que les milieux emménagés urbains qui nous semblent pourtant si « dénaturalisés ». Enfin, il rappelle que les déplacements d’espèce ne sont pas suspects car la dispersion est un processus fondamental du vivant. Ainsi protéger le vivant consiste aussi en l’accompagnement des écosystèmes dans les changements par la préservation des processus évolutifs. L’issue des espèces immobiles est dangereuse. Il faut, selon lui, réinscrire l’Homme dans ces mouvements et changements perpétuels. Le monde que nous devons préserver est celui de demain.
Rigueur du livre :
L'argumentation menant à l'opinion de l'auteur semble bien rigoureuse ici. Jacques Tassin émet une critique objective de faits mise en avant par les sciences et nous suggère justement d'être davantage rigoureux.
Ce que ce livre apporte au débat :
Ce livre apporte une vision qui vient à remettre les sciences de la conservation selon lesquelles il semble indispensable de lutter contre les EEE. L'auteur rappelle ici que le changement dans les écosystèmes, le mouvement des espèces sont des processus évolutif nécessaire au vivant qu'il faut davantage accompagner que combattre. L'idée selon laquelle il est impératif de préserver les écosystèmes tel que nous les connaissons est une idée proche de celle du fixisme. Ces écosystèmes n'auront plus aucun lien le monde vivant vivant de demain. Il constitueront simplement des îlots du vivant du passé. Des musées dont nous auront de plus en plus de mal à conserver l'intégrité. L'auteur met en exergue que les efforts devraient davantage être employés à mieux comprendre et assister ce que nous appelons subjectivement les EEE.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
M. Corbin et A. Gardin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
La grande invasion, qui a peur des espèces envahissantes ?
Introduction au livre :
Dans ce livre, l’auteur fait état de la capacité de l’Homme à déplacer les espèces vivantes depuis des périodes antérieures à l’agriculture lorsqu’il était un chasseur-cueilleur nomade. En se déplaçant, celui-ci, a aussi déplacé nombre d’êtres vivants. La suite de l’histoire de l’Homme n’a fait qu’amplifier le phénomène (agriculture, déplacement longue distance, mondialisation etc.). L’auteur s’attache à retracer les courants de pensée autour de la nature entre science et philosophie afin de permettre de mieux rendre compte de la situation actuelle selon laquelle émerge une vision tendancieusement négative des espèces exotiques envahissantes. Il fait un état de l'art et une critique du sujet autour d'exemples d'études scientifiques. Jacques Tassin raconte combien les processus d’invasion avaient contribué à façonner notre monde et le berceau des souvenirs relatés par les grands explorateurs et autres intéressés de la nature.
L'auteur introduit l’objet de l’espèce envahissante, qui en fait se montre indéfinissable, par cette vision très largement répandue de la nature sauvage et pure, considérée comme un organisme vivant à part entière, flouée par l’Homme colonisateur et destructeur y étant extérieur. Ce mot très loin se montrer neutre selon lui, semble sous-entendre que ces espèces viendraient perturber l’intégrité, la stabilité ou encore la beauté d’un écosystème donné, un écosystème souvent considéré comme immaculé. Une vision par ailleurs biaisée selon l’auteur puisque bien souvent nous oublions que ces écosystèmes ont déjà été modifiés directement ou indirectement, en modifiant les écosystèmes adjacents, par l’Homme dans des temps plus éloignés. Il est remarqué que souvent nous sommes finalement plus touchés par ce que n’est plus l’écosystème que par ce qu’il devient. Le terme d’espèce envahissante prend alors du sens mais il est bien souligné que ce terme n’est pas associé à un processus singulier mais plutôt à une pluralité de processus qui de plus sont étroitement liés au contexte. En considérant que sont envahissantes uniquement les espèces ayant des effets négatifs, l’invasion biologique est finalement décrite comme un objet bio culturel. Ce document met ainsi en avant la nécessité d’objectiver les impacts de ces espèces. S’il existe bien des cas où ces espèces ont été responsables principales d’extinction, il ne faut perdre de vue que la majorité des exemples connus montre uniquement des modifications dans les communautés en termes de dominance et donc d’abondance mais pas d’exclusion totale. Il paraît important de resituer ces observations dans leur cadre spatio-temporel. Les différents focus permettent d’avoir des conclusions très contradictoires parfois. D’un point de vue systématique, que la richesse en espèce croisse ou décroisse, cela ne constitue pas nécessairement un changement écologique, ce qui compte c’est le maintien des fonctions écologiques. Au travers des derniers chapitres, l’écrivain chercheur, appuie sur la place de l’Homme dans ces phénomènes et sur ses effets en tant qu’espèce envahissante entraînant les conséquences de loin les plus dévastatrices pour l’environnement. Il rappelle que ces espèces ont aussi parfois du bon et peuvent se montrer opportunistes et donc seulement passagères d’autres changements en réalité plus profonds dans les systèmes. L’auteur souligne que nous sommes très largement inclus dans les systèmes et dans la nature en général et qu’il est important de se détacher de ces visions où l’Homme est exclu de la nature. Enfin l’auteur nous donne à réfléchir sur l’opportunité que représente les processus pullulant d’invasion biologique en tant que laboratoire vivant et en temps réel. L’analyse de ces processus nous révèle notamment que la notion de saturation d’un écosystème est une notion très discutable, que les adaptations peuvent avoir lieu de manière très rapide ou encore que les systèmes dits recomposés moins chères à nos yeux fonctionnent tout aussi bien que des systèmes dit « naturels » et sont les systèmes de demain. Jacque Tassin estime qu’ostraciser les espèces exotiques revient à déconnecter davantage l’humain urbain d’aujourd’hui de la nature. Il admet qu’il est essentiel de conserver tant les milieux dits naturels que les milieux emménagés urbains qui nous semblent pourtant si « dénaturalisés ». Enfin, il rappelle que les déplacements d’espèce ne sont pas suspects car la dispersion est un processus fondamental du vivant. Ainsi protéger le vivant consiste aussi en l’accompagnement des écosystèmes dans les changements par la préservation des processus évolutifs. L’issue des espèces immobiles est dangereuse. Il faut, selon lui, réinscrire l’Homme dans ces mouvements et changements perpétuels. Le monde que nous devons préserver est celui de demain.
L'argumentation menant à l'opinion de l'auteur semble bien rigoureuse ici. Jacques Tassin émet une critique objective de faits mise en avant par les sciences et nous suggère justement d'être davantage rigoureux.
Ce livre apporte une vision qui vient à remettre les sciences de la conservation selon lesquelles il semble indispensable de lutter contre les EEE. L'auteur rappelle ici que le changement dans les écosystèmes, le mouvement des espèces sont des processus évolutif nécessaire au vivant qu'il faut davantage accompagner que combattre. L'idée selon laquelle il est impératif de préserver les écosystèmes tel que nous les connaissons est une idée proche de celle du fixisme. Ces écosystèmes n'auront plus aucun lien le monde vivant vivant de demain. Il constitueront simplement des îlots du vivant du passé. Des musées dont nous auront de plus en plus de mal à conserver l'intégrité. L'auteur met en exergue que les efforts devraient davantage être employés à mieux comprendre et assister ce que nous appelons subjectivement les EEE.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.