ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
L'analyse génétique de la fonction orgasmique chez les jumeaux et les frères et sœurs ne supporte pas la théorie selon laquelle l'orgasme féminin serait un sous produit
Introduction à l'article :
Cet article, publié 6 ans après le livre de Lloyd, s'intéresse à l'orgasme femelle au sein de l'espèce humaine, plus particulièrement à la variation héréditaire existant entre l'orgasme masculin et l'orgasme féminin.
En effet, la théorie du sous-produit énoncée par Lloyd prédirait une forte corrélation entre le fonction orgasmique des frères et sœurs. En effet, la sélection ne peut agir que sur la variation héréditaire, donc pour que l'orgasme féminin soit maintenue du fait de fortes pressions de sélection exercées sur l'orgasme mâle, la variation héréditaire de l'orgasme devrait être corrélée entre les sexes. C'est ce que vont tester les auteurs dans cette étude via une approche de modélisation statistique.
Expériences de l'article :
Les auteurs échantillonnent dans la population finlandaise des jumeaux (monozygotes et dizygotes) et des paires de frères et soeurs âgés de 18 à 49 ans. Les participants répondent à deux questions différentes entre hommes et femmes.
La corrélation entre les réponses à ces deux questions (item) est calculée et pour chaque sexe la somme des réponses est effectuée pour donner une mesure de l'orgasme chez les hommes et les femmes. Les données sont ensuite transformées et standardisées. A chaque fois les modèles statistiques sont réalisés à la fois sur la somme des items et sur chaque item indépendamment. L'âge est considéré comme une effet fixe.
Les auteurs utilisent une approche par maximum de vraissemblance (MLE) pour déterminer la corrélation entre jumeaux et frères et soeurs ainsi que l'intervalle de confiance à 95%. Le MLE est également utiliser pour estimer la part de variation expliquer par les variances génétiques additives, génétiques non additives et résiduelles.
Résultats de l'article :
Grâce aux valeurs variances, les auteurs calculent une héritabilité au sens large (proportion de la variation totale représentée par tous les facteurs génétiques). Elle est de 32% chez les hommes et de 26% chez les femmes. Chez les hommes et les femmes, le reste de la variation de l'orgasme est considérée comment étant expliquée par des facteurs résiduels.
Les couples jumeaux / frères et soeurs de même sexe sont corrélés faiblement mais significativement, tandis que les couples de sexe opposé jumeaux / frères et soeurs ne sont pas corrélées significativement. Autrement dit, la variation héréditaire de l'orgasme n’est pas corrélée de manière significative entre les sexes, ce qui rend, d'après les auteurs, rend peu probable le fait que l'orgasme féminin soit maintenu uniquement par la sélection en cours sur l'orgasme masculin. Les auteurs penchent plutôt pour une fonction adaptative de l'orgasme féminin.
Rigueur de l'article :
Les méthodes utilisées dans cet article sont clairement détaillées et rigoureuses. La façon dont les auteurs traitent de l'orgasme féminin ne semble être entachée d'aucun biais.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article permet de suivre l'évolution de la controverse et notamment la façon dont le sujet est traité (par opposition aux papier publiés avant années 2000).
En effet, les différentes théories concernant l'orgasme féminin sont désormais testées grâce à de la modélisation statistique mais également abordées sous un autre angle.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
F. Laugier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
L'analyse génétique de la fonction orgasmique chez les jumeaux et les frères et sœurs ne supporte pas la théorie selon laquelle l'orgasme féminin serait un sous produit
Introduction à l'article :
Cet article, publié 6 ans après le livre de Lloyd, s'intéresse à l'orgasme femelle au sein de l'espèce humaine, plus particulièrement à la variation héréditaire existant entre l'orgasme masculin et l'orgasme féminin.
En effet, la théorie du sous-produit énoncée par Lloyd prédirait une forte corrélation entre le fonction orgasmique des frères et sœurs. En effet, la sélection ne peut agir que sur la variation héréditaire, donc pour que l'orgasme féminin soit maintenue du fait de fortes pressions de sélection exercées sur l'orgasme mâle, la variation héréditaire de l'orgasme devrait être corrélée entre les sexes. C'est ce que vont tester les auteurs dans cette étude via une approche de modélisation statistique.
Les auteurs échantillonnent dans la population finlandaise des jumeaux (monozygotes et dizygotes) et des paires de frères et soeurs âgés de 18 à 49 ans. Les participants répondent à deux questions différentes entre hommes et femmes.
La corrélation entre les réponses à ces deux questions (item) est calculée et pour chaque sexe la somme des réponses est effectuée pour donner une mesure de l'orgasme chez les hommes et les femmes. Les données sont ensuite transformées et standardisées. A chaque fois les modèles statistiques sont réalisés à la fois sur la somme des items et sur chaque item indépendamment. L'âge est considéré comme une effet fixe.
Les auteurs utilisent une approche par maximum de vraissemblance (MLE) pour déterminer la corrélation entre jumeaux et frères et soeurs ainsi que l'intervalle de confiance à 95%. Le MLE est également utiliser pour estimer la part de variation expliquer par les variances génétiques additives, génétiques non additives et résiduelles.
Grâce aux valeurs variances, les auteurs calculent une héritabilité au sens large (proportion de la variation totale représentée par tous les facteurs génétiques). Elle est de 32% chez les hommes et de 26% chez les femmes. Chez les hommes et les femmes, le reste de la variation de l'orgasme est considérée comment étant expliquée par des facteurs résiduels.
Les couples jumeaux / frères et soeurs de même sexe sont corrélés faiblement mais significativement, tandis que les couples de sexe opposé jumeaux / frères et soeurs ne sont pas corrélées significativement. Autrement dit, la variation héréditaire de l'orgasme n’est pas corrélée de manière significative entre les sexes, ce qui rend, d'après les auteurs, rend peu probable le fait que l'orgasme féminin soit maintenu uniquement par la sélection en cours sur l'orgasme masculin. Les auteurs penchent plutôt pour une fonction adaptative de l'orgasme féminin.
Les méthodes utilisées dans cet article sont clairement détaillées et rigoureuses. La façon dont les auteurs traitent de l'orgasme féminin ne semble être entachée d'aucun biais.
Cet article permet de suivre l'évolution de la controverse et notamment la façon dont le sujet est traité (par opposition aux papier publiés avant années 2000).
En effet, les différentes théories concernant l'orgasme féminin sont désormais testées grâce à de la modélisation statistique mais également abordées sous un autre angle.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.