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Les vers de terre facilitent la séquestration du carbone via une amplification inégale de la stabilisation du carbone par rapport à la minéralisation
Figure :
Perte nette de carbone organique du sol dans les différents traitements de l'expérience. (Zhang et al. 2013)
Introduction à l'article :
Les vers de terre, en interagissant avec les microorganismes, peuvent affecter la séquestration du carbone dans le sol. Une méta-analyse controversée réalisée par Lubbers et al. en 2013 suggère que les vers de terre font augmenter de 33% les émissions de CO2 provenant du sol mais n'affectent pas le stock de carbone organique du sol (SCO). Cet article critique et tente de répondre à un nouveau questionnement soulevé par cette méta-analyse : Pourquoi les émissions de CO2 stimulées par les vers de terre décroissent-elles lorsque le temps de l'expérimentation augmente ?
Les auteurs suggèrent que l'augmentation des émissions de CO2 par l'activité des vers de terre pourrait être surestimée tandis que son effet sur la stabilisation du carbone pourrait être sous-estimée. Les études prises en compte dans la méta-analyse étaient en effet des études de court-terme et l'effet à long-terme des vers pourrait être différent.
Expériences de l'article :
Les expériences ont été réalisées dans des microcosmes expérimentaux en utilisant du sol forestier tamisé et homogénéisé. Trois traitements ont été réalisés. Le SCO du sol a été mesuré avant de démarrer l'expérience.
Traitement 1 : le sol a été incubé pendant 54 jours. Le SCO a été mesuré le 23ème jour et à la fin de l'expérience.
Traitement 2 : le sol a été incubé pendant 23 jours avec des vers de terre Lumbricus rubellus _ (Lu). Au bout des 23 jours le SCO a été mesuré. Les vers ont été retirés et le sol a été incubé pendant 31 jours supplémentaires avant que le SCO ne soit mesuré à nouveau.
Traitement 3 : le sol a été incubé pendant 23 jours avec des vers de terre _Amynthas agrestis (Am). Au bout des 23 jours le SCO a été mesuré. Les vers ont été retirés et le sol a été incubé pendant 31 jours supplémentaires avant que le SCO ne soit mesuré à nouveau.
Au cours de l'expérience, l'humidité a été maintenue constante.
Résultats de l'article :
Au bout des 23 jours, la diminution du SCO est plus importante dans les traitements avec les vers de terre que dans les traitements sans vers de terre. Par contre, au cours des 31 jours suivant, la diminution du SCO a continué dans le sol du traitement sans vers de terre alors que le SCO est resté stable dans les sols des traitements avec vers de terre. A la fin de l'expérience, le SCO est similaire dans les trois traitements. Les résultats sont présentés dans la figure.
Les vers de terre accélèrent la minéralisation du carbone (production de CO2 à partir du carbone organique du sol) mais ne font pas augmenter la quantité totale de carbone minéralisé. Ainsi, à court terme les vers de terre favorisent les émissions de CO2, mais à long terme ils réduisent les émissions de CO2 (figure 2). Le sol subi une modification en passant dans le tube digestif des vers de terre et ceci permet une stabilisation du carbone (et une limitation de la formation de CO2).
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article remet en cause les résultats présentés par la méta-analyse de Lubbers et al. 2013.
A court-terme les vers de terre favoriseraient les émissions de CO2 mais à long-terme ils pourraient réduire les émissions de CO2 en stabilisant le carbone dans le sol.
Remarques sur l'article :
Cet article est complexe pour quelqu'un qui ne s'y connait pas dans ce domaine comme moi.
Cet article ne prends pas en compte l'effet combiné des vers de terre et des plantes mais pose une notion très intéressante : la séquestration nette de carbone à l'échelle de l'écosystème est difficile à quantifier dans une simple expérience à court-terme. Les vers de terre interagissent avec les espèces végétales et ont une influence sur la productivité des plantes. L'activité des vers de terre améliore en effet la production primaire et fait donc augmenter la fixation du carbone par les plantes. Ainsi, les émissions de CO2 stimulées par les vers de terre peuvent être partiellement compensées ou même surcompensées par la séquestration du carbone résultant de l'assimilation de CO2 par les plantes.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
A. Duhamet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Les vers de terre facilitent la séquestration du carbone via une amplification inégale de la stabilisation du carbone par rapport à la minéralisation
Perte nette de carbone organique du sol dans les différents traitements de l'expérience. (Zhang et al. 2013)
Les vers de terre, en interagissant avec les microorganismes, peuvent affecter la séquestration du carbone dans le sol. Une méta-analyse controversée réalisée par Lubbers et al. en 2013 suggère que les vers de terre font augmenter de 33% les émissions de CO2 provenant du sol mais n'affectent pas le stock de carbone organique du sol (SCO). Cet article critique et tente de répondre à un nouveau questionnement soulevé par cette méta-analyse : Pourquoi les émissions de CO2 stimulées par les vers de terre décroissent-elles lorsque le temps de l'expérimentation augmente ?
Les auteurs suggèrent que l'augmentation des émissions de CO2 par l'activité des vers de terre pourrait être surestimée tandis que son effet sur la stabilisation du carbone pourrait être sous-estimée. Les études prises en compte dans la méta-analyse étaient en effet des études de court-terme et l'effet à long-terme des vers pourrait être différent.
Les expériences ont été réalisées dans des microcosmes expérimentaux en utilisant du sol forestier tamisé et homogénéisé. Trois traitements ont été réalisés. Le SCO du sol a été mesuré avant de démarrer l'expérience.
Traitement 1 : le sol a été incubé pendant 54 jours. Le SCO a été mesuré le 23ème jour et à la fin de l'expérience.
Traitement 2 : le sol a été incubé pendant 23 jours avec des vers de terre Lumbricus rubellus _ (Lu). Au bout des 23 jours le SCO a été mesuré. Les vers ont été retirés et le sol a été incubé pendant 31 jours supplémentaires avant que le SCO ne soit mesuré à nouveau.
Traitement 3 : le sol a été incubé pendant 23 jours avec des vers de terre _Amynthas agrestis (Am). Au bout des 23 jours le SCO a été mesuré. Les vers ont été retirés et le sol a été incubé pendant 31 jours supplémentaires avant que le SCO ne soit mesuré à nouveau.
Au cours de l'expérience, l'humidité a été maintenue constante.
Au bout des 23 jours, la diminution du SCO est plus importante dans les traitements avec les vers de terre que dans les traitements sans vers de terre. Par contre, au cours des 31 jours suivant, la diminution du SCO a continué dans le sol du traitement sans vers de terre alors que le SCO est resté stable dans les sols des traitements avec vers de terre. A la fin de l'expérience, le SCO est similaire dans les trois traitements. Les résultats sont présentés dans la figure.
Les vers de terre accélèrent la minéralisation du carbone (production de CO2 à partir du carbone organique du sol) mais ne font pas augmenter la quantité totale de carbone minéralisé. Ainsi, à court terme les vers de terre favorisent les émissions de CO2, mais à long terme ils réduisent les émissions de CO2 (figure 2). Le sol subi une modification en passant dans le tube digestif des vers de terre et ceci permet une stabilisation du carbone (et une limitation de la formation de CO2).
Cet article remet en cause les résultats présentés par la méta-analyse de Lubbers et al. 2013.
A court-terme les vers de terre favoriseraient les émissions de CO2 mais à long-terme ils pourraient réduire les émissions de CO2 en stabilisant le carbone dans le sol.
Cet article est complexe pour quelqu'un qui ne s'y connait pas dans ce domaine comme moi.
Cet article ne prends pas en compte l'effet combiné des vers de terre et des plantes mais pose une notion très intéressante : la séquestration nette de carbone à l'échelle de l'écosystème est difficile à quantifier dans une simple expérience à court-terme. Les vers de terre interagissent avec les espèces végétales et ont une influence sur la productivité des plantes. L'activité des vers de terre améliore en effet la production primaire et fait donc augmenter la fixation du carbone par les plantes. Ainsi, les émissions de CO2 stimulées par les vers de terre peuvent être partiellement compensées ou même surcompensées par la séquestration du carbone résultant de l'assimilation de CO2 par les plantes.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.