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La litière marine est définie comme étant « tout déchet solide usager fabriqué ou transformé qui entre dans le milieu marin provenant d'une source quelconque ». Le plastique entre dans cette définition, en semblant être le type de litière le plus rencontré à l'échelle de la planète, ce qui peut engendrer de nouvelles niches écologiques.
Le polystyrène expansé (EPS) est un plastique qui est communément utilisé pour sa légèreté, ses propriétés isolantes, sa durabilité (en plus d'autres avantages) comme matériau de construction ou d'emballage. Malgré ces avantages, sa biodégradation est lente et il se retrouve abondamment dans les paysages, notamment sur les côtes sablonneuses. De même, à cause de sa légèreté, il est facilement transporté par le vent et donc stocké dans les dunes de sables. Ainsi, cet article se propose d'étudier les EPS en tant que composant adéquate pour la pousse des plantes dunaires, affectant la structure et la chimie du sol.
Expériences de l'article :
La zone de l'étude est une plage sablonneuse en Italie. La végétation présente est psammophile (qui peuvent vivre dans le sable) et appartient à 3 types d'habitats européens, à savoir i) la végétation annuelle des lignes de dérive (« annual vegetation of drift lines »), ii) la végétation des dunes embryonnaires (« embryo dune vegetation ») et iii) dune mouvante le long du rivage (« shifting dunes along the shoreline » ; cf Figure 1). Cette végétation dunaire dégradée est en contact avec une zone humide, où l'espèce Phragmites australis est dominante. Cette zone a été choisie car les EPS étaient présents en abondance.
Les EPS sont récoltés suivant plusieurs transects, de la partie haute de plage jusqu'à rencontrer l'espèce Phragmites, puis ils sont observés au laboratoire. Toute trace de végétation sur les EPS est enregistrée, et ces plastiques sont caractérisés selon leur origine potentielle (industrie alimentaire, pêches etc).
Des analyses statistiques sont alors réalisées sur les données obtenues.
Résultats de l'article :
Il a été possible d'observer que certaines plantes dunaires, avec traits écologiques communs, possédaient la capacité de pousser sur du EPS. Des études plus abouties sont à réaliser pour savoir s'il s'agit d'un cas particulier ou que ce substrat sélectionne ces plantes. Les interactions entre les EPS et les plantes sont rares car elles n'ont pas été observées chez certaines plantes communes de la région. Il est pourtant possible que ces interactions mêmes occasionnelles soient rencontrer sur de nombreuses côtes, car les EPS ont une grande aire de répartition.
Les EPS ont des propriétés qui permettraient la facilitation des plantes dunaires (ex : rétention d'eau). Malgré ces effets positifs, les plantes pourraient en pâtir indirectement car l'action humaine pour nettoyer les dunes les affecteraient négativement. Pour palier au problème, il serait bon d'éviter qu'ils n'arrivent sur les côtes et donc contrôler plus fermement ceux venant de la pêche car ceux retrouvés en plus grand nombre.
Rigueur de l'article :
L'article est rigoureux, mais il est dommage qu'il ne se concentre que sur les ESP. De même, la détermination de l'origine de ces plastiques n'est pas certaines, ce qui pourrait affecter les mesures prises après la sortie de ces résultats.
Ce que cet article apporte au débat :
L'article se concentre sur la relation entre un type de plastique, à savoir le polystyrène expansé (ESP), et les plantes dunaires. Il s'agit ici d'une étude novatrice car ces plantes sont peu étudiées en ce qui concerne leur interaction avec le plastique. De même, cet article apporte à la controverse un nouveau point de vu : certaines plantes pourraient être avantagées en présence de ce matériau car il change les propriétés du sol (ici, il peut retenir l'eau ou autre). Toutefois, il est possible qu'elles ne puissent pas pousser en leur présence et le fait d'enlever les EPS du milieux (nettoyage des plages) pourraient engendrer une perte des végétaux présents, car il s'agit d'un milieu fragile. De même, il ne s'agit que d'un seul type de plastique en relation avec une catégorie de plantes. Ainsi, il semblerait que les végétaux ont une place importante dans cette controverse, mais que des études plus poussées sont nécessaires pour déterminer les possible impacts et moyens de gestion.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
T. Monfort.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
La Plastisphère en action : mise en évidence d'une interaction entre le polystyrène expansé et les plantes dunaires.
Figure 1 : Les 3 types d'habitats EU :
i) "annual vegetation of drift lines"
ii) "embryo dune vegetation"
iii) "shifting dunes along the shoreline"
Source : https://www.geocaching.com/geocache/GC6WT0Y_freshwater-coastal-sand-dune-burlington-beach?guid=fc7b63d3-a5a0-45a3-8522-12248e6a85a4
La litière marine est définie comme étant « tout déchet solide usager fabriqué ou transformé qui entre dans le milieu marin provenant d'une source quelconque ». Le plastique entre dans cette définition, en semblant être le type de litière le plus rencontré à l'échelle de la planète, ce qui peut engendrer de nouvelles niches écologiques.
Le polystyrène expansé (EPS) est un plastique qui est communément utilisé pour sa légèreté, ses propriétés isolantes, sa durabilité (en plus d'autres avantages) comme matériau de construction ou d'emballage. Malgré ces avantages, sa biodégradation est lente et il se retrouve abondamment dans les paysages, notamment sur les côtes sablonneuses. De même, à cause de sa légèreté, il est facilement transporté par le vent et donc stocké dans les dunes de sables. Ainsi, cet article se propose d'étudier les EPS en tant que composant adéquate pour la pousse des plantes dunaires, affectant la structure et la chimie du sol.
La zone de l'étude est une plage sablonneuse en Italie. La végétation présente est psammophile (qui peuvent vivre dans le sable) et appartient à 3 types d'habitats européens, à savoir i) la végétation annuelle des lignes de dérive (« annual vegetation of drift lines »), ii) la végétation des dunes embryonnaires (« embryo dune vegetation ») et iii) dune mouvante le long du rivage (« shifting dunes along the shoreline » ; cf Figure 1). Cette végétation dunaire dégradée est en contact avec une zone humide, où l'espèce Phragmites australis est dominante. Cette zone a été choisie car les EPS étaient présents en abondance.
Les EPS sont récoltés suivant plusieurs transects, de la partie haute de plage jusqu'à rencontrer l'espèce Phragmites, puis ils sont observés au laboratoire. Toute trace de végétation sur les EPS est enregistrée, et ces plastiques sont caractérisés selon leur origine potentielle (industrie alimentaire, pêches etc).
Des analyses statistiques sont alors réalisées sur les données obtenues.
Il a été possible d'observer que certaines plantes dunaires, avec traits écologiques communs, possédaient la capacité de pousser sur du EPS. Des études plus abouties sont à réaliser pour savoir s'il s'agit d'un cas particulier ou que ce substrat sélectionne ces plantes. Les interactions entre les EPS et les plantes sont rares car elles n'ont pas été observées chez certaines plantes communes de la région. Il est pourtant possible que ces interactions mêmes occasionnelles soient rencontrer sur de nombreuses côtes, car les EPS ont une grande aire de répartition.
Les EPS ont des propriétés qui permettraient la facilitation des plantes dunaires (ex : rétention d'eau). Malgré ces effets positifs, les plantes pourraient en pâtir indirectement car l'action humaine pour nettoyer les dunes les affecteraient négativement. Pour palier au problème, il serait bon d'éviter qu'ils n'arrivent sur les côtes et donc contrôler plus fermement ceux venant de la pêche car ceux retrouvés en plus grand nombre.
L'article est rigoureux, mais il est dommage qu'il ne se concentre que sur les ESP. De même, la détermination de l'origine de ces plastiques n'est pas certaines, ce qui pourrait affecter les mesures prises après la sortie de ces résultats.
L'article se concentre sur la relation entre un type de plastique, à savoir le polystyrène expansé (ESP), et les plantes dunaires. Il s'agit ici d'une étude novatrice car ces plantes sont peu étudiées en ce qui concerne leur interaction avec le plastique. De même, cet article apporte à la controverse un nouveau point de vu : certaines plantes pourraient être avantagées en présence de ce matériau car il change les propriétés du sol (ici, il peut retenir l'eau ou autre). Toutefois, il est possible qu'elles ne puissent pas pousser en leur présence et le fait d'enlever les EPS du milieux (nettoyage des plages) pourraient engendrer une perte des végétaux présents, car il s'agit d'un milieu fragile. De même, il ne s'agit que d'un seul type de plastique en relation avec une catégorie de plantes. Ainsi, il semblerait que les végétaux ont une place importante dans cette controverse, mais que des études plus poussées sont nécessaires pour déterminer les possible impacts et moyens de gestion.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.