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Scientifiques, gestionnaires et colonisation assistée: 4 points de vues différents mêlent science et politique.
Introduction à l'article :
La colonisation assistée est une option d’adaptation au changement climatique contesté et il y a eu un flot d’opinion dans la littérature scientifique argumentant pour ou contre. Les auteurs traitent les opinions sur cette controverse comme un sujet de recherche sociale empirique afin de fournir une meilleure compréhension des termes du débat. De plus le débat sur la migration assistée a largement été encadré par des scientifiques et les points de vue des autres parties impliqués restent sous représentés. Les auteurs ont donc caractérisé le point de vue de scientifiques et de gestionnaires de forêt côte à côte car les questions qui émergent de la colonisation assistée sont souvent situées à l’interface du contentieux entre la science et des valeurs personnelles. La question principale à laquelle les auteurs cherchent à répondre est « Comment les scientifiques et les gestionnaires pensent à la migration assistée et sur quoi leur points de vue sont en accord ou en conflit ? »
Expériences de l'article :
Les auteurs ont utilisé une méthode Q qui permet de comprendre le point de vue de différentes personnes. Leurs préoccupations à propos d’un sujet définissent les axes le long desquels ces personnes sont comparées, la méthode Q identifie les opinions partagées et contestées selon ces axes. Les auteurs ont tout d’abord recueilli 781 déclarations à propos de la colonisation assistée comprenant des arguments techniques et non techniques puis en ont sélectionné 33 pour couvrir l’étendu des points de vue. Les 50 participants de cette étude ont été recrutés selon deux groupes : des scientifiques provenant de disciplines qui sont impliqués dans le débat sur la colonisation assistée (n=24) et des gestionnaires de forêt d’Ontario au Canada (n=26). Une analyse en composantes principales a été effectuée sur les résultats, avec les individus comme variable afin d’identifier les points de vue partagées par les participants à propos du sujet (appelés ‘facteurs’ dans la littérature à propos de la méthode Q).
Résultats de l'article :
Quatre facteurs ont émergé des analyses.
Les interventionnistes écologiques sont ouverts à la gestion intensive des écosystèmes y compris par la CA (colonisation assistée), pour eux les avantages l’emportent sur les risques, les écosystèmes sont dynamiques mais les espèces qui sont natives comptent. Il y a un sentiment d’urgence.
Les technocrates nativistes évitent l’intervention humaine dans la nature, selon eux beaucoup d’incertitudes demeurent donc ils s’abstiennent d’agir.
Les technocrates interventionnistes sont ouverts à la CA bien qu’ils perçoivent des risques importants. Selon eux la prise de décision quant à l’application de la CA devrait être laissée à des experts. De plus, les lois sur les espèces en voie de disparition constituent un obstacle à la CA et doivent donc être modifiées.
Selon les interventionnistes réticents, la CA est peut-être nécessaire mais ça ne sera pas une panacée et elle comporte des risques majeurs, ils sont relativement ouverts à l’apport du public.
Rigueur de l'article :
Les méthodes Q peuvent identifier et développer des compréhensions développées et nuancées, de perspectives partagées ou des point de vues sur des sujets controversés mais contrairement aux enquêtes typiques, les résultats ne sont pas censés être généralisables quantitativement parce que cette méthode utilise de petits échantillons non aléatoires de participants. De plus, le groupe de gestionnaire de forêt représentent un type géographiquement limité ainsi qu’un certain type d’écosystème, donc les résultats ne doivent pas être tenus pour représentatif des gestionnaires dans d’autres contextes.
Ce que cet article apporte au débat :
L’article indique qu’il y a de multiples façon bien développer de réfléchir à la CA, et tous soulignent des préoccupations contrastées. Beaucoup de points de contestation identifiés n’ont pas jouer de rôle proéminent dans la littérature scientifique, en partie parce qu’ils impliquent des considérations stratégiques en matière de politique, des avis fondés sur des systèmes de valeur propre à chacun dans la gestion écologique et des idées normatives à propos de qui devrait décider; plutôt que les questions techniques normalement débattues dans la littérature. En particulier, des questions à propos de l’interface entre les politiques de colonisation assistée et les lois contemporaines sur les espèces en voie de disparition ont été très brièvement considérées dans la littérature scientifique mais tenaient une place importante parmi les avis des participants.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
N. Ochida et C. Franc.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Scientifiques, gestionnaires et colonisation assistée: 4 points de vues différents mêlent science et politique.
Introduction à l'article :
La colonisation assistée est une option d’adaptation au changement climatique contesté et il y a eu un flot d’opinion dans la littérature scientifique argumentant pour ou contre. Les auteurs traitent les opinions sur cette controverse comme un sujet de recherche sociale empirique afin de fournir une meilleure compréhension des termes du débat. De plus le débat sur la migration assistée a largement été encadré par des scientifiques et les points de vue des autres parties impliqués restent sous représentés. Les auteurs ont donc caractérisé le point de vue de scientifiques et de gestionnaires de forêt côte à côte car les questions qui émergent de la colonisation assistée sont souvent situées à l’interface du contentieux entre la science et des valeurs personnelles. La question principale à laquelle les auteurs cherchent à répondre est « Comment les scientifiques et les gestionnaires pensent à la migration assistée et sur quoi leur points de vue sont en accord ou en conflit ? »
Les auteurs ont utilisé une méthode Q qui permet de comprendre le point de vue de différentes personnes. Leurs préoccupations à propos d’un sujet définissent les axes le long desquels ces personnes sont comparées, la méthode Q identifie les opinions partagées et contestées selon ces axes. Les auteurs ont tout d’abord recueilli 781 déclarations à propos de la colonisation assistée comprenant des arguments techniques et non techniques puis en ont sélectionné 33 pour couvrir l’étendu des points de vue. Les 50 participants de cette étude ont été recrutés selon deux groupes : des scientifiques provenant de disciplines qui sont impliqués dans le débat sur la colonisation assistée (n=24) et des gestionnaires de forêt d’Ontario au Canada (n=26). Une analyse en composantes principales a été effectuée sur les résultats, avec les individus comme variable afin d’identifier les points de vue partagées par les participants à propos du sujet (appelés ‘facteurs’ dans la littérature à propos de la méthode Q).
Quatre facteurs ont émergé des analyses.
Les interventionnistes écologiques sont ouverts à la gestion intensive des écosystèmes y compris par la CA (colonisation assistée), pour eux les avantages l’emportent sur les risques, les écosystèmes sont dynamiques mais les espèces qui sont natives comptent. Il y a un sentiment d’urgence.
Les technocrates nativistes évitent l’intervention humaine dans la nature, selon eux beaucoup d’incertitudes demeurent donc ils s’abstiennent d’agir.
Les technocrates interventionnistes sont ouverts à la CA bien qu’ils perçoivent des risques importants. Selon eux la prise de décision quant à l’application de la CA devrait être laissée à des experts. De plus, les lois sur les espèces en voie de disparition constituent un obstacle à la CA et doivent donc être modifiées.
Selon les interventionnistes réticents, la CA est peut-être nécessaire mais ça ne sera pas une panacée et elle comporte des risques majeurs, ils sont relativement ouverts à l’apport du public.
Les méthodes Q peuvent identifier et développer des compréhensions développées et nuancées, de perspectives partagées ou des point de vues sur des sujets controversés mais contrairement aux enquêtes typiques, les résultats ne sont pas censés être généralisables quantitativement parce que cette méthode utilise de petits échantillons non aléatoires de participants. De plus, le groupe de gestionnaire de forêt représentent un type géographiquement limité ainsi qu’un certain type d’écosystème, donc les résultats ne doivent pas être tenus pour représentatif des gestionnaires dans d’autres contextes.
L’article indique qu’il y a de multiples façon bien développer de réfléchir à la CA, et tous soulignent des préoccupations contrastées. Beaucoup de points de contestation identifiés n’ont pas jouer de rôle proéminent dans la littérature scientifique, en partie parce qu’ils impliquent des considérations stratégiques en matière de politique, des avis fondés sur des systèmes de valeur propre à chacun dans la gestion écologique et des idées normatives à propos de qui devrait décider; plutôt que les questions techniques normalement débattues dans la littérature. En particulier, des questions à propos de l’interface entre les politiques de colonisation assistée et les lois contemporaines sur les espèces en voie de disparition ont été très brièvement considérées dans la littérature scientifique mais tenaient une place importante parmi les avis des participants.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.