ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review :

Séparer les contributions des racines et des microorganismes à la respiration du sol : Une revue des méthodes et des observations


Figure :

Histogrammes de la contribution en pourcentage des racines à l'apport total de CO2 dans les sols pour toutes les études en laboratoire et sur le terrain (A), pour les études forestières (B) et non forestières (C). Les observations en laboratoire n'ont pas été incluses dans les graphiques. Les périodes de mesure varient selon les études compilées.

Separating root and soil microbial contributions to soil respiration: A review of methods and observations

Résumé de la review :

• Trois méthodes principales ont été utilisées pour distinguer la respiration hétérotrophe de la respiration autotrophe du sol :
o L’intégration des composantes contribuant à l'apport de CO2 dans le sol forestier in situ (litière, racines, sol)
o La comparaison des sols avec et sans exclusion des racines
o L'application de méthodes isotopiques stables ou radioactives
• La respiration des racines et de la rhizosphère peut représenter aussi peu que 10 % à plus de 90 % de la respiration totale in situ du sol, selon le type de végétation et la saison de l'année.
• Le pourcentage de contribution des racines à la respiration totale du sol tout au long d'une année entière ou d'une saison de croissance montrent des valeurs moyennes de 45,8 et 60,4 % pour la végétation forestière et non forestière, respectivement.
o La contribution des racines à la respiration totale du sol est généralement plus élevée pendant la saison de croissance et plus faible pendant les périodes de dormance de l'année.

Rigueur de la review :

Les auteurs semblent avoir clairement identifiés les limites de leur review. La dynamique de séquestration/émission de CO2 est de fait fortement reliée aux paramètres biotiques et abiotiques des écosystèmes. La non prise en compte de ces derniers constitue un biais important pouvant remettre en question la fiabilité des résultats obtenus. La non-détermination et prise en compte des groupes fonctionnels présents dans chaque écosystèmes influe également en se sens.

Ce que cette review apporte au débat :

Des études comparatives sur l'intégration des composants, l'exclusion des racines et les approches isotopiques pour séparer la respiration radiculaire de l’apport total de CO2 sont cruellement nécessaires, mais malheureusement très rares. Quelle que soit la méthode choisie, les études futures doivent comporter des mesures répétées tout au long d'un cycle annuel afin de déterminer adéquatement les variations saisonnières dues à l'évolution des tendances de l'activité des racines souterraines.

La contribution racinaire constitue une part non négligeable de l'apport total de CO2 aux émissions de gazes à effets de serres. Cette dernière est intimement reliée à l'activité des organismes du sol en relation trophique avec le cortège racinaire. Elle doit donc être prise en compte pour établir des bilans d'émissions et de séquestrations de carbone.

Remarques sur la review :

La review s'intéresse en majorité à des études portant sur les écosystèmes forestiers, par des approches de terrain. Elle comporte une sous-représentation de la diversité des écosystèmes, de par le choix de catégorisation qui à été fait par les auteurs. Les études des systèmes non-forestiers ne permettent par exemple pas d'évaluer la contribution racinaire à l'apport total de CO2 dans les agrosystèmes. Cette distinction permettrait de mettre plus clairement en évidence les contributions des différents types d'écosystèmes et si possible en lien avec les paramètres abiotiques des milieux (type de sol, température, humidité, etc.). Il faut cependant que le nombre d'étude disponible permette une telle distinction.

Publiée il y a plus de 6 ans par S. Delmotte et A. Duhamet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.