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Titre de la review :

Invasions mondiales de l'abeille domestique occidentale (Apis mellifera) et les conséquences pour la biodiversité.


Résumé de la review :

L’abeille domestique Apis mellifera a été introduite à l’échelle globale au cours des derniers siècles pour la production de miel et la pollinisation. Il a été suggéré que cette espèce non-indigène puisse être une espèce envahissante qui aurait un grand impact sur la biodiversité. Toutefois, bien que l’abeille se soit répandue dans la nature et que des populations sauvages se soient établies en Australie et dans les Amériques, les effets de l’abeille A. mellifera introduite, sur la biodiversité demeurent controversés. Dans cet article, les auteurs se sont intéressés aux cas les mieux documentés de A. mellifera et ont analysé ses effets sur la biodiversité dans les trois situations suivantes : dans les régions où d’autres sous-espèces de A. mellifera sont endémiques (Afrique, Europe et Asie occidentale), ensuite dans les régions où A. mellifera n’est pas endémique, mais où d’autres espèces d’Apis sont présentes (Asie du centre et de l’est) et enfin dans des régions où des espèces d’Apis ne sont pas endémiques (Amérique et Australie). Certaines études décrivent un impact négatif là où la concentration de A. mellifera est très importante (les ruchers) sur la survie, la fécondité et les densités de population des espèces indigènes d’abeilles. Il n’y a toutefois pas de preuve que des A. mellifera redevenues sauvages aient causé l’extinction d’espèces indigènes d’abeilles pollinisatrices, ces dernières étant leurs plus proches compétitrices. Les introductions d’abeilles ont eu et peuvent avoir encore des effets négatifs à l’intérieur du genre Apis, des effets qui interfèrent avec les activités apicoles. Bien que les invasions d’abeilles ne semblent pas avoir beaucoup d’impact sur la biodiversité des pollinisateurs indigènes, une prudence lors du transport des abeilles dans le monde est néanmoins conseillée. Il serait notamment préférable de ne pas importer d’espèces étrangères dans les écosystèmes tropicaux.

Ce que cette review apporte au débat :

En modifiant ses stratégies de reproduction et de recherche de nourriture, A. mellifera peut s’établir dans des zones tempérées, subtropicales et tropicales notamment grâce à sa capacité à réguler de manière adaptative leur comportement d’essaimage et de recherche de nourriture. Cette colonisation et introduction d’abeilles domestiques peuvent entraîner des effets négatifs avec le transport de nouveaux parasites (apiculture). Compte tenu de la capacité de colonisation des abeilles domestiques, si l’on prend l’exemple des abeilles africaines, les pollinisateurs indigènes auraient pu être éradiqués entraînant ainsi la disparition d’écosystèmes tropicaux entiers. Il est difficile de convaincre les apiculteurs de travailler avec des populations endémiques (plutôt qu'importer) et d’améliorer leur productivité grâce à la reproduction sélective. Les introductions d’espèces non natives créent un risque d'invasion et des changements irréversibles au sein de la biodiversité sauvage.

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Petrier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.