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Le terme Anthropocène a été inventé pour décrire l’époque géologique actuelle, dans laquelle l’activité humaine impacte des processus agissants sur la surface de la Terre. L’expression a été largement adoptée et son statut est en cours d’évaluation par la Commission Internationale de Stratigraphie. Pendant ce temps, son utilisation reste informelle et le terme attend une définition précise. Il est notamment essentiel que le point de départ de la nouvelle époque soit déterminé. Les définitions de la base de l’Anthropocène ce sont concentrées sur des marqueurs stratigraphiques de l’impact humain. Cependant ils ne permettent pas d’offrir une seule date de début des perturbations humaines en tous points de la Terre. Initialement, le début de l’Anthropocène était placé à la deuxième partie du 18e siècle. La base de l’époque était donc marquée par l’augmentation de dioxyde de carbone et de méthane dans les carottes de glace.
Expériences de l'article :
En 2011, Certini et Scalenghe proposent dans leur papier un nouveau marqueur pour dater le début de l’Anthropocène. Ils soutiennent que les meilleurs marqueurs de l’impact croissant de l’Homme sur l’environnement sont les sols anthropisés, c’est-à-dire les sols fortement impactés par les activités humaines. Les auteurs de cet article discutent du choix de ce marqueur et relèvent plusieurs points invalidant cette proposition. Ainsi pour les auteurs, les sols anthropisés ne répondent pas à plusieurs critères requis pour leur établissement en tant que points stratigraphiques.
Résultats de l'article :
Les points relevés par les auteurs sont que tout d’abord, le potentiel de préservation des sols anthropisés est limité et on ne les retrouve pas dans les milieux stratigraphiquement importants comme les océans et les calotte glaciaires. Ensuite, le début du développement de ces sols, à l’échelle du monde entier, ne s’est pas fait de manière synchronisée. De plus, dans de nombreux milieux, les sols ne fournissent pas précisément de marqueur stratigraphique inférieur de l’impact de l’Homme. Enfin, de nombreux sols sont le produit d’un développement continu depuis le début de l’Anthropocène jusqu’à nos jours, ce qui limite leur valeur comme marqueurs stratigraphiques. La conclusion de cette étude est que, un sol peut posséder des caractéristiques de l’impact humain qua l’on ne retrouverait pas dans les unités sous-jacentes. Cependant cela reflète uniquement des différences dans la nature des roches mais ce ne sont pas des preuves de l’origine de l’impact humain.
Rigueur de l'article :
Classiquement, les unités de temps géologiques sont définies par leur limite inférieure, qui marquent donc leur début. Les limites sont déterminées à l’aide d’un GSSP qui va permettre de délimiter les étages géologiques. Dans cet article, les auteurs s’intéressent à une proposition de date initiale de l’Anthropocène. Certini et Scalenghe proposent d’étudier les sols anthropisés pour déterminer un GSSP. Dans cette discussion, les auteurs examinent point par point les l’utilisation des sols comme marqueurs stratigraphiques de l’Anthropocène. Pour cela, leur démarche s’appuie d’abord sur l’étude des conditions nécessaires dans la détermination d’un point stratigraphique et les confronte à la proposition de Certini et Scalenghe.
Ce que cet article apporte au débat :
Le débat actuel sur la formalisation de la notion d’Anthropocène tourne principalement sur deux questions majeures : comment peut ont définir l’Anthropocène ? Et sur quels marqueurs s’appuyer pour déterminer l’Anthropocène comme une nouvelle époque géologique ? Au cœur du débat, plusieurs penseurs se sont penchés sur ces questions afin de proposer des réponses. Cet article reprend les idées de Certini et Scalenghe qui proposent de prendre les sols anthropisés comme marqueurs stratigraphiques. Les auteurs dans cet article démontrent point par point l’invalidité de ce choix. Cela permet notamment de se rendre compte de la complexité du concept et la difficulté à le définir.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
H. Sobry.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
L’état stratigraphique de l’Anthropocène
Introduction à l'article :
Le terme Anthropocène a été inventé pour décrire l’époque géologique actuelle, dans laquelle l’activité humaine impacte des processus agissants sur la surface de la Terre. L’expression a été largement adoptée et son statut est en cours d’évaluation par la Commission Internationale de Stratigraphie. Pendant ce temps, son utilisation reste informelle et le terme attend une définition précise. Il est notamment essentiel que le point de départ de la nouvelle époque soit déterminé. Les définitions de la base de l’Anthropocène ce sont concentrées sur des marqueurs stratigraphiques de l’impact humain. Cependant ils ne permettent pas d’offrir une seule date de début des perturbations humaines en tous points de la Terre. Initialement, le début de l’Anthropocène était placé à la deuxième partie du 18e siècle. La base de l’époque était donc marquée par l’augmentation de dioxyde de carbone et de méthane dans les carottes de glace.
En 2011, Certini et Scalenghe proposent dans leur papier un nouveau marqueur pour dater le début de l’Anthropocène. Ils soutiennent que les meilleurs marqueurs de l’impact croissant de l’Homme sur l’environnement sont les sols anthropisés, c’est-à-dire les sols fortement impactés par les activités humaines. Les auteurs de cet article discutent du choix de ce marqueur et relèvent plusieurs points invalidant cette proposition. Ainsi pour les auteurs, les sols anthropisés ne répondent pas à plusieurs critères requis pour leur établissement en tant que points stratigraphiques.
Les points relevés par les auteurs sont que tout d’abord, le potentiel de préservation des sols anthropisés est limité et on ne les retrouve pas dans les milieux stratigraphiquement importants comme les océans et les calotte glaciaires. Ensuite, le début du développement de ces sols, à l’échelle du monde entier, ne s’est pas fait de manière synchronisée. De plus, dans de nombreux milieux, les sols ne fournissent pas précisément de marqueur stratigraphique inférieur de l’impact de l’Homme. Enfin, de nombreux sols sont le produit d’un développement continu depuis le début de l’Anthropocène jusqu’à nos jours, ce qui limite leur valeur comme marqueurs stratigraphiques. La conclusion de cette étude est que, un sol peut posséder des caractéristiques de l’impact humain qua l’on ne retrouverait pas dans les unités sous-jacentes. Cependant cela reflète uniquement des différences dans la nature des roches mais ce ne sont pas des preuves de l’origine de l’impact humain.
Classiquement, les unités de temps géologiques sont définies par leur limite inférieure, qui marquent donc leur début. Les limites sont déterminées à l’aide d’un GSSP qui va permettre de délimiter les étages géologiques. Dans cet article, les auteurs s’intéressent à une proposition de date initiale de l’Anthropocène. Certini et Scalenghe proposent d’étudier les sols anthropisés pour déterminer un GSSP. Dans cette discussion, les auteurs examinent point par point les l’utilisation des sols comme marqueurs stratigraphiques de l’Anthropocène. Pour cela, leur démarche s’appuie d’abord sur l’étude des conditions nécessaires dans la détermination d’un point stratigraphique et les confronte à la proposition de Certini et Scalenghe.
Le débat actuel sur la formalisation de la notion d’Anthropocène tourne principalement sur deux questions majeures : comment peut ont définir l’Anthropocène ? Et sur quels marqueurs s’appuyer pour déterminer l’Anthropocène comme une nouvelle époque géologique ? Au cœur du débat, plusieurs penseurs se sont penchés sur ces questions afin de proposer des réponses. Cet article reprend les idées de Certini et Scalenghe qui proposent de prendre les sols anthropisés comme marqueurs stratigraphiques. Les auteurs dans cet article démontrent point par point l’invalidité de ce choix. Cela permet notamment de se rendre compte de la complexité du concept et la difficulté à le définir.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.