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Titre de la review :

Le cas de l'orgasme féminin: Biais en science de l'évolution. (Reviewed by David A. Puts)


Résumé de la review :

Cette revue répond au livre de Lloyd publié un an plus tôt. Puts défend l'hypothèse de la compétition spermatique pour expliquer l'évolution de l'orgasme femelle.

Dans la première partie de la revue, Puts critique la définition d'adaptation donnée par Lloyd dans son livre et donne celle qui lui semble être la plus juste. Pour lui, la définition donnée par Lloyd correspond aux conditions montrant que la sélection d'un trait est en cours et non pas montrer que la sélection a façonné le trait au cours de l'histoire évolutive de l'espèce. Selon Puts il est difficile de montrer qu'une forme de trait est une adaptation. Pour parvenir à le faire il faut effectuer une comparaison interspécifique. Si une hypothèse adaptative concernant un trait d'une espèce est correcte, les autres espèces possédant des traits similaires devraient avoir rencontré des "problèmes" d'adaptation similaires au cours de leur évolution.

Dans la suite de sa revue Puts adopte la même démarche afin de définir ce qui permet de mettre en avant un sous-produit. Pour lui, le développement partagé avec une adaptation (mis en avant par Lloyd) ne suffit pas pour conclure qu'un trait est un sous-produit. En effet, il faut que le trait sous produit soit lié au développement de ce même trait étant une adaptation chez le sexe opposé. Il faut également le sous-produit soit réduit par rapport à l'adaptation correspondante chez le sexe opposé, il doit être vestigial.

Puts s'attaque ensuite à la définition de l'orgasme femelle de Lloyd. Pour lui, elle manque d'une dimension psychologique qui est essentielle car l'aspect psychologique et physiologique peuvent avoir des fonctions différentes.

Selon Puts, un lien actuel entre l'orgasme femelle et le succès de reproduction n'est pas nécessaire pour prouver que ce trait soit une adaptation. En effet, si l'orgasme femelle est une adaptation, il doit avoir augmenté le succès reproducteur au cours de son évolution de l'espèce (humaine ici).
Il compare alors les différentes prédictions faites par les 3 principales théories : celle du "pair-bond", de la compétition spermatique et celle du sous produit.
Pour Puts c'est l'hypothèse de la compétition spermatique qui est la bonne pour expliquer l'évolution de l'orgasme femelle chez l'humain. Selon cette hypothèse, l'orgasme femelle permettrait de favoriser la fécondation par des mâles ayant "une bonne qualité génétique" dans le cas où plusieurs mâles s'accouplent avec la même femelle. Les contractions utérines ayant lieu à la suite de l'orgasme permettrait la rétention de sperme favorisant la fécondation.
L'aspect psychologique de l'orgasme femelle, soit le sentiment agréable déclencher à la suite de l’orgasme augmenterait la probabilité que les femelles s'accouplent à nouveau avec le même mâle. Cette copulation répétée semblerait faciliter la fécondation de certains mâles, ce qui selon Puts confirme l'hypothèse de compétition spermatique.

En conclusion, d'après cette revue l'hypothèse de la compétition spermatique explique le mieux les aspects physiologiques et psychologiques de l'orgasme femelle (chez l'humain), ainsi que la prédiction de sa variabilité et de sa distribution interspécifique.

Rigueur de la review :

Cette revue est rigoureuse, Puts s'appuie sur différentes références pour soutenir son propos.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette revue constitue une réponse intéressante au livre de Lloyd, et permet d'illustrer la théorie de la compétition spermatique qui est une des théories tentant de prouver que l'orgasme femelle est une adaptation.

Publiée il y a plus de 6 ans par F. Laugier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.