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Les sols sont les principales sources du gaz à effet de serre oxyde nitreux (N2O). L'émission de N2O à la surface du sol est le résultat de processus de production et de consommation. Jusqu'à présent, la recherche s'est concentrée sur la production nette de N2O. Cependant, dans la littérature, de nombreux rapports font état de flux négatifs nets de N2O (c'est-à-dire de flux de N2O de l'atmosphère vers le sol). Ces flux sont fréquents et substantiels et ne peuvent pas être simplement considérés comme du bruit expérimental. La consommation nette de N2O a été mesurée dans diverses conditions.
Le taux d'absorption du N2O (réduction à N2 plus absorption par l'eau) dépend principalement des propriétés du sol, telles que la disponibilité de N minéral (substrat pour la nitrification et la dénitrification), la teneur en oxygène et en eau du sol, la température du sol, le pH et les conditions redox et la disponibilité de C et N organique labile. Les diverses conditions stimulant l'absorption du N2O, dont l'énigme d'absorption dans un sol sec, donnent des indications concernant divers processus responsables de cette absorption.
Une faible teneur en azote minéral et un taux d'humidité élevé favorisent la consommation de N2O. Ceci s'inscrit dans le cadre de la dénitrification en tant que procédé responsable, réduisant ainsi le N2O en N2. Il a également été signalé que les nitrifiants consomment du N2O dans la dénitrification des nitrifiants. La contribution de divers procédés pourrait expliquer le large éventail de conditions permettant la consommation de N2O, allant de températures basses à élevées, de sols humides à secs, et de parcelles fertilisées à non fertilisées.
Il faut davantage de recherche axée sur les processus pour comprendre comment les variables du sol interagissent pour contrôler l'absorption de N2O dans les sols. Il est suggéré que l'absorption de N2O est souvent masquée par une plus grande production de N2O et pourrait, par conséquent, être plus importante qu'on ne l'a supposé jusqu'ici.
Ce que cette review apporte au débat :
Une méthode non intrusive doit encore être trouvée pour quantifier clairement l'absorption brut de N2O in situ. Comme l'ont souligné plusieurs auteurs cités dans la présente étude et le GIEC, les sols pourraient devoir être considérés comme un puits supplémentaire, en plus de la destruction du N2O stratosphérique. Il convient toutefois de souligner que la base de données des études sur le terrain et en laboratoire doit encore être élargie avant de pouvoir tirer des conclusions définitives quant à l'ampleur de ce puits supplémentaire possible et à sa contribution au budget mondial de N2O.
Les conditions interférant avec la diffusion du N2O dans le sol semblent augmenter la consommation de N2O. Les facteurs régulant la consommation de N2O ne sont cependant pas encore bien compris et méritent une étude plus approfondie. Une étude systématique de la consommation de N2O est donc nécessaire. Elle devrait se concentrer sur les organismes, réactions et facteurs environnementaux en cause.
Remarques sur la review :
L'article s'intéresse à différents types de sols de différents pays, en zones tropicales et tempérées. Elle se veut être la plus représentative possible de la dynamique globale du N2O dans les sols, en lien avec la disponibilité en eau et nutriments, la température et l'activité biologique.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
S. Delmotte et A. Duhamet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Les sols, un puits pour le N2O ? Une review
Résumé de la review :
Les sols sont les principales sources du gaz à effet de serre oxyde nitreux (N2O). L'émission de N2O à la surface du sol est le résultat de processus de production et de consommation. Jusqu'à présent, la recherche s'est concentrée sur la production nette de N2O. Cependant, dans la littérature, de nombreux rapports font état de flux négatifs nets de N2O (c'est-à-dire de flux de N2O de l'atmosphère vers le sol). Ces flux sont fréquents et substantiels et ne peuvent pas être simplement considérés comme du bruit expérimental. La consommation nette de N2O a été mesurée dans diverses conditions.
Le taux d'absorption du N2O (réduction à N2 plus absorption par l'eau) dépend principalement des propriétés du sol, telles que la disponibilité de N minéral (substrat pour la nitrification et la dénitrification), la teneur en oxygène et en eau du sol, la température du sol, le pH et les conditions redox et la disponibilité de C et N organique labile. Les diverses conditions stimulant l'absorption du N2O, dont l'énigme d'absorption dans un sol sec, donnent des indications concernant divers processus responsables de cette absorption.
Une faible teneur en azote minéral et un taux d'humidité élevé favorisent la consommation de N2O. Ceci s'inscrit dans le cadre de la dénitrification en tant que procédé responsable, réduisant ainsi le N2O en N2. Il a également été signalé que les nitrifiants consomment du N2O dans la dénitrification des nitrifiants. La contribution de divers procédés pourrait expliquer le large éventail de conditions permettant la consommation de N2O, allant de températures basses à élevées, de sols humides à secs, et de parcelles fertilisées à non fertilisées.
Il faut davantage de recherche axée sur les processus pour comprendre comment les variables du sol interagissent pour contrôler l'absorption de N2O dans les sols. Il est suggéré que l'absorption de N2O est souvent masquée par une plus grande production de N2O et pourrait, par conséquent, être plus importante qu'on ne l'a supposé jusqu'ici.
Une méthode non intrusive doit encore être trouvée pour quantifier clairement l'absorption brut de N2O in situ. Comme l'ont souligné plusieurs auteurs cités dans la présente étude et le GIEC, les sols pourraient devoir être considérés comme un puits supplémentaire, en plus de la destruction du N2O stratosphérique. Il convient toutefois de souligner que la base de données des études sur le terrain et en laboratoire doit encore être élargie avant de pouvoir tirer des conclusions définitives quant à l'ampleur de ce puits supplémentaire possible et à sa contribution au budget mondial de N2O.
Les conditions interférant avec la diffusion du N2O dans le sol semblent augmenter la consommation de N2O. Les facteurs régulant la consommation de N2O ne sont cependant pas encore bien compris et méritent une étude plus approfondie. Une étude systématique de la consommation de N2O est donc nécessaire. Elle devrait se concentrer sur les organismes, réactions et facteurs environnementaux en cause.
L'article s'intéresse à différents types de sols de différents pays, en zones tropicales et tempérées. Elle se veut être la plus représentative possible de la dynamique globale du N2O dans les sols, en lien avec la disponibilité en eau et nutriments, la température et l'activité biologique.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.