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La controverse autour du rôle putatif de l'orgasme féminin dans le transport de sperme peut-elle être réglée avec nos connaissances physiologiques actuelles sur le coït?
Résumé de la review :
Le débat sur le rôle de l'orgasme prend réellement naissance avec le livre de Lloyd. Il existe dans ce débat des arguments sur l’adaptation de l'orgasme (=un trait qui semble conçu pour une fonction augmentant l’aptitude à la reproduction) mais aussi sur le fait qu'il soit un sous-produit (=partager une origine développée commune avec une adaptation mais ne dispose pas de conception pour améliorer de tels ajustements). L'auteur veut ici se focaliser sur les études physiologiques pouvant influencer l'orgasme féminin, en liant physiologie de la reproduction et sexologie, comme cela est rarement le cas.
L’excitation sexuelle chez la femme crée un suintement sous forme de lubrification lors de l’excitation. Lors des derniers stades d’excitation, l'utérus est déplacé vers le haut dans le faux bassin. L'arrière et le plancher du vagin forment un réceptacle pour l'éjaculation à venir. Elle va également permettre le contact entre sperme et sécrétions glandulaires, améliorant la future fécondation. Ce mécanisme n’a été que peu traité par les autres auteurs.
La fonction de cette « tente vaginale » est non pas d’améliorer le transport du sperme, mais plutôt de retarder le temps nécessaire pour la dé-coagulation du sperme ; le mélange de fluides séminaux avec le sperme, la réalisation de la motilité totale ; et l'activation puis la régulation de la fonction du spermatozoïde pour la capacitation et la fécondation ultérieures. Des auteurs émettent quand même quelques critiques sur ce concept de tente vaginale, notamment sur les positions lors des rapports sexuels, affectant la tente vaginale. Levin fait alors la distinction entre positions récréatives et reproductives. Une autre critique serait que la tente vaginale n’est pas présente lors de tous les rapports, même si d’après Levin, cette critique ne serait basée que sur un rapport anodin. D’après lui, seule la stimulation manuelle n’engendre pas de tente vaginale.
Si l’orgasme féminin se produit avant l’orgasme masculin, alors il ne servira clairement à rien puisqu'il n'y a pas de sperme à transporter. S’ils se produisent en même temps, alors la tente vaginale empêche le sperme de pénétrer dans l'os cervical. Le scénario le plus probable est celui où la femme a l’orgasme après l’éjaculation. Il serait possible que l’orgasme induise un transport plus rapide des spermatozoïdes, mais cela semble insignifiant sur le temps de transport total. Le nombre de spermatozoïdes transportés semble être plus important, en augmentant l’effet de succion lors de l’orgasme. L’ocytocine induite lors de l’orgasme augmenterait les contractions utérines, et donc la quantité de sperme absorbée. Néanmoins, cette hypothèse manque de preuves. De plus, il ne semble pas nécessaire qu’un grand nombre de spermatozoïdes se trouvent dans les trompes de Fallope pour induire la fécondation. En effet, les études menées présentent souvent des preuves indirectes de l’effet de l’ocytocine libérée lors d’un orgasme. Une incertitude existe également sur les doses d’ocytocine injectée, compte tenu du manque d’information sur la concentration d’ocytocine au niveau plasmatique après l’orgasme. Dans une autre étude, les injections d’ocytocine sont faites alors que les femmes ne sont pas stimulées, fait incompatible avec l’orgasme. En effet, les expériences menées chez des femmes sexuellement excitées ou non ne semblent pas donner les mêmes résultats. Il semble donc difficile de tirer des conclusions sur le rôle de l’ocytocine dans l’absorption du sperme.
Le dernier point abordé par l’auteur concerne la motilité des spermatozoïdes. Le rôle de la motilité des spermatozoïdes dans la facilitation de leur absorption et de leur transfert le long du tractus génital est difficile à évaluer, et pour le moment il n’existe pas de consensus.
En conclusion, l'orgasme féminin, avec sa libération concomitante d'ocytocine, a ou pas de rôle effectif dans le mécanisme physiologique.
Rigueur de la review :
Revue plutot rigoureuse dans ses sources, même si il n'y a que peu d'arguments lors de critiques d'autres papiers, comme par exemple lorsqu'il dit qu'un papier est infondé, sans réellement expliquer pourquoi.
Ce que cette review apporte au débat :
Ce papier amène un côté "physiologique" que l'on ne retrouve pas forcément dans d'autres papiers.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
Marine Jeanjean.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
La controverse autour du rôle putatif de l'orgasme féminin dans le transport de sperme peut-elle être réglée avec nos connaissances physiologiques actuelles sur le coït?
Résumé de la review :
Le débat sur le rôle de l'orgasme prend réellement naissance avec le livre de Lloyd. Il existe dans ce débat des arguments sur l’adaptation de l'orgasme (=un trait qui semble conçu pour une fonction augmentant l’aptitude à la reproduction) mais aussi sur le fait qu'il soit un sous-produit (=partager une origine développée commune avec une adaptation mais ne dispose pas de conception pour améliorer de tels ajustements). L'auteur veut ici se focaliser sur les études physiologiques pouvant influencer l'orgasme féminin, en liant physiologie de la reproduction et sexologie, comme cela est rarement le cas.
L’excitation sexuelle chez la femme crée un suintement sous forme de lubrification lors de l’excitation. Lors des derniers stades d’excitation, l'utérus est déplacé vers le haut dans le faux bassin. L'arrière et le plancher du vagin forment un réceptacle pour l'éjaculation à venir. Elle va également permettre le contact entre sperme et sécrétions glandulaires, améliorant la future fécondation. Ce mécanisme n’a été que peu traité par les autres auteurs.
La fonction de cette « tente vaginale » est non pas d’améliorer le transport du sperme, mais plutôt de retarder le temps nécessaire pour la dé-coagulation du sperme ; le mélange de fluides séminaux avec le sperme, la réalisation de la motilité totale ; et l'activation puis la régulation de la fonction du spermatozoïde pour la capacitation et la fécondation ultérieures. Des auteurs émettent quand même quelques critiques sur ce concept de tente vaginale, notamment sur les positions lors des rapports sexuels, affectant la tente vaginale. Levin fait alors la distinction entre positions récréatives et reproductives. Une autre critique serait que la tente vaginale n’est pas présente lors de tous les rapports, même si d’après Levin, cette critique ne serait basée que sur un rapport anodin. D’après lui, seule la stimulation manuelle n’engendre pas de tente vaginale.
Si l’orgasme féminin se produit avant l’orgasme masculin, alors il ne servira clairement à rien puisqu'il n'y a pas de sperme à transporter. S’ils se produisent en même temps, alors la tente vaginale empêche le sperme de pénétrer dans l'os cervical. Le scénario le plus probable est celui où la femme a l’orgasme après l’éjaculation. Il serait possible que l’orgasme induise un transport plus rapide des spermatozoïdes, mais cela semble insignifiant sur le temps de transport total. Le nombre de spermatozoïdes transportés semble être plus important, en augmentant l’effet de succion lors de l’orgasme. L’ocytocine induite lors de l’orgasme augmenterait les contractions utérines, et donc la quantité de sperme absorbée. Néanmoins, cette hypothèse manque de preuves. De plus, il ne semble pas nécessaire qu’un grand nombre de spermatozoïdes se trouvent dans les trompes de Fallope pour induire la fécondation. En effet, les études menées présentent souvent des preuves indirectes de l’effet de l’ocytocine libérée lors d’un orgasme. Une incertitude existe également sur les doses d’ocytocine injectée, compte tenu du manque d’information sur la concentration d’ocytocine au niveau plasmatique après l’orgasme. Dans une autre étude, les injections d’ocytocine sont faites alors que les femmes ne sont pas stimulées, fait incompatible avec l’orgasme. En effet, les expériences menées chez des femmes sexuellement excitées ou non ne semblent pas donner les mêmes résultats. Il semble donc difficile de tirer des conclusions sur le rôle de l’ocytocine dans l’absorption du sperme.
Le dernier point abordé par l’auteur concerne la motilité des spermatozoïdes. Le rôle de la motilité des spermatozoïdes dans la facilitation de leur absorption et de leur transfert le long du tractus génital est difficile à évaluer, et pour le moment il n’existe pas de consensus.
En conclusion, l'orgasme féminin, avec sa libération concomitante d'ocytocine, a ou pas de rôle effectif dans le mécanisme physiologique.
Revue plutot rigoureuse dans ses sources, même si il n'y a que peu d'arguments lors de critiques d'autres papiers, comme par exemple lorsqu'il dit qu'un papier est infondé, sans réellement expliquer pourquoi.
Ce papier amène un côté "physiologique" que l'on ne retrouve pas forcément dans d'autres papiers.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.