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Cascades trophiques à Yellowstone : les 15 premières années après la ré-introduction du loup
Introduction à l'article :
Le loup Canis lupus a été ré-introduit dans le Parc de Yellowstone en 1995/1996 après 70 ans d'absence. Pendant les 70 ans d'absence du loup l'effondrement des cascades tri-trophiques (prédateurs, proies, plantes) a permis au cerf (Cervus elaphus) d'impacter fortement son habitat. Par exemple, les populations de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) ou de saule (Salix spp.) étaient généralement incapables de recruter avec succès des jeunes souches du fait de la population croissante de cerf.
La question posée dans cet article est : Comment la ré-introduction du loup a affecté le recrutement d'espèces à feuilles ligneuses ?
Expériences de l'article :
Des mesures (broutage, hauteur, croissance annuelle) sur 98 peuplements de peupliers faux-tremble (485 jeunes) étudiés en 2006 ont été réalisées pour mesurer le recrutement.
Deux "bottom-up factors" pouvant influencer le recrutement d'arbre ont été pris en compte : quantité de neige et productivité du site.
Les tendances des populations de loups, bisons et cerfs ont été résumées. Les populations de castors ont aussi été prises en compte car ces herbivores ont pu bénéficier de l'amélioration des communautés de plantes.
Une recherche bibliographique sur les changements de végétation dans le parc de Yellowstone sur les 15 dernières années a également été réalisée.
Résultats de l'article :
Entre 1995 et 2003, le nombre de loups est passé de 0 à 98, mais depuis 2003 la population a décliné. En parallèle, le nombre de cerfs est passé de plus de 15 000 a 6 100 en 2010. En 1998, 100% des peupliers faux-tremble étaient broutés mais ce pourcentage a considérablement diminué sur les 12 années suivantes. Par conséquent, la taille des peupliers faux-tremble a augmenté pour atteindre des hauteurs moyennes supérieures à la capacité de broutage des cerfs dans certains peuplements. Le nombre de colonies de castors est passé de 1 à 12 et le nombre de bisons a augmenté.
Les cerfs ont réduit leur broutage sur les sites de haute latitude du fait de la plus grande densité de prédateurs et de la neige plus profonde. D'autres effets bénéfiques de la ré-introduction du loup peuvent être cités : charognards via le plus grand nombre de carcasses, petits herbivores via la prédation des coyotes par les loups, oiseaux et ours par la diminution du broutage des buissons producteurs de baies...
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre un exemple de réensauvagement via la ré-introduction du loup. Les résultats montrent que la ré-introduction d'un prédateur peut rétablir les cascades tri-trophiques (prédateurs/proies/plantes).
La prédation par de grands prédateurs représente une force écologique puissante capable d'affecter les interactions de nombreux animaux et plantes ainsi que la structure des écosystèmes.
Cascades trophiques à Yellowstone : les 15 premières années après la ré-introduction du loup
Introduction à l'article :
Le loup Canis lupus a été ré-introduit dans le Parc de Yellowstone en 1995/1996 après 70 ans d'absence. Pendant les 70 ans d'absence du loup l'effondrement des cascades tri-trophiques (prédateurs, proies, plantes) a permis au cerf (Cervus elaphus) d'impacter fortement son habitat. Par exemple, les populations de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) ou de saule (Salix spp.) étaient généralement incapables de recruter avec succès des jeunes souches du fait de la population croissante de cerf.
La question posée dans cet article est : Comment la ré-introduction du loup a affecté le recrutement d'espèces à feuilles ligneuses ?
Des mesures (broutage, hauteur, croissance annuelle) sur 98 peuplements de peupliers faux-tremble (485 jeunes) étudiés en 2006 ont été réalisées pour mesurer le recrutement.
Deux "bottom-up factors" pouvant influencer le recrutement d'arbre ont été pris en compte : quantité de neige et productivité du site.
Les tendances des populations de loups, bisons et cerfs ont été résumées. Les populations de castors ont aussi été prises en compte car ces herbivores ont pu bénéficier de l'amélioration des communautés de plantes.
Une recherche bibliographique sur les changements de végétation dans le parc de Yellowstone sur les 15 dernières années a également été réalisée.
Entre 1995 et 2003, le nombre de loups est passé de 0 à 98, mais depuis 2003 la population a décliné. En parallèle, le nombre de cerfs est passé de plus de 15 000 a 6 100 en 2010. En 1998, 100% des peupliers faux-tremble étaient broutés mais ce pourcentage a considérablement diminué sur les 12 années suivantes. Par conséquent, la taille des peupliers faux-tremble a augmenté pour atteindre des hauteurs moyennes supérieures à la capacité de broutage des cerfs dans certains peuplements. Le nombre de colonies de castors est passé de 1 à 12 et le nombre de bisons a augmenté.
Les cerfs ont réduit leur broutage sur les sites de haute latitude du fait de la plus grande densité de prédateurs et de la neige plus profonde. D'autres effets bénéfiques de la ré-introduction du loup peuvent être cités : charognards via le plus grand nombre de carcasses, petits herbivores via la prédation des coyotes par les loups, oiseaux et ours par la diminution du broutage des buissons producteurs de baies...
Cet article montre un exemple de réensauvagement via la ré-introduction du loup. Les résultats montrent que la ré-introduction d'un prédateur peut rétablir les cascades tri-trophiques (prédateurs/proies/plantes).
La prédation par de grands prédateurs représente une force écologique puissante capable d'affecter les interactions de nombreux animaux et plantes ainsi que la structure des écosystèmes.
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