ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Mortalité et interaction: la sénescence peut avoir évolué car elle augmente la durée de vie


Figure :

A) Taux de sénescence optimal en fonction de s pour diverses fonctions. Le taux de sénescence ‘RoS’ calculé comme k*s est donné en fonction de s pour une valeur fixe de E sur trois fonctions de "trade-off" spécifiques. On voit qu'il peut exister divers motifs pouvant comporter des discontinuités ou des points sur lesquels la fonction n'est pas différentiable. Ces graphiques ont en commun que le taux optimal de sénescence est nul pour s=0, puis augmente, puis revient à zéro pour grandes valeurs de s.
B) Taux optimal de sénescence en fonction de E pour diverses fonctions. Le taux de sénescence ‘RoS’ calculé comme k*s est donné en fonction de E pour une valeur fixe de s sur trois fonctions de "trade-off" spécifiques. Ces fonctions ont en commun qu'un environnement plus dur permet pour une perturbation plus favorable de la mortalité. Ceci, cependant, peut ne pas être le cas en général. On remarque que des discontinuités peuvent être introduites en modifiant les caractéristiques de la fonction.

Introduction à l'article :

Cet article tente de modéliser l’évolution de la sénescence, en considérant que la mortalité extrinsèque peut être indépendante de l’âge mais peut dépendre de la condition physiologique de l’organisme (l’état de l'individu). Ils soulignent que l’état d’un individu peut empirer avec l’âge, en raison de contraintes physiologiques. Ils recherchent par des simulations le taux de sénescence optimal pour différentes pressions environnementales et / ou différents niveaux de ces contraintes physiologiques.

Expériences de l'article :

C'est un article basé sur la modélisation. Les auteurs ont créé une nouvelle fonction du taux de mortalité qui peut varier avec l’âge. Cette fonction est :
μ(x; k,s,E) = eksx + E / (k + 1)
avec x : age, E : environnement, k : paramètre du "trade-off" qui diminue la mortalité d'un coté ( partie k+1), mais augmente la mortalité avec l'âge à travers le terme eksx, s : la sévérité du "trade-off"

En utilisant cette fonction, ils effectuent un grand nombre de simulations où ils modifient les paramètres s et E. Ce qu’ils essaient de trouver, c’est le k optimal (k*), qui maximise la fitness de l’organisme pour les différentes valeurs des autres paramètres.

Résultats de l'article :

La figure 1 montre certains de leurs principaux résultats.
Ils observent qu'un environnement plus dur (valeurs plus élevées de E) peut favoriser l'existence de sénescence.
Ils montrent également que pour un compromis de sévérité intermédiaire, la fitness est maximale pour des valeurs plus élevées du taux de sénescence.
La sénescence optimale devient nulle si le compromis n'existe pas (k* ou s égal zéro).
Le taux optimal de sénescence dépend fortement de l’interaction entre l’environnement et la physiologie de l’individu.

Rigueur de l'article :

L'article est publié dans une revue connue et évalué par une comité de lecture. Les auteurs travaillent dans différents laboratoires, qui sont tous impliqués dans des études de vieillissement et de démographie et ont donc probablement une connaissance suffisante des théories du vieillissement et des méthodes de modélisation. Néanmoins, ils mentionnent eux-mêmes que leurs observations pourraient également changer compte tenu des différentes fonctions de mortalité et / ou des interactions physiologie-environnement et elles ne sont pas généralisables.
En outre, leur article n’explique pas clairement comment ils imaginent en pratique un modèle dans lequel l’état dépend de l’âge et influe la mortalité, mais en même temps la mortalité est indépendante de l’âge.

Ce que cet article apporte au débat :

Cette analyse met en évidence deux éléments intéressants. Le premier est que, mis à part le compromis mortalité / reproduction généralement utilisé dans les études théoriques précédentes, il peut y avoir un compromis sur la mortalité elle-même. S'il existe un compromis dans la fonction de mortalité, une amélioration de la fitness provient principalement de l'allongement de la durée de vie.
Le deuxième est qu'il faut distinguer le rythme de vie d'un organisme de la forme de sénescence de cet organisme. Comme ils disent, le rythme fait référence à la durée d'un processus, par exemple le temps nécessaire pour vivre une vie. La forme fait référence à la quantité et à le type de changement qui se produit pendant cette période, par exemple si et comment la mortalité et la fécondité changent au cours d'une vie. Sachant ça, leur hypothèse est qu'il est possible que la sénescence soit favorisée car elle peut augmenter la durée de vie.

Publiée il y a plus de 7 ans par E.E. Giaglara.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.