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Titre de la review :

Matières plastiques et dérivés : quels impacts écotoxicologiques sur les écosystèmes terrestres ?


Résumé de la review :

La consommation de plastique est croissante avec le temps. Principalement utilisé dans le milieu industriel, domestique et agricole, les plastiques finissent très souvent dans l'environnement, que ce soit terrestre ou marin, après leur utilisation. De très nombreux rapport rendent compte de la présence de particules de plastique dans les milieux aquatiques, mais peu d'études traite de la contamination du milieu terrestre. Une source de contamination est l'émission de plastique dans l'atmosphère via les décharges ou incinérations. Le taux de retombées de plastique est de l'ordre de 27 µg/kg de col/an dans les zones urbaines. Les boues d'épuration urbaine sont ensuite utilisées par les agriculteurs. Ils utilisent également des bioplastiques pour le paillage des cultures, tout ceci représentant plus centaines de kg de plastique par hectare cultivé. Une fois enfouis dans le sol, les plastiques subissent diverses formes d'altération, d'origine biotique ou abiotique. Ceci à pour effet de larguer de nombreuses substances dans le sol pouvant interagir avec les organismes. Pire encore, les microplastique, du fait de leur rapport surface/volume, sont des sources importantes de contaminants et polluants constitutifs ou absorbés. Bien que peu étudiés, les effets de ces plastiques sur les faunes terrestres sont sensiblement comparable au effet sur les faunes marines. Les plastiques de tailles conséquentes peuvent bloquer les voies digestives ou causer des blessures, alors que les microplastiques peuvent causer maladies, contamination et autres perturbations, une proportion non négligeable de ces effets étant létaux. Les faunes marines exposées aux matières plastiques présentent également une hausse du taux de cancer. Les composés cancérogènes se retrouvent également dans le milieu terrestre par l'intermédiaire des chaînes alimentaires. L'évaluation de l'écotoxicité est assez peu documentée actuellement, sauf en ce qui concerne les bioplastique utilisés en milieu agricole. La présence d'effet est généralement non démontrée, sauf parfois en ce qui concerne les micro-organismes. Lwanga et al. (2016) ont cependant étudier l'écotoxicité des plastiques sur l'annélide Lumbricus terrestris. Les vers de terre, qui sont des bons indicateurs de biotoxicité, ont été exposé à des taux réalistes de plastique. Après 60 jours, les auteurs ont observé des un taux de mortalité allant jusqu'à 25% et une diminution de croissance notable. De plus, en observant l'ingestion de microplastique chez les vers de terre, les auteurs ont également noter le fait que les plastiques pouvaient rester bloqué dans le tube digestif des animaux, et donc être source d'une bioaccumulation au long de la chaîne trophique. De plus, outre les plastiques, c'est surtout les contaminants associés aux plastiques qui peuvent aussi se bioaccumuler. Une expérience, réalisée sur des vers marins, a montrée que les substances contaminantes contenues dans les plastiques étaient désorbées de ceux-ci pour être transférées dans l'intestin des vers. Ainsi, il apparait donc que, alors que les connaissances sont minces en la matière, il est important de pouvoir localiser, quantifier et calculer la quantité de plastiques présents dans les écosystèmes terrestres.

Rigueur de la review :

Ce travail semble rigoureux et bien fait. Il n'y a pas l'air d'avoir de quelconque conflit d'intérêt en ce qui concerne les auteurs, ou d'influence de la part d'un financeur. Les auteurs rende apparemment compte des quelques connaissances qu'il y a en matière de contamination plastique du milieu terrestre en toute objectivité.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette article est l'un des rare qui aborde le thème du milieu terrestre à propos de la contamination via des déchets plastiques. Ceci permet de voir cette problématique sous un autre angle, puisque lorsque qu'on parle de déchets plastiques, les premières image qui viennent sont souvent en rapport avec le milieu marin, ou au mieux côtier. Cet article apporte donc quelques données concernant les continents, et permet de mettre en lumière le fait que la situation concernant les déchets plastiques n'est pas vraiment plus enviable sur terre que dans les mers. Il permet aussi d'ouvrir les yeux sur le fait que, justement, peu d'études sont réalisées en ce qui concerne le milieu terrestre, et que ça ne serait pas nécessairement une mauvaise chose que la tendance s'inverse, afin d'avoir une meilleure vision de la contamination du milieu terrestres par les déchets plastiques.

Publiée il y a plus de 7 ans par gdevillet.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.