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Adventices hôtes alternatifs de virus en culture de solanaceae en Côte D’Ivoire
Figure :
D'après Traore et al., 2013
Introduction à l'article :
L'objet de l'étude présentée dans cet article a été la recherche et l'identification de viroses des adventices dans des parcelles de culture destinées à la consommation. Les virus identifiés comme étant responsables des viroses observées sur les adventices échantillonnées sont des agents pathogènes connus des solanacées (pomme de terre, poivron, tomate par exemple). Les adventices ont un rôle dans le maintien de ces agents pathogènes, et dans leur dissémination dans les cultures.
Expériences de l'article :
L'échantillonnage des adventices s'est fait dans trois localités de Côté d'Ivoire : Divo, Sinfra et Djebonoua, chacune ayant des paramètres météorologiques différents. Les virus recherchés étaient au nombre de trois : le CMV (Cucumber mosaic virus), le PVMV (Pepper veinal mosaic virus) et le PVY (Potato Virus Y). Au cours de cette récolte, six espèces d'adventices, qui présentaient des signes de viroses (mosaïque, nécrose par exemple) ont été échantillonnées.
Les morceaux de feuilles récupérés ont été préparés dans du tampon d'extraction pour récupérer les virus, et des plaques ELISA ont été recouvertes des anticorps spécifiques à ces virus marqués à la phosphatase alcaline.
Après traitements et incubations successives, un révélateur de la phosphatase alcaline, le para-nitrophénylphosphate, a été ajouté dans chaque puits, et leur absorption à 405nm (jaune) a été mesurée grâce à un spectrophotomètre. Une absorption doublée par rapport au témoin négatif est considérée positive.
Résultats de l'article :
Sur les 31 échantillons récoltés, 9 contiennent au moins un virus parmi les trois recherchés.
La répartition des virus dans les différentes espèces d'adventices n'est pas égale : le CMV est présent dans 100% des échantillons de Boerhavia diffusa, Chromolaena odorata, et Euphorbia heterophylla et dans un tiers des Ageratum conyzoides, alors qu'il n'est jamais retrouvé chez Croton hirtus.
Le PVMV est retrouvé dans un tiers des échantillons de Ageratum conyzoides, C. odorata et Cr. hirtus, mais jamais dans B. diffusa et E. heterophylla.
Le PNY a été retrouvé dans tous les échantillons d'E. heterophylla, et dans deux tiers des C. odorata et Cr. hirtus, mais jamais dans les autres espèces.
Des coinfections sont également observées : un tiers des C. odorata est positif à une double infection (CMV + PVY), un autre tiers à une triple infection (CMV + PVMV + PVY). Un tiers des C. hirtus est doublement infecté (PVMV + PVY), comme 100% des E. heterophylla (CMV + PVY).
Rigueur de l'article :
Pas de conflit d'intérêt a priori.
Échantillonnage assez restreint (seulement 31 échantillons) et échantillonnage uniquement sur les adventices présentant des signes visibles de viroses : l'étude montre bel et bien la présence des virus sus-cités, mais ne peut pas donner une mesure de prévalence qui soit fiable. Il est ainsi impossible de déterminer la part réelle des adventices dans le maintien et la transmission de ces agents pathogènes.
Aucune mention de la combinaison CMV + PVMV dans le texte ou dans la figure de synthèse des résultats : on suppose une absence de cette combinaison dans les échantillons étudiés, mais la précision aurait été bienvenue.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article confirme la présence du CMV, du PVMV et du PNY, néfastes aux cultures de solanacées dans les adventices, qui peuvent ainsi constituer des réservoirs ou des hôtes de transition pour ces virus. Ce résultat est la confirmation de la même découverte issue d'une étude de Alemu et al. réalisée en Éthiopie en 2002. Cette même étude identifie par ailleurs d'autres hôtes potentiels de virus de solanacées.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
L. Nadalin.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Adventices hôtes alternatifs de virus en culture de solanaceae en Côte D’Ivoire
D'après Traore et al., 2013
L'objet de l'étude présentée dans cet article a été la recherche et l'identification de viroses des adventices dans des parcelles de culture destinées à la consommation. Les virus identifiés comme étant responsables des viroses observées sur les adventices échantillonnées sont des agents pathogènes connus des solanacées (pomme de terre, poivron, tomate par exemple). Les adventices ont un rôle dans le maintien de ces agents pathogènes, et dans leur dissémination dans les cultures.
L'échantillonnage des adventices s'est fait dans trois localités de Côté d'Ivoire : Divo, Sinfra et Djebonoua, chacune ayant des paramètres météorologiques différents. Les virus recherchés étaient au nombre de trois : le CMV (Cucumber mosaic virus), le PVMV (Pepper veinal mosaic virus) et le PVY (Potato Virus Y). Au cours de cette récolte, six espèces d'adventices, qui présentaient des signes de viroses (mosaïque, nécrose par exemple) ont été échantillonnées.
Les morceaux de feuilles récupérés ont été préparés dans du tampon d'extraction pour récupérer les virus, et des plaques ELISA ont été recouvertes des anticorps spécifiques à ces virus marqués à la phosphatase alcaline.
Après traitements et incubations successives, un révélateur de la phosphatase alcaline, le para-nitrophénylphosphate, a été ajouté dans chaque puits, et leur absorption à 405nm (jaune) a été mesurée grâce à un spectrophotomètre. Une absorption doublée par rapport au témoin négatif est considérée positive.
Sur les 31 échantillons récoltés, 9 contiennent au moins un virus parmi les trois recherchés.
La répartition des virus dans les différentes espèces d'adventices n'est pas égale : le CMV est présent dans 100% des échantillons de Boerhavia diffusa, Chromolaena odorata, et Euphorbia heterophylla et dans un tiers des Ageratum conyzoides, alors qu'il n'est jamais retrouvé chez Croton hirtus.
Le PVMV est retrouvé dans un tiers des échantillons de Ageratum conyzoides, C. odorata et Cr. hirtus, mais jamais dans B. diffusa et E. heterophylla.
Le PNY a été retrouvé dans tous les échantillons d'E. heterophylla, et dans deux tiers des C. odorata et Cr. hirtus, mais jamais dans les autres espèces.
Des coinfections sont également observées : un tiers des C. odorata est positif à une double infection (CMV + PVY), un autre tiers à une triple infection (CMV + PVMV + PVY). Un tiers des C. hirtus est doublement infecté (PVMV + PVY), comme 100% des E. heterophylla (CMV + PVY).
Pas de conflit d'intérêt a priori.
Échantillonnage assez restreint (seulement 31 échantillons) et échantillonnage uniquement sur les adventices présentant des signes visibles de viroses : l'étude montre bel et bien la présence des virus sus-cités, mais ne peut pas donner une mesure de prévalence qui soit fiable. Il est ainsi impossible de déterminer la part réelle des adventices dans le maintien et la transmission de ces agents pathogènes.
Aucune mention de la combinaison CMV + PVMV dans le texte ou dans la figure de synthèse des résultats : on suppose une absence de cette combinaison dans les échantillons étudiés, mais la précision aurait été bienvenue.
Cet article confirme la présence du CMV, du PVMV et du PNY, néfastes aux cultures de solanacées dans les adventices, qui peuvent ainsi constituer des réservoirs ou des hôtes de transition pour ces virus. Ce résultat est la confirmation de la même découverte issue d'une étude de Alemu et al. réalisée en Éthiopie en 2002. Cette même étude identifie par ailleurs d'autres hôtes potentiels de virus de solanacées.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.