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Titre de l'article :

Réponse à court terme et récupération des jacinthes des bois (Hyacinthoides non-scripta) après l’enracinement chez le sanglier (Sus scrofa)


Introduction à l'article :

Les programmes de réintroduction d'espèces devraient prendre plus en considération les impacts potentiels des espèces clés sur les communautés receveuses. Dans ces programmes, l'attention est plus portée sur le succès de l'établissement de l'espèce que sur son impact dans la communauté. Ces considérations deviennent essentielles dans le cas de "rewilding".
Le sanglier (Sus scrofa) a été réintroduit en Grande Bretagne après 700 ans d'absence. Le sanglier cherche sa nourriture par enracinement ("rooting") ce qui entraine des perturbations du milieu. Le sanglier est omnivore, mais l'essentiel de son régime alimentaire est constitué de plantes. Son activité de rooting est particulièrement intense au printemps et en été sur les jacinthes qui est une espèce native iconique et protégée de Grande Bretagne.
Les auteurs cherchent ici à prédire les impacts du sangliers sur les populations de jacinthes.

Expériences de l'article :

Le site d'étude est dominé par des châtaigniers, des chênes pédonculés et un mixte de flore terrestre incluant des jacinthes.
Les auteurs ont sélectionné 5 sites dans l'aire d'étude représentatifs du type de forêt qui contiennent des peuplements denses de jacinthes et des preuves de rooting récent (et des sites contrôles sans traces de rooting). Dans ces sites ils ont définis différents traitements : rooted/cloturé, rooted/ouvert, un-rooted/cloturé et unrooted/ouverts pour déterminer l'effet de rooting déjà survenu et l'effet de rooting à venir. Réplicats. L'expérience a durée 2 ans. Dans chacune des aires, les auteurs ont estimé le pourcentage de couverture de jacinthe, le nombre d'individus et le nombre de tiges florales.
Les analyses statistiques réalisées : ANOVA, Tuckey, GLM.

Résultats de l'article :

L'article souligne l'impact de la réintroduction d'espèces animales sur la flore britannique. Comme attendu, le rooting a un effet négatif significatif sur le pourcentage de couverture de jacinthe. Le nombre d'individus a significativement diminué après le rooting et leur nombre est resté très faible en comparaison des parcelles closes. Cependant, la récupération des jacinthes a été très rapide à la fois dans les traitements clôturés et ouverts, à un taux qui suggère qu'une récupération totale peut être attendue dans les 1-2 saisons suivantes. La protection contre le rooting permet une rapide récupération des jacinthes. Cette récupération peut être due à l'effet positif du rooting sur la germination (voir discussion). Les résultats peuvent indiquer que les jacinthes sont adaptées au rooting en conséquence d'une longue coévolution avec le sanglier. Le rooting augmente la richesse spécifique végétale à l'échelle locale, brisant de vastes peuplements monospécifiques tels que les jacinthes.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article permet de montrer que les réintroductions d'herbivores des programmes de ré-ensauvagement peuvent avoir des impacts négatifs sur les communautés végétales. La réintroduction du sanglier, qui en cherchant sa nourriture par rooting entraîne des perturbations. Celles-ci ont pour conséquences la diminution de la couverture végétale de la jacinthe des bois. Il semble toutefois qu'en empêchant de nouveaux rooting, sa récupération soit assez rapide, ce qui résulte d'une coévolution entre sanglier et la jacinthe avant sa disparition. Cependant, ce type de perturbation semblerait augmenter la richesse spécifique des peuplements.

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Raynaud et M. Villegas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.