ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Dans cette review, les auteurs rassemblent les différentes informations concernant les réponses sexuelles des primates humains et non humains. La possibilité d'un orgasme femelle chez les primates non humains est examiné. Enfin, Allen et Lemmon proposent une théorie sur l'origine évolutive de l'orgasme féminin (soit l'orgasme chez les primates humains).
Les auteurs décrivent tout d'abord les différentes phases de l'orgasme ( 1)excitation, 2) plateau, 3) orgasme, 4) résolution) décrites chez les femmes et passent en revue les différentes études s'intéressant aux "réponses sexuelles" des femmes durant ces phases.
Par la suite, les auteurs énoncent les études montrent pour eux des indices de présence d'orgasme chez les primates non humains. Pour eux, l'orgasme n'est pas propre aux humains mais est bien présent chez les primates. Il s'agirait de plusieurs réponses sexuelles, chacune pouvant être adaptative au sein de cette lignée.
Allen et Lemmon arrivent ainsi aux théories concernant l'évolution de l'orgasme femelle et féminin en particulier. Pour il s'agit d'une adaptation. Les caractéristiques de l'orgasme femelle qu'ils suggèrent être adaptatives incluent les contractions musculaires périvaginales, la succion utérine et l'ovulation réflexe. Selon eux, ces caractéristiques constituent au sein de l'espèce humaine une adaptation destinée à aider l'éjaculation de l'homme, augmentant ainsi son succès reproducteur. Pour les auteurs, cette réponse adaptative n'a pas été choisie pour chaque copulation fertile possible, mais en tant que composante de l’effort reproducteur, fonctionnant ainsi comme un "moyen de choisir les femmes une fois la pénétration réalisée", ce qui expliquerait le fait que l'homme ait un orgasme même si la femme n'en a pas.
Les auteurs s'intéressent ensuite à l'évolution de l'orgasme femelle en se plaçant du point de vue des femmes. Ils affirment alors que le fait que les femmes n'expérimentent pas d'orgasmes a chaque rapport serait dû à une_ "inhibition psychologique"_ : "Il est bien établi que de nombreuses femmes ne peuvent atteindre l'orgasme aussi rapidement que l'homme moyen en raison d'une inhibition psychologique". Cette inhibition serait liée à la propension naturelle des femmes à être plus discriminantes que les hommes pour ce qui est du choix du partenaire sexuel. Ce serait, selon eux, un _"avantage génétique" _ qu'aurait les femmes. L'orgasme femelle serait ainsi une adaptation permettant aux femmes d'être plus discriminante en encourageant ou non un orgasme masculin. Les femelles limiteraient la fécondation par des mâles indésirables en ayant pas d'orgasme ou au contraire encourager la fécondation par les mâles désirables en ayant un orgasme.
Rigueur de la review :
Cette review ne semble pas exempte d'a priori rétrogrades concernant la sexualité féminine (et même plus généralement femelle). Les auteurs énoncent divers arguments concernant le fait que l'orgasme femelle soit adaptatif. Ces arguments semblent être construits sur des critères dont la portée scientifique peut être remise en cause, tel que "l'inhibition psychologique" qui n'a jamais été prouvée. Les auteurs préfèrent ici citer Freud et négligent des études plus récentes ayant pu argumenté que la faible fréquence des orgasmes chez les femmes soit dû à un manque de stimulation pendant le rapport plutôt qu'à une inhibition psychologique.
Il s'agit peut être de la vision dominante en sexologie à l'époque. Cette vision est néanmoins largement critiquable pour diverses raisons mais surtout dans le cas qui nous intéresse ici, elle est critiquable car elle induit un biais androcentrique dans l'étude de l'évolution de l'orgasme femelle.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review publiée au début des années 80 est une des premières à s'intéresser à l'évolution de l'orgasme femelle. Il semble qu'elle illustre bien le biais androcentrique existant autour de l'étude de ce phénomène.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
F. Laugier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Orgasme chez les primates femelles
Résumé de la review :
Dans cette review, les auteurs rassemblent les différentes informations concernant les réponses sexuelles des primates humains et non humains. La possibilité d'un orgasme femelle chez les primates non humains est examiné. Enfin, Allen et Lemmon proposent une théorie sur l'origine évolutive de l'orgasme féminin (soit l'orgasme chez les primates humains).
Les auteurs décrivent tout d'abord les différentes phases de l'orgasme ( 1)excitation, 2) plateau, 3) orgasme, 4) résolution) décrites chez les femmes et passent en revue les différentes études s'intéressant aux "réponses sexuelles" des femmes durant ces phases.
Par la suite, les auteurs énoncent les études montrent pour eux des indices de présence d'orgasme chez les primates non humains. Pour eux, l'orgasme n'est pas propre aux humains mais est bien présent chez les primates. Il s'agirait de plusieurs réponses sexuelles, chacune pouvant être adaptative au sein de cette lignée.
Allen et Lemmon arrivent ainsi aux théories concernant l'évolution de l'orgasme femelle et féminin en particulier. Pour il s'agit d'une adaptation. Les caractéristiques de l'orgasme femelle qu'ils suggèrent être adaptatives incluent les contractions musculaires périvaginales, la succion utérine et l'ovulation réflexe. Selon eux, ces caractéristiques constituent au sein de l'espèce humaine une adaptation destinée à aider l'éjaculation de l'homme, augmentant ainsi son succès reproducteur. Pour les auteurs, cette réponse adaptative n'a pas été choisie pour chaque copulation fertile possible, mais en tant que composante de l’effort reproducteur, fonctionnant ainsi comme un "moyen de choisir les femmes une fois la pénétration réalisée", ce qui expliquerait le fait que l'homme ait un orgasme même si la femme n'en a pas.
Les auteurs s'intéressent ensuite à l'évolution de l'orgasme femelle en se plaçant du point de vue des femmes. Ils affirment alors que le fait que les femmes n'expérimentent pas d'orgasmes a chaque rapport serait dû à une_ "inhibition psychologique"_ : "Il est bien établi que de nombreuses femmes ne peuvent atteindre l'orgasme aussi rapidement que l'homme moyen en raison d'une inhibition psychologique". Cette inhibition serait liée à la propension naturelle des femmes à être plus discriminantes que les hommes pour ce qui est du choix du partenaire sexuel. Ce serait, selon eux, un _"avantage génétique" _ qu'aurait les femmes. L'orgasme femelle serait ainsi une adaptation permettant aux femmes d'être plus discriminante en encourageant ou non un orgasme masculin. Les femelles limiteraient la fécondation par des mâles indésirables en ayant pas d'orgasme ou au contraire encourager la fécondation par les mâles désirables en ayant un orgasme.
Cette review ne semble pas exempte d'a priori rétrogrades concernant la sexualité féminine (et même plus généralement femelle). Les auteurs énoncent divers arguments concernant le fait que l'orgasme femelle soit adaptatif. Ces arguments semblent être construits sur des critères dont la portée scientifique peut être remise en cause, tel que "l'inhibition psychologique" qui n'a jamais été prouvée. Les auteurs préfèrent ici citer Freud et négligent des études plus récentes ayant pu argumenté que la faible fréquence des orgasmes chez les femmes soit dû à un manque de stimulation pendant le rapport plutôt qu'à une inhibition psychologique.
Il s'agit peut être de la vision dominante en sexologie à l'époque. Cette vision est néanmoins largement critiquable pour diverses raisons mais surtout dans le cas qui nous intéresse ici, elle est critiquable car elle induit un biais androcentrique dans l'étude de l'évolution de l'orgasme femelle.
Cette review publiée au début des années 80 est une des premières à s'intéresser à l'évolution de l'orgasme femelle. Il semble qu'elle illustre bien le biais androcentrique existant autour de l'étude de ce phénomène.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.