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Influence de la réintroduction d'un grand herbivore sur les invasions de plantes et la composition d'une communauté dans une prairie de Californie
Introduction à l'article :
Les grands mammifères peuvent avoir des impacts sur la composition et la structure des communautés de plantes. Les herbivores indigènes peuvent avoir une influence négative sur les plantes exotiques (réduction de leur biomasse, fécondité, abondance) ou alors ils peuvent les éviter et se nourrir uniquement d'espèces indigènes, favorisant ainsi le succès des espèces exotiques.
Les auteurs cherchent à mener une approche communautaire et à évaluer la manière dont les herbivores réintroduits influent sur les taxons indigènes et exotiques présentant différentes caractéristiques biologiques.
Dans la réserve de Tomales Point Elk, en Californie, le wapiti (Cervus elaphus nannodes) a été réintroduit en 1980 et sa population a atteint 500 individus en 2003. Il se nourrit essentiellement de plantes herbacées d'espèces natives et exotiques ainsi que d'arbustes.
Les plantes herbacées de la réserve peuvent être divisées en différents groupes fonctionnels (différence principale : annuelle vs vivace).
Expériences de l'article :
Durant 5 ans, la réserve a établit un plan expérimental à partir de 1998 pour déterminer les effets du retrait des wapitis réintroduits sur les communautés de plantes. 24 terrains ont été distribués parmi 3 types de prairies. Ces terrains étaient clôturés pour empêcher les wapitis d'entrer (sauf certains pour servir de contrôle).
En mai et juin 2002, ils ont mesuré les biomasses des plantes dans chaque terrain. Au printemps 2003, ils ont quantifié l'abondance des espèces de plants en comptant le nombre d'individus de chaque espèce et ont déterminé la richesse spécifique dans chaque terrain. Ils ont groupé les espèces suivant leur caractère natif ou exotique puis subdivisé entre vivaces et annuelles. En été 2003, ils ont estimé la couverture aérienne des arbustes.
Pour évaluer l'impact des wapitis et des espèces d'arbustes natives sur une espèce dominante (Holocus lanatus), ils ont estimé la biomasse de l'espèce en absence et présence d'arbustes, puis réalisé des analyses statistiques.
Résultats de l'article :
Le wapiti a augmenté l'abondance et la biomasse des plantes annuelles (tant indigènes qu'exotiques) et a diminué la biomasse des plantes vivaces (indigènes et exotiques) (cette diminution de la biomasse des plantes vivaces peut être due à plusieurs choses, voir discussion).
L'herbivorie du wapiti a considérablement réduit l'abondance et la biomasse aérienne des herbes vivaces exotiques hautement envahissante (Holcus lanatus) : le pâturage peut être un moyen efficace de contrôler son abondance et sa propagation dans les prairies ouvertes.
Cependant, les effets négatifs du wapiti sur Holcus ont disparu lorsque la plante a grandi sous la canopée d'une arbuste natif (Baccharis pilularis), dû au fait que le wapiti a plus de mal à accéder à Holcus.
Enfin, les prairies mésiques de Californie sont sujettes à l'invasion d'arbustes et les données montrent que les wapitis ont réduit la couverture de ces arbustes. Le wapiti pourrait donc jouer un rôle important dans le maintien des prairies.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article souligne une autre limite aux réintroductions utilisées dans le rewilding. La réintroduction de grands herbivores a des conséquences très importantes sur les communautés végétales. Ces conséquences peuvent être positives mais aussi négatives (augmentation de la biomasse des plantes invasives dans certaines conditions).
Remarques sur l'article :
Les résultats de cet articles sont a considérer dans les conditions de température, de pluviométries, de composition de communautés de cet écosystème. Ces résultats ne sont donc pas généralisables à toutes les localités. La direction et la magnitude des impacts du wapiti sur les communautés de plantes doivent varier largement selon les sites de réintroduction.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
M. Raynaud et M. Villegas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Influence de la réintroduction d'un grand herbivore sur les invasions de plantes et la composition d'une communauté dans une prairie de Californie
Introduction à l'article :
Les grands mammifères peuvent avoir des impacts sur la composition et la structure des communautés de plantes. Les herbivores indigènes peuvent avoir une influence négative sur les plantes exotiques (réduction de leur biomasse, fécondité, abondance) ou alors ils peuvent les éviter et se nourrir uniquement d'espèces indigènes, favorisant ainsi le succès des espèces exotiques.
Les auteurs cherchent à mener une approche communautaire et à évaluer la manière dont les herbivores réintroduits influent sur les taxons indigènes et exotiques présentant différentes caractéristiques biologiques.
Dans la réserve de Tomales Point Elk, en Californie, le wapiti (Cervus elaphus nannodes) a été réintroduit en 1980 et sa population a atteint 500 individus en 2003. Il se nourrit essentiellement de plantes herbacées d'espèces natives et exotiques ainsi que d'arbustes.
Les plantes herbacées de la réserve peuvent être divisées en différents groupes fonctionnels (différence principale : annuelle vs vivace).
Durant 5 ans, la réserve a établit un plan expérimental à partir de 1998 pour déterminer les effets du retrait des wapitis réintroduits sur les communautés de plantes. 24 terrains ont été distribués parmi 3 types de prairies. Ces terrains étaient clôturés pour empêcher les wapitis d'entrer (sauf certains pour servir de contrôle).
En mai et juin 2002, ils ont mesuré les biomasses des plantes dans chaque terrain. Au printemps 2003, ils ont quantifié l'abondance des espèces de plants en comptant le nombre d'individus de chaque espèce et ont déterminé la richesse spécifique dans chaque terrain. Ils ont groupé les espèces suivant leur caractère natif ou exotique puis subdivisé entre vivaces et annuelles. En été 2003, ils ont estimé la couverture aérienne des arbustes.
Pour évaluer l'impact des wapitis et des espèces d'arbustes natives sur une espèce dominante (Holocus lanatus), ils ont estimé la biomasse de l'espèce en absence et présence d'arbustes, puis réalisé des analyses statistiques.
Le wapiti a augmenté l'abondance et la biomasse des plantes annuelles (tant indigènes qu'exotiques) et a diminué la biomasse des plantes vivaces (indigènes et exotiques) (cette diminution de la biomasse des plantes vivaces peut être due à plusieurs choses, voir discussion).
L'herbivorie du wapiti a considérablement réduit l'abondance et la biomasse aérienne des herbes vivaces exotiques hautement envahissante (Holcus lanatus) : le pâturage peut être un moyen efficace de contrôler son abondance et sa propagation dans les prairies ouvertes.
Cependant, les effets négatifs du wapiti sur Holcus ont disparu lorsque la plante a grandi sous la canopée d'une arbuste natif (Baccharis pilularis), dû au fait que le wapiti a plus de mal à accéder à Holcus.
Enfin, les prairies mésiques de Californie sont sujettes à l'invasion d'arbustes et les données montrent que les wapitis ont réduit la couverture de ces arbustes. Le wapiti pourrait donc jouer un rôle important dans le maintien des prairies.
Cet article souligne une autre limite aux réintroductions utilisées dans le rewilding. La réintroduction de grands herbivores a des conséquences très importantes sur les communautés végétales. Ces conséquences peuvent être positives mais aussi négatives (augmentation de la biomasse des plantes invasives dans certaines conditions).
Les résultats de cet articles sont a considérer dans les conditions de température, de pluviométries, de composition de communautés de cet écosystème. Ces résultats ne sont donc pas généralisables à toutes les localités. La direction et la magnitude des impacts du wapiti sur les communautés de plantes doivent varier largement selon les sites de réintroduction.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.