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La colonisation assistée et les changements climatiques rapides
Résumé de la review :
Les changements climatiques rapides actuels entraînent le déplacement de l'aire de répartition de nombreuses espèces vers les pôles et altitudes plus élevées. Face à l'exposition accrue au risque d'extinction de ces espèces, les pratiques de conservation actuelles risquent de ne pas suffirent à éviter les pertes. Des écosystèmes entiers pourraient cesser de fonctionner sous leur forme actuelle. D'après cette review, il doit être envisagé de déplacer des espèces vers des sites où elles ne se trouvent pas actuellement ou historiquement. Cependant, cette stratégie de conservation non conventionnelle est considérée avec suspicion étant donnée que de nombreuses pratiques du procédé ont entraîné des effets et impacts négatifs. Une meilleure compréhension des besoins en matière d'habitat et de la répartition des espèces semble ainsi nécessaire pour identifier les situations à faible risque où les résultats négatifs seraient minimisés.
Les auteurs proposent un cadre décisionnel afin d'aider à identifier les circonstances nécessitant des stratégies de conservation conventionnelles et celles nécessitant une action plus extrême telle que la colonisation assistée. Ainsi, lorsque les espèces sont perçues comme moyennement menacées, il peut être suffisant d'améliorer la connectivité avec l'habitat réel ou potentiel aux altitudes et/ou latitudes plus élevées. Cependant, plusieurs situation pourrait nécessiter de transférer des espèces vers des sites situées en dehors de l'aire de répartition historique où les conditions seront propices à moyen et long termes. Essentiellement les espèces dont l'air de répartition est devenue très fragmentée et dont les processus de dispersions répondant au changement climatique sont perturbés par la perte de connectivité de l'habitat. Mais également les espèces confinées à des habitats en voie de disparition, alors que des conditions climatiques appropriées migrent. De plus, les espèces menacées possédant des formes "adaptées à un climat chaud", pourraient être introduites dans des régions historiquement plus froides ce qui augmenterait la probabilité d'une adaptation ultérieur à mesure que le climat change.
Certains facteurs sont néanmoins à prendre en compte avant d'utiliser la colonisation assistée. Techniquement, il faut vérifier si l'établissement d'espèces à l'emplacement cible est réalisable et si les caractéristiques biophysiques du nouvel emplacement correspondent aux besoin de l'espèce. Écologiquement, il est possible de créer de nouveaux problèmes ravageurs sur le site cible. Les organismes introduis peuvent également être porteurs de maladies et de parasites, ou altérer la structure génétique et les systèmes de reproduction des population locales. En outre, le facteur socio-économiques est également à prendre en considération. Des contraintes financières ou de sécurité humaine peuvent rendre l'introduction d'un espèce indésirable. Des alternatives devront alors être utilisées.
En conclusion, de par la réalité d'un climat en évolution rapide, les stratégies de conservation conventionnelles ne sont plus suffisantes; la colonisation assistée pourrait être une meilleure chance pour certaines espèces et écosystèmes. Cette stratégie doit cependant être envisagé en mettant en balance les risques possibles dus à cette colonisation, avec les risques de l'extinction et de la perte de l'écosystème. Cela nécessitera ainsi une réflexion et compréhension scientifique approfondies, et devra être accompagnée de stratégies qui s'attaquent à la multitude de menaces en plus du changement climatique.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
L. Boegly.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
La colonisation assistée et les changements climatiques rapides
Résumé de la review :
Les changements climatiques rapides actuels entraînent le déplacement de l'aire de répartition de nombreuses espèces vers les pôles et altitudes plus élevées. Face à l'exposition accrue au risque d'extinction de ces espèces, les pratiques de conservation actuelles risquent de ne pas suffirent à éviter les pertes. Des écosystèmes entiers pourraient cesser de fonctionner sous leur forme actuelle. D'après cette review, il doit être envisagé de déplacer des espèces vers des sites où elles ne se trouvent pas actuellement ou historiquement. Cependant, cette stratégie de conservation non conventionnelle est considérée avec suspicion étant donnée que de nombreuses pratiques du procédé ont entraîné des effets et impacts négatifs. Une meilleure compréhension des besoins en matière d'habitat et de la répartition des espèces semble ainsi nécessaire pour identifier les situations à faible risque où les résultats négatifs seraient minimisés.
Les auteurs proposent un cadre décisionnel afin d'aider à identifier les circonstances nécessitant des stratégies de conservation conventionnelles et celles nécessitant une action plus extrême telle que la colonisation assistée. Ainsi, lorsque les espèces sont perçues comme moyennement menacées, il peut être suffisant d'améliorer la connectivité avec l'habitat réel ou potentiel aux altitudes et/ou latitudes plus élevées. Cependant, plusieurs situation pourrait nécessiter de transférer des espèces vers des sites situées en dehors de l'aire de répartition historique où les conditions seront propices à moyen et long termes. Essentiellement les espèces dont l'air de répartition est devenue très fragmentée et dont les processus de dispersions répondant au changement climatique sont perturbés par la perte de connectivité de l'habitat. Mais également les espèces confinées à des habitats en voie de disparition, alors que des conditions climatiques appropriées migrent. De plus, les espèces menacées possédant des formes "adaptées à un climat chaud", pourraient être introduites dans des régions historiquement plus froides ce qui augmenterait la probabilité d'une adaptation ultérieur à mesure que le climat change.
Certains facteurs sont néanmoins à prendre en compte avant d'utiliser la colonisation assistée. Techniquement, il faut vérifier si l'établissement d'espèces à l'emplacement cible est réalisable et si les caractéristiques biophysiques du nouvel emplacement correspondent aux besoin de l'espèce. Écologiquement, il est possible de créer de nouveaux problèmes ravageurs sur le site cible. Les organismes introduis peuvent également être porteurs de maladies et de parasites, ou altérer la structure génétique et les systèmes de reproduction des population locales. En outre, le facteur socio-économiques est également à prendre en considération. Des contraintes financières ou de sécurité humaine peuvent rendre l'introduction d'un espèce indésirable. Des alternatives devront alors être utilisées.
En conclusion, de par la réalité d'un climat en évolution rapide, les stratégies de conservation conventionnelles ne sont plus suffisantes; la colonisation assistée pourrait être une meilleure chance pour certaines espèces et écosystèmes. Cette stratégie doit cependant être envisagé en mettant en balance les risques possibles dus à cette colonisation, avec les risques de l'extinction et de la perte de l'écosystème. Cela nécessitera ainsi une réflexion et compréhension scientifique approfondies, et devra être accompagnée de stratégies qui s'attaquent à la multitude de menaces en plus du changement climatique.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.