ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.

Analyse de la référence Taxonomic bias in reintroduction projects

Titre de l'article :

Biais taxonomiques dans les projets de réintroduction


Introduction à l'article :

Il a été fréquemment démontré que la recherche en écologie et en taxonomie n'était pas proportionnelle à la proportion des différentes espèces dans la nature. Ces biais taxonomiques imprègnent aussi la littérature de la conservation.
Dans cet article ils considèrent une mesure raisonnable du focus taxonomique qui serait l'évaluation de la distribution taxonomique globale des programmes de réintroduction d'espèces.
Dans cet article, les auteurs vont utiliser les travaux précédents montrant un biais taxonomique dans la recherche sur la conservation, la taxonomie et l'écologie comme base pour déterminer un biais existant similaires dans les réintroduction d'espèces.

Expériences de l'article :

Pour évaluer le biais taxonomique dans les projets de réintroduction, les auteurs ont compilé tout un catalogue d'espèces qui sont le sujet de réintroduction récent, courant ou planifié. Ils ont compilé une liste de 669 espèces en utilisant les bases de données de l'UICN.
Pour déterminer le degré relatif de biais entre les groupes taxonomiques, ils ont calculé le nombre de projet de réintroduction par taxon qui serait attendu si les projets étaient proportionnels au nombre d'espèces. Ils ont ensuite comparé ce nombre attendu au nombre observé en utilisant un test de Chi2.
Pour déterminer si les biais dans les projets étaient le reflet de biais inhérent dû à la vulnérabilité d'un groupe taxonomique, ils ont examiné le nombre d'espèces qui étaient listées en tant qu'espèce menacée par l'UICN.

Résultats de l'article :

L'article révèle de nombreux biais taxonomiques dans les projets de réintroduction.
Les plantes sont légèrement sur-représentées dans les projets (30% des projets sont dédiées aux plantes alors qu'elles représentent 19% des espèces décrites sur terre), les invertébrés sont largement sous-représentés (9% des projets alors qu'ils constituent 77% des espèces). Les vertébrés, quant à eux sont largement sur-représentés, ils représentent 61% des projets alors qu'ils ne constituent que 4% des espèces décrites. Au sein des familles de vertébrés, les projets de réintroduction reflètent plutôt bien le nombre d'espèces présentes dans la nature, à l'exception des artiodactyles et des carnivores qui sont sur-représentés qui contiennent des espèces emblématiques, mais qui ne contiennent pas plus d'espèces menacées. Les espèces choisies pour être réintroduites pourraient servir de substitut en tant qu'espèces porte-drapeau et / ou d'espèces parapluies.

Rigueur de l'article :

L'un des problèmes que pose la catégorisation des activités de conservation est qu'elles peuvent englober des approches de grande envergure offrant des avantages potentiels pour diverses espèces.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article permet de souligner que dans le réensauvagement, la réintroduction d'espèce concerne majoritairement des espèces dont les groupes sont sur-représentés, à savoir des artiodactyles et des carnivores (la mégafaune), alors qu'elles ne constituent qu'une petite partie des espèces décrites et que ce ne sont pas forcément les espèces qui ont le plus besoin d'être protégées. Cependant ces espèces (comme le loup, le bison....) sont souvent emblématiques, elles permettent donc d'avoir plus de soutien vis à vis du public et ce sont des espèces parapluie capables d'entraîner et de restaurer de nombreuses cascades trophiques.

Remarques sur l'article :

Cet article permet donc de mettre en évidence que les projets de réintroduction de réensauvagement sont également soumis à ces biais taxonomiques (bien que la question des biais taxonomiques ne soit pas du tout le point central de la controverse dont il est question).

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Raynaud et M. Villegas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.