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L'analyse moléculaire intégrée indique que les lésions dans l'ADN de souris sont indétectables après une irradiation continue 400 fois plus forte que la radiation de fond naturelle
Introduction à l'article :
L'environnement étant naturellement radioactif, il s'agit de déterminer quel est le niveau maximal supportable. De nombreuses études ont démontré les effets des radiations sur les organismes, à des doses et sur des durées données. Les lésions sur l'ADN causées par la radiation sont d'intérêt car liées à une augmentation des risques de cancer. Dans la présente étude, les auteurs ont exposé des souris à une radiation continue environ 200 fois plus élevée que la limite autorisée par l'ICRP (Commission Internationale sur la Protection Radiologique). Les résultats ne suggèrent pas de changements significatifs dans le nombre de lésions ou de réponses aux lésions.
Expériences de l'article :
Les souris non-contrôles sont exposées soit :
à une irradiation faible et continue : souris de 4 semaines exposées durant 5 semaines via un irradiateur 125I avec un système permettant une irradiation uniforme, la dose totale est de 10,5 cGy (centiGray),
à une irradiation brève aiguë : souris de 9 semaines exposées durant 1,4 minutes à 7,1 cGy/min, donc une dose totale de 10,5 cGy.
Les tests réalisés :
analyse des lésions de bases (ADN provenant de la rate, prélevée sur les individus euthanasiés immédiatement après la fin de l'irradiation)
analyse de l'expression génique (ADN complémentaire obtenu à partir des leucocytes prélevés avant le début et immédiatement après l'irradiation)
évaluation du micronoyau (dans la moelle osseuse des fémurs et tibias prélevée sur les individus euthanasiés immédiatement après la fin de l'irradiation)
recombinaison homologue (dans le tissu pancréatique prélevé immédiatement après la fin de l'irradiation continue et 3,5 semaines après l'irradiation aiguë)
Résultats de l'article :
Les auteurs estime que l'atome 125I est un substitut valable à la radiation de fond et à la pollution radioactive. La dose moyenne délivrée sur les 5 semaines de l'expérience est considérée faible car 5 fois seulement supérieure à la radiation naturelle dans certains endroits, bien que 200 fois plus forte que la dose permise par l'ICRP sur 1 an.
Les résultats ne semblent pas identifier d'impact des radiations (continues ou aiguë) sur les différents paramètres génétiques évalués, exceptés :
les micronoyaux sont plus nombreux chez les individus ayant subi l'irradiation aiguë
l'expression génique est significativement plus élevée pour 1 gène sur les 5 gènes de réponse aux lésions d'ADN testés, après irradiation aiguë
En conclusion l'irradiation continue à faible dose n'a pas d'impact sur les lésions de l'ADN, les cassures double brin, ou la réponse aux lésions.
Rigueur de l'article :
voir les réponses consécutives de Beyea puis Yanch et Engelward
La réponse de J. Beyea (2012) s'oppose aux conclusions de l'étude sur la base de nombreux articles (principalement sur des sujets humains), et argue que les résultats sont mal interprétés et l'expérience de trop courte durée.
Dans une seconde réponse de 2 des auteurs (J. Yanch et B. Engelward, 2012), ceux-ci réfutent les méthodes de certaines études par Beyea notamment l'utilisation d'un modèle linéaire (de corrélation entre dose d'irradiation et cancer) qui ne serait pas approprié.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article va à l'encontre des conclusions de la plupart des articles évaluant l'impact des radiations sur les organismes. La dose utilisée est cependant plus faible, alors que beaucoup d'expériences se concentrent sur les effets des radiations à dose élevée (le cas d'accidents nucléaires).
Publiée il y a plus de 6 ans
par
J. Rolland.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
L'analyse moléculaire intégrée indique que les lésions dans l'ADN de souris sont indétectables après une irradiation continue 400 fois plus forte que la radiation de fond naturelle
Introduction à l'article :
L'environnement étant naturellement radioactif, il s'agit de déterminer quel est le niveau maximal supportable. De nombreuses études ont démontré les effets des radiations sur les organismes, à des doses et sur des durées données. Les lésions sur l'ADN causées par la radiation sont d'intérêt car liées à une augmentation des risques de cancer. Dans la présente étude, les auteurs ont exposé des souris à une radiation continue environ 200 fois plus élevée que la limite autorisée par l'ICRP (Commission Internationale sur la Protection Radiologique). Les résultats ne suggèrent pas de changements significatifs dans le nombre de lésions ou de réponses aux lésions.
Les souris non-contrôles sont exposées soit :
Les tests réalisés :
Les auteurs estime que l'atome 125I est un substitut valable à la radiation de fond et à la pollution radioactive. La dose moyenne délivrée sur les 5 semaines de l'expérience est considérée faible car 5 fois seulement supérieure à la radiation naturelle dans certains endroits, bien que 200 fois plus forte que la dose permise par l'ICRP sur 1 an.
Les résultats ne semblent pas identifier d'impact des radiations (continues ou aiguë) sur les différents paramètres génétiques évalués, exceptés :
voir les réponses consécutives de Beyea puis Yanch et Engelward
La réponse de J. Beyea (2012) s'oppose aux conclusions de l'étude sur la base de nombreux articles (principalement sur des sujets humains), et argue que les résultats sont mal interprétés et l'expérience de trop courte durée.
Dans une seconde réponse de 2 des auteurs (J. Yanch et B. Engelward, 2012), ceux-ci réfutent les méthodes de certaines études par Beyea notamment l'utilisation d'un modèle linéaire (de corrélation entre dose d'irradiation et cancer) qui ne serait pas approprié.
Cet article va à l'encontre des conclusions de la plupart des articles évaluant l'impact des radiations sur les organismes. La dose utilisée est cependant plus faible, alors que beaucoup d'expériences se concentrent sur les effets des radiations à dose élevée (le cas d'accidents nucléaires).
Dernière modification il y a plus de 6 ans.