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Surmonter les défis météorologiques extrêmes: colonisation assistée réussie, mais variable, d'orchidées sauvages dans le sud-ouest de la Chine
Introduction à l'article :
Des espèces migrent vers des latitudes et des altitudes plus élevés en réponse au changement climatique. Cependant, certaines voient leur capacité de dispersion limitée. La colonisation assistée est un concept de conservation qui gagne en crédibilité comme solution au problème. Cependant, ce concept a donné lieu à de nombreux débats, qui sont essentiellement philosophiques et hypothétiques au vu du peu d'essais tentés. L'espèce cible n'ayant pas évoluée avec le régime climatique stochastique du site récepteur, une des questions principales et de savoir si les espèces ciblées peuvent s'y établir et y survivre.
Dans une réserve nationale d'orchidées, la prévision de l’achèvement d'un réservoir a entraîné le déplacement des plantes en danger vers un site qui se trouve au delà de leur aire de répartition.
Cet article évalue les impacts de 2 phénomènes météorologiques extrêmes sur cette population, ainsi que les effets du stress lié à la transplantation et de l'herbivorie.
Expériences de l'article :
Le site d'étude se trouve dans un hotspot mondial d'orchidées en Chine (plus de 140 espèces). Près de 1 000 plantes ont été déplacés d'endroits propices à l'inondation à 350/400 m d'altitudes, vers un site sécurisé à moins de 30 km, mais 600 m plus haut. Les individus ont été plantés selon leur préférence puis cartographiés et étiquetés. 20 des espèces transférés (462 individus) ont été surveillés à 6 reprises; un facteur a été attribué à chaque mort (Stress, froid, sécheresse ou herbivorie).
Une aire d'élévation naturelle de chaque espèce a été définie. Ainsi la mortalité des espèces de faibles altitudes (< 900 m) a été comparé à celle des espèces de hautes altitudes (> 900 m) à l'aide du test non paramétrique de Mann-Whitney U. La différence des pourcentages de survie entre les espèces de basses altitudes et de hautes altitudes a été examiné par ANOVA. Pour finir, les différences de pourcentage de survie entre orchidées de sol et épiphytes ont également été testé par ANOVA.
Résultats de l'article :
Parmi les 20 espèces surveillées au cours de l'expérience, 14 ont été considérées comme des espèces de basses altitudes et 6 comme des espèces de hautes altitudes.
La vague de froid en 2008 a entraîné une mortalité sur 4 espèces parmi les 20. Ces espèces appartenaient aux espèces de basse altitudes. Cependant, le pourcentage de survie n'était pas différent significativement entre les espèces de basses et de hautes altitudes.
De façon générale, 9.3% des plantes sont mortes à la suite au froid, 0% du fait de la sécheresse, 9.3% en raison du stress lié à la transplantation et 2.1% suite à l'herbivorie. La mortalité due au stress ou à l’herbivorie n’était pas statistiquement différente entre les espèces de basses et de grandes altitudes.
60.4% des plantes ont survécues. Les pourcentages de survie n'étaient pas différents entre les espèces de basses et de grande altitudes, ni entre les orchidées terrestres et épiphytes (la taille de la population ne semblait pas être un facteur important).
Rigueur de l'article :
L'auteur principale de cette étude, Hong Liu, s'intéresse à la restauration de plantes rares, en particulier les orchidées en voie de disparition et dirige plusieurs projets de recherche sur la conservation et la restauration dans la région reculée du sud-ouest de la Chine où se trouve la première réserve naturelle d'orchidées, qui est le lieu d'étude de cette article. Elle enseigne par ailleurs des cours sur l'écologie de la restauration et l'écologie des espèces envahissantes. Ainsi, on peut imaginer qu'elle a les compétence requise pour écrire un tel article. Ce dernier a été publié par le journal Biological conservation (IF de 3.794 en 2012) et a été cité 37 fois (Google Scholar). De façon générale, les propos qui y sont énoncés ainsi que les analyses réalisées semblent pertinents.
Ce que cet article apporte au débat :
Cette article apporte des données biologiques au débat, sur la question de survie des espèces ciblées dans leur nouvel environnement. Données qui sont rares aux vus du peu d'études mettant en pratique une colonisation assistée.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
L. Boegly.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Surmonter les défis météorologiques extrêmes: colonisation assistée réussie, mais variable, d'orchidées sauvages dans le sud-ouest de la Chine
Introduction à l'article :
Des espèces migrent vers des latitudes et des altitudes plus élevés en réponse au changement climatique. Cependant, certaines voient leur capacité de dispersion limitée. La colonisation assistée est un concept de conservation qui gagne en crédibilité comme solution au problème. Cependant, ce concept a donné lieu à de nombreux débats, qui sont essentiellement philosophiques et hypothétiques au vu du peu d'essais tentés. L'espèce cible n'ayant pas évoluée avec le régime climatique stochastique du site récepteur, une des questions principales et de savoir si les espèces ciblées peuvent s'y établir et y survivre.
Dans une réserve nationale d'orchidées, la prévision de l’achèvement d'un réservoir a entraîné le déplacement des plantes en danger vers un site qui se trouve au delà de leur aire de répartition.
Cet article évalue les impacts de 2 phénomènes météorologiques extrêmes sur cette population, ainsi que les effets du stress lié à la transplantation et de l'herbivorie.
Le site d'étude se trouve dans un hotspot mondial d'orchidées en Chine (plus de 140 espèces). Près de 1 000 plantes ont été déplacés d'endroits propices à l'inondation à 350/400 m d'altitudes, vers un site sécurisé à moins de 30 km, mais 600 m plus haut. Les individus ont été plantés selon leur préférence puis cartographiés et étiquetés. 20 des espèces transférés (462 individus) ont été surveillés à 6 reprises; un facteur a été attribué à chaque mort (Stress, froid, sécheresse ou herbivorie).
Une aire d'élévation naturelle de chaque espèce a été définie. Ainsi la mortalité des espèces de faibles altitudes (< 900 m) a été comparé à celle des espèces de hautes altitudes (> 900 m) à l'aide du test non paramétrique de Mann-Whitney U. La différence des pourcentages de survie entre les espèces de basses altitudes et de hautes altitudes a été examiné par ANOVA. Pour finir, les différences de pourcentage de survie entre orchidées de sol et épiphytes ont également été testé par ANOVA.
Parmi les 20 espèces surveillées au cours de l'expérience, 14 ont été considérées comme des espèces de basses altitudes et 6 comme des espèces de hautes altitudes.
La vague de froid en 2008 a entraîné une mortalité sur 4 espèces parmi les 20. Ces espèces appartenaient aux espèces de basse altitudes. Cependant, le pourcentage de survie n'était pas différent significativement entre les espèces de basses et de hautes altitudes.
De façon générale, 9.3% des plantes sont mortes à la suite au froid, 0% du fait de la sécheresse, 9.3% en raison du stress lié à la transplantation et 2.1% suite à l'herbivorie. La mortalité due au stress ou à l’herbivorie n’était pas statistiquement différente entre les espèces de basses et de grandes altitudes.
60.4% des plantes ont survécues. Les pourcentages de survie n'étaient pas différents entre les espèces de basses et de grande altitudes, ni entre les orchidées terrestres et épiphytes (la taille de la population ne semblait pas être un facteur important).
L'auteur principale de cette étude, Hong Liu, s'intéresse à la restauration de plantes rares, en particulier les orchidées en voie de disparition et dirige plusieurs projets de recherche sur la conservation et la restauration dans la région reculée du sud-ouest de la Chine où se trouve la première réserve naturelle d'orchidées, qui est le lieu d'étude de cette article. Elle enseigne par ailleurs des cours sur l'écologie de la restauration et l'écologie des espèces envahissantes. Ainsi, on peut imaginer qu'elle a les compétence requise pour écrire un tel article. Ce dernier a été publié par le journal Biological conservation (IF de 3.794 en 2012) et a été cité 37 fois (Google Scholar). De façon générale, les propos qui y sont énoncés ainsi que les analyses réalisées semblent pertinents.
Cette article apporte des données biologiques au débat, sur la question de survie des espèces ciblées dans leur nouvel environnement. Données qui sont rares aux vus du peu d'études mettant en pratique une colonisation assistée.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.