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Titre de l'article :

Les variations latitudinales des défenses chimiques des plantes sont à l'origine des modèles latitudinaux de l'herbivorie foliaire.


Introduction à l'article :

En raison des températures plus élevées, des saisons de croissance plus longues et d'une plus grande diversité d'espèces animales et végétales aux latitudes plus basses, on suppose que la force des interactions entre les espèces augmente vers l'équateur. Dans le cas des interactions plantes-herbivores, des études ont montré que les espèces végétales poussant à des latitudes plus basses connaissent des quantités plus élevées d'herbivores que celles à des latitudes plus élevées.
On s'attend donc à ce que les espèces végétales aient développé des niveaux plus élevés de défenses à l'herbivorie aux latitudes inférieures.
1) Y a-t-il des clines latitudinaux de défenses chimiques des feuilles ?
2) La variation latitudinale des défenses foliaires est-elle associée à une variation latitudinale concomitante des herbivores ?
3) Les corrélats abiotiques de latitude (conditions climatiques et pédologiques) sont-ils associés à la variation latitudinale de la défense à l'herbivorie ?

Expériences de l'article :

Le modèle biologique étudié, le chêne, Quercus robur est un arbre à feuilles caduques. Il est natif de la plupart des pays d’Europe. Il est distribué du nord du Portugal (40 ° N) au sud de la Scandinavie (62 ° N).
Dans son aire de répartition d'origine, Q. robur abrite une large communauté d'insectes herbivores.
À la fin de la saison de croissance (de fin août à début octobre), et avant la sénescence foliaire, nous avons échantillonné un total de 38 populations de Q. robur réparties en Espagne, France, Pays-Bas, Danemark et Suède. Le transect échantillonné couvre la plupart des gradients latitudinaux et climatiques que connaît cet arbre sur son aire de répartition.

Résultats de l'article :

Variation latitudinale des traits foliaires liés à la défense à l'herbivorie, les régressions univariées ont révélé:

  • Une relation négative significative entre la proportion de feuilles endommagées par l'herbivorie et la latitude (R²=0.48; P<0.001).
  • Une relation positive entre la concentration de composés phénoliques totaux et la latitude (R²=0.37; P<0.001).
  • Exception faite de la lignine, dont la concentration est associée négativement à l'augmentation de la latitude (R²=0.46; P<0.01).
  • À été constaté, des associations positives entre latitude et concentration d'azote (R²=0.14; P=0.02) et de phosphore (R²=0.12; P=0.03) dans les feuilles. Ces associations sont liées à des variables environnementales. Les populations des régions plus froides présentaient une concentration plus élevée de phosphore dans les feuilles. De plus, les populations des régions plus chaudes, et plus sèches présentaient des niveaux plus élevés d'azote foliaire.
Rigueur de l'article :

Cet article regroupant des auteurs internationaux, ne présente pas, à mes yeux de conflits d'intérêts.
Il a été publié dans la revue scientifique ECOGRAPHY, cette revue à un facteur d'impact de 4.52 (2017).

Ce que cet article apporte au débat :

Cette étude est unique en ce sens qu'elle tient compte conjointement de la variation latitudinale de la composition chimique des feuilles, des défenses immunitaires, la teneur en éléments nutritifs, et étudie les facteurs abiotiques qui sous-tendent cette variation.
Les populations de chênes des latitudes plus basses présentaient des niveaux plus élevés d'herbivorie foliaire, mais avaient des niveaux plus faibles de composés de défense, de phosphore et d'azote dans les feuilles. La concentration de tanins dans les feuilles (un groupe clé de composés phénoliques) était le seul caractère végétal associé à l'herbivorie foliaire. Cette relation est négative. Ces résultats étaient contraires aux prédictions préalables des auteurs.

Remarques sur l'article :

Ces résultats mettent en évidence les liens entre les facteurs biotiques et abiotiques qui façonnent la variation géographique des défenses à l'herbivorie.

Il reste à déterminer si des dommages plus importants aux latitudes plus basses sont exclusivement associés à des défenses végétales plus faibles ou s'ils sont dus à une plus grande abondance d'herbivores ou à une plus grande richesse en espèces.

"Notamment, l'ACP a indiqué que la concentration de tanins dans les feuilles (un groupe clé de composés phénoliques) était le seul caractère végétal associé à l'herbivorie foliaire chez Q. robur. Cette relation est négative. Cela suggère que l'investissement des tanins foliaires est inversement proportionnelle à la pression d'herbivorie. "
Resource Availability Hypothesis: individus en milieux pauvres investissent plus en mécanismes de défense, car cet investissement est moins coûteux que le remplacement du matériel végétale après herbivorie.

Publiée il y a plus de 6 ans par L. Doumerc.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.