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Le ré-ensauvagement : Science, Pratique et Politique
Résumé de la review :
Cette revue ne donne pas une seule définition du ré-ensauvagement mais plusieurs. C'est une approche de conservation qui cherche à maintenir ou même à augmenter la biodiversité et à réduire ou supprimer les impacts présents et passés de la présence humaine à travers la restauration des espèces et des processus écologiques. Le ré-ensauvagement est centré sur 3 bases historiques différentes : le Pléistocène, l'Holocène et les écosystèmes de l'Anthropocène. Via ces différentes bases, les projets de ré-ensauvagement montrent une large gamme de composantes pratiques : la gestion passive, la réintroduction et la substitution de taxons. Ces projets ont pour le moment essentiellement lieu en Amérique du Nord (le loup dans le parc du Yellowstone USA), en Europe (l'Oostvaardersplassen aux Pays Bas) et dans les îles tropicales (les tortues géantes à l'îles Maurice et dans les Galapagos). Ce ré-ensauvagement permettrait la restauration de nombreux processus écologiques, via des cascades trophiques de régulation induites par les réintroductions de grands prédateurs et de grand herbivores (la mégafaune). Les grands herbivores permettent de favoriser les cycles biochimiques des nutriments, de maintenir les milieux ouverts... Les grands prédateurs, comme le loup, permettent la diminution de la densité d'herbivores présents en trop grand nombre car la compétition entre espèce induit des déséquilibres. Par conséquent, ils permettent de diminuer la compétition entre ces herbivores et d'augmenter la biodiversité. Ces introductions permettent par la suite à de nombreuses espèces de revenir de manière naturelle, et celles-ci vont par la suite jouer des rôles importants dans le fonctionnement des écosystèmes.
Cependant, de nombreux risques sont associés aux programmes de réintroduction : l'épuisement des populations de donneurs, les risques de maladies, la faible variabilité génétique parmi les individus introduits. De plus, il peut y avoir des interactions inattendues, même lorsqu'une espèce est réintroduite dans un système dans lequel elle faisait partie dans le passé. Enfin, les risques et les incertitudes peuvent être augmentés lorsque l'espèce d'origine n'est plus présente et que nous utilisons des taxons de substitution, car des différences subtiles de comportement peuvent avoir des impacts écologiques à long terme.
De plus, le ré-ensauvagement semble fournir de nombreux bienfaits économiques, sociaux et politiques : c'est une méthode de conservation moins chère. Les moyens sont moins chers pour fournir des services écosystémiques comme la défense contre les inondations et la séquestration du carbone. Les écosystèmes ré-ensauvagés seraient plus résilients au changement des conditions environnementales. Aussi, le ré-ensauvagement permettrait de développer l'écotourisme et il constituerait un moyen de reconnecter les hommes à la nature.
En revanche, de nombreuses critiques sont soulevées : des oppositions ont lieu lorsque les projets sont perçus comme étant imposés, avec peu de considération pour l'intérêt local.
Rigueur de la review :
Cette revue est plutôt neutre et exhaustive. Les auteurs ont pris en compte un grand nombre d'études afin d'appuyer leur propos. Ils s'appuient sur les trois lignes de base historique : le pléistocène, l'holocène et les nouveaux écosystèmes contemporains (Anthropocène) et prennent en compte les cascades trophiques. Les auteurs exposent une multitude d'arguments en faveur et contre le ré-ensauvagement sous différents aspects : scientifiques, politiques, sociaux et éthiques.
Ce que cette review apporte au débat :
Elle permet de résumer l'histoire de l'émergence de rewilding, avec de nombreux exemples de projets, et de résumer les différents arguments pour et les critiques, qu'elles soient scientifiques, politiques, sociales et éthiques, qui sont en jeu dans ce débat. Elle fournit une base plutôt solide pour cette controverse.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
M. Raynaud et M. Villegas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Le ré-ensauvagement : Science, Pratique et Politique
Résumé de la review :
Cette revue ne donne pas une seule définition du ré-ensauvagement mais plusieurs. C'est une approche de conservation qui cherche à maintenir ou même à augmenter la biodiversité et à réduire ou supprimer les impacts présents et passés de la présence humaine à travers la restauration des espèces et des processus écologiques. Le ré-ensauvagement est centré sur 3 bases historiques différentes : le Pléistocène, l'Holocène et les écosystèmes de l'Anthropocène. Via ces différentes bases, les projets de ré-ensauvagement montrent une large gamme de composantes pratiques : la gestion passive, la réintroduction et la substitution de taxons. Ces projets ont pour le moment essentiellement lieu en Amérique du Nord (le loup dans le parc du Yellowstone USA), en Europe (l'Oostvaardersplassen aux Pays Bas) et dans les îles tropicales (les tortues géantes à l'îles Maurice et dans les Galapagos). Ce ré-ensauvagement permettrait la restauration de nombreux processus écologiques, via des cascades trophiques de régulation induites par les réintroductions de grands prédateurs et de grand herbivores (la mégafaune). Les grands herbivores permettent de favoriser les cycles biochimiques des nutriments, de maintenir les milieux ouverts... Les grands prédateurs, comme le loup, permettent la diminution de la densité d'herbivores présents en trop grand nombre car la compétition entre espèce induit des déséquilibres. Par conséquent, ils permettent de diminuer la compétition entre ces herbivores et d'augmenter la biodiversité. Ces introductions permettent par la suite à de nombreuses espèces de revenir de manière naturelle, et celles-ci vont par la suite jouer des rôles importants dans le fonctionnement des écosystèmes.
Cependant, de nombreux risques sont associés aux programmes de réintroduction : l'épuisement des populations de donneurs, les risques de maladies, la faible variabilité génétique parmi les individus introduits. De plus, il peut y avoir des interactions inattendues, même lorsqu'une espèce est réintroduite dans un système dans lequel elle faisait partie dans le passé. Enfin, les risques et les incertitudes peuvent être augmentés lorsque l'espèce d'origine n'est plus présente et que nous utilisons des taxons de substitution, car des différences subtiles de comportement peuvent avoir des impacts écologiques à long terme.
De plus, le ré-ensauvagement semble fournir de nombreux bienfaits économiques, sociaux et politiques : c'est une méthode de conservation moins chère. Les moyens sont moins chers pour fournir des services écosystémiques comme la défense contre les inondations et la séquestration du carbone. Les écosystèmes ré-ensauvagés seraient plus résilients au changement des conditions environnementales. Aussi, le ré-ensauvagement permettrait de développer l'écotourisme et il constituerait un moyen de reconnecter les hommes à la nature.
En revanche, de nombreuses critiques sont soulevées : des oppositions ont lieu lorsque les projets sont perçus comme étant imposés, avec peu de considération pour l'intérêt local.
Cette revue est plutôt neutre et exhaustive. Les auteurs ont pris en compte un grand nombre d'études afin d'appuyer leur propos. Ils s'appuient sur les trois lignes de base historique : le pléistocène, l'holocène et les nouveaux écosystèmes contemporains (Anthropocène) et prennent en compte les cascades trophiques. Les auteurs exposent une multitude d'arguments en faveur et contre le ré-ensauvagement sous différents aspects : scientifiques, politiques, sociaux et éthiques.
Elle permet de résumer l'histoire de l'émergence de rewilding, avec de nombreux exemples de projets, et de résumer les différents arguments pour et les critiques, qu'elles soient scientifiques, politiques, sociales et éthiques, qui sont en jeu dans ce débat. Elle fournit une base plutôt solide pour cette controverse.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.