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Le taux d'orgasme femelle augmente avec la domination mâle chez les macaques japonais
Introduction à l'article :
L'orgasme femelle est étudié de manière générale chez les primates. Certaines études publiées entre les années 60 et 90 s'attachent à prouver qu'un orgasme femelle s'observe chez les primates non-humains (macaques et babouins notamment). Ces études mettent en avant une importante variabilité de fréquence d'orgasme entre femelles d'une même espèce. Chez les primates non-humains, l'orgasme femelle est généralement défini comme une réaction de prise associée à des spasmes musculaires du corps et, parfois, à des vocalisations caractéristiques.
Cette étude s'intéresse aux causes de l'orgasme chez un espèce de macaques (Macaca fuscata), mais également a son évolution.
Expériences de l'article :
L'étude s'intéresse à une population de 56 singes adultes (24 mâles et 32 femelles) vivant dans un zoo. 238 h d'observations sont effectuées et pour chaque copulation, l'observateur enregistre le temps entre la première et la dernière montée, le nombre de montées, le nombre de poussées au cours de chaque montée et la présence ou non d'éjaculation et de réaction d'accrochage de la femelle (caractéristique de l'orgasme). Le rang de dominance des mâles et des femelles est déterminé à partir d’analyses des victoires et des défaites lors de rencontres agressives et d’approches / retraites.
Les analyses statistiques sont des corrélations univariées, une analyse de régression par étapes, un test t de Student, un test du khi-deux, une ANOVA unidirectionnelle et une ANCOVA unidirectionnelle suivies des tests post-hoc de Scheffe post-hoc.
Résultats de l'article :
La fréquence des orgasmes femelles est corrélée positivement avec la durée de la copulation et le nombre de montée. Il existe des différences significatives de fréquences d'orgasme femelle entre les paires impliquant des partenaires de rangs de dominance différents et les autres paires. Le pourcentage d'orgasme femelle est plus élevé lorsque le mâle est de rang supérieur à la femelle.
D'après les auteurs, les mécanismes contrôlant l'orgasme chez les macaques femelles sont plus sensibles aux stimuli sociaux et peu limités par des contraintes physiologiques.
Pour eux, ces résultats fournissent une preuve que l'orgasme femelle primate est une adaptation dont la fonction évolutive est le choix sélectif du partenaire. Les primates non humains femelles préfèrent s'accoupler avec des mâles dominants, l'orgasme copulatoire femelle pourrait refléter un mécanisme de récompense psy-chophysiologique permettant de renforcer une telle préférence.
Rigueur de l'article :
Les méthodes d'observations concernant le comportement des macaques sont bien détaillées de même que les méthodes statistiques.
L'étude se base cependant sur une hypothèse forte qui est que la réaction d'accrochage/prise de la femelle macaque correspond à un orgasme. Ce point est mentionné par les auteurs dans la discussion de l'article : "we used the frequency of clutching reactions as a measure of the occurrence of copulatory female orgasm. In fact, there is no conclusive evidence that the clutching reaction of female macaques corresponds to a subjective experience of orgasm homologous with the sexual climax of women."
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article est un de ceux traitant de l'orgasme femelle chez des primates non humains et permet de visualiser la controverse dans son ensemble. En effet, celle-ci s'étant à tout le groupe de primates et ne se limite pas simplement au cas de l'humain. Cet article permet soulève ainsi d'autres questions, à savoir est-ce qu'il existe réellement un orgasme chez les primates non humains et si tel est le cas, est-ce comparable à l'orgasme féminin ? Est-ce que l'orgasme femelle chez les primates non humains évolue de la même façon que l'orgasme femelle chez les primates humains ?
Publiée il y a plus de 6 ans
par
F. Laugier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Le taux d'orgasme femelle augmente avec la domination mâle chez les macaques japonais
Introduction à l'article :
L'orgasme femelle est étudié de manière générale chez les primates. Certaines études publiées entre les années 60 et 90 s'attachent à prouver qu'un orgasme femelle s'observe chez les primates non-humains (macaques et babouins notamment). Ces études mettent en avant une importante variabilité de fréquence d'orgasme entre femelles d'une même espèce. Chez les primates non-humains, l'orgasme femelle est généralement défini comme une réaction de prise associée à des spasmes musculaires du corps et, parfois, à des vocalisations caractéristiques.
Cette étude s'intéresse aux causes de l'orgasme chez un espèce de macaques (Macaca fuscata), mais également a son évolution.
L'étude s'intéresse à une population de 56 singes adultes (24 mâles et 32 femelles) vivant dans un zoo. 238 h d'observations sont effectuées et pour chaque copulation, l'observateur enregistre le temps entre la première et la dernière montée, le nombre de montées, le nombre de poussées au cours de chaque montée et la présence ou non d'éjaculation et de réaction d'accrochage de la femelle (caractéristique de l'orgasme). Le rang de dominance des mâles et des femelles est déterminé à partir d’analyses des victoires et des défaites lors de rencontres agressives et d’approches / retraites.
Les analyses statistiques sont des corrélations univariées, une analyse de régression par étapes, un test t de Student, un test du khi-deux, une ANOVA unidirectionnelle et une ANCOVA unidirectionnelle suivies des tests post-hoc de Scheffe post-hoc.
La fréquence des orgasmes femelles est corrélée positivement avec la durée de la copulation et le nombre de montée. Il existe des différences significatives de fréquences d'orgasme femelle entre les paires impliquant des partenaires de rangs de dominance différents et les autres paires. Le pourcentage d'orgasme femelle est plus élevé lorsque le mâle est de rang supérieur à la femelle.
D'après les auteurs, les mécanismes contrôlant l'orgasme chez les macaques femelles sont plus sensibles aux stimuli sociaux et peu limités par des contraintes physiologiques.
Pour eux, ces résultats fournissent une preuve que l'orgasme femelle primate est une adaptation dont la fonction évolutive est le choix sélectif du partenaire. Les primates non humains femelles préfèrent s'accoupler avec des mâles dominants, l'orgasme copulatoire femelle pourrait refléter un mécanisme de récompense psy-chophysiologique permettant de renforcer une telle préférence.
Les méthodes d'observations concernant le comportement des macaques sont bien détaillées de même que les méthodes statistiques.
L'étude se base cependant sur une hypothèse forte qui est que la réaction d'accrochage/prise de la femelle macaque correspond à un orgasme. Ce point est mentionné par les auteurs dans la discussion de l'article : "we used the frequency of clutching reactions as a measure of the occurrence of copulatory female orgasm. In fact, there is no conclusive evidence that the clutching reaction of female macaques corresponds to a subjective experience of orgasm homologous with the sexual climax of women."
Cet article est un de ceux traitant de l'orgasme femelle chez des primates non humains et permet de visualiser la controverse dans son ensemble. En effet, celle-ci s'étant à tout le groupe de primates et ne se limite pas simplement au cas de l'humain. Cet article permet soulève ainsi d'autres questions, à savoir est-ce qu'il existe réellement un orgasme chez les primates non humains et si tel est le cas, est-ce comparable à l'orgasme féminin ? Est-ce que l'orgasme femelle chez les primates non humains évolue de la même façon que l'orgasme femelle chez les primates humains ?
Dernière modification il y a plus de 6 ans.