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Titre de l'article :

Ménopause chez les primates non humains : étude de comparaison avec les humains.


Figure :

Tableau relatant des changements neuronaux liés à l'anxiété et aux comportements de type dépressif chez les primates non humains atteints de ménopause naturelle ou chirurgicale.

Introduction à l'article :

La ménopause est un processus du vieillissement de la reproduction qui se manifeste par l'épuisement des follicules ovariens, la réduction des hormones ovariennes et l'augmentation de la concentration de gonadotrophines. Chez l'être humain, ce processus se produit vers 40 ans, marqué par la disparition progressive des cycles menstruels accompagnée par la fin de la capacité de reproduction, ce qui est corrélé aux modifications fonctionnelles et structurelles de l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien.
Ce processus n'est pas exclusivement réservé aux humains mais n'est pas la même chez les primates. L'histoire évolutive des hommes a montré qu'il y avait un pic de fécondité précoce qui commence à diminuer au milieu de la vingtaine, suivi d'un déclin général et d'une chute abrupte commençant vers l'âge de 35 ans. Cet âge correspond au pic de fécondité chez les macaques, restant relativement constant sur une longue période et ne se terminant abruptement que quelques années avant la mort.

Expériences de l'article :

L'article résume en deux temps les objectifs qu'ont fixé les auteurs. A l'aide des différentes expériences faites dans la littérature, ils ont rapporté les observations d'autres auteurs sur les grands singes et les macaques.
Ainsi, les études se sont concentrées sur le calendrier hormonal de menstruation de macaques (genre Macaca) mais également de chimpanzés (Pan troglodytes), de bonobos (Pan paniscus), d'orang-outans (Pongo abelii et pygmaeus) et de gorilles (Gorilla gorilla). Le but était d'observer si le cycle menstruel possédait des similitudes dans le calendrier par rapport a Homo sapiens.
Le second objectif était d'observer si la ménopause pouvait impacter les fonctions cognitives des primates (comme l'anxiété existante chez l'humain). Pour cela ils ont rassemblé les expériences faites sur des macaques (genre Macaca), où les chercheurs ont volontairement provoqué une ovariectomie pour observer des troubles du comportement chez les individus.

Résultats de l'article :

Certaines espèces de primates semblent présenter des processus assez similaires à ceux observés chez les femmes pendant la ménopause, mais il existe également des différences, telles qu'une durée de vie plus courte après la ménopause et des différences dans le calendrier des changements hormonaux pendant la transition ménopausique. Par exemple, la durée de vie après la ménopause est courte par rapport à celle des humains, car la mort arrive peu de temps après la ménopause. En revanche, les femelles primates captives peuvent présenter des cycles de vie marqués par des cycles menstruels irréguliers et allongés, des taux d’œstrogènes réduits, un espacement des naissances très long et, dans quelques cas, tels que les chimpanzés, un arrêt complet de l'ovulation. Pour le cas de l'impact de la ménopause sur le cerveau, les résultats montrent qu'en absence d’œstrogène, les fonctions cognitives sont impactées. L'anxiété est également attestée chez des primates soumis à l'ovariectomie.

Rigueur de l'article :

Les auteurs utilisent uniquement des expériences déjà effectués par d'autres auteurs (observations, expériences,etc).
Il aurait été intéressant de voir si de nouvelles expériences auraient pu impacter les résultats et les conclusions qu'ils tirent dans l'article.

Ce que cet article apporte au débat :

Les auteurs expliquent que le modèle de ménopause chez les primates serait plutôt celui à retenir que celui des humains à cause de la complexité des humains, notamment avec leur durée de vie post-reproductive très importante.
Les primates non-humains permettent de mieux comprendre plusieurs des processus intervenant au cours du vieillissement humain, tels que les changements cognitifs, les altérations cardiovasculaires et l'ostéoporose, mais également les similitudes entre les espèces à l'échelle taxonomique. L'ovariectomie a permis également de reproduire divers changements neuronaux pouvant être mis en corrélation avec les comportements dépressifs et anxieux chez les primates non-humains. Cela pourrait aider à comprendre le substrat neurobiologique des troubles émotionnels et affectifs pouvant apparaître chez les femmes ménopausées de façon naturelle ou chirurgicale.

Remarques sur l'article :

Cependant, d’un point de vue évolutif, cette étude ne démontre aucune similitude entre la sénescence de la reproduction chez les primates non-humains et la ménopause chez l’être humain.
Il s'agit plus d'une review que d'un article scientifique.
Beaucoup d'erreurs quant à l'explication des années. Ils marquent 1930s et 1950s pour parler de la trentaine et de la cinquantaine.

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Boisville.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.