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Titre de l'article :

Evolution de la dépression de consanguinité et du système d'appariement dans de petites populations résiduelles de Primula vulgaris : les conséquences pour le sauvetage génétique.


Figure :

Valeur sélective cumulative moyenne pour les morhpes pins (a) (n = 27-32) et thrums (b) (n = 30-32), pour chacun des traitements : entre fleurs d'un même individu (MSP), entre indivdus d'une même population et d'une même famille (WF), entre individus d'une même population mais de familles différentes (WP), et entre populations (BP). Les barres d'erreur représentent l'erreur standard.

Source : Henrick Barmento et al, 2017.

Introduction à l'article :

La fragmentation des habitats par l'humain favorise la diminution des tailles de populations et leur isolation, les rendant plus prones à la fixation d’allèles délétères par dérive et enclines à de l'inbreeding. Chez les plantes auto-incompatibles (S-allele) ce phénomène est accentué quand le S-allele disparaît. L’inbreeding résulte en un homozygocité élevée et donc à une dépression de consanguinité. Ainsi, l’extinction d’une population et par extension d’une espèce est favorisée. L’effet “sauvetage génétique” par l’introduction de nouveaux allèles dans une petite population se place comme solution satisfaisante pour augmenter sa diversité génétique et donc sa viabilité. Mais on observe des réductions de la valeur sélective suite à l'introduction de nouveaux allèles : La dépression hybride. L'article évalue les performances de la première génération issue de l'hybridation dans le but d'évaluer la dépression de consanguinité et la dépression hybride.

Expériences de l'article :

Analyse de valeur sélective

  • Établissement de 3 populations expérimentales (Geelbroek, Gasteren, ElxGa) cultivées sous serre puis plantées en extérieur à partir de 3 populations sauvages (Geelbroek, Gasteren, Eldersloo).
  • Sélection aléatoire de 8 individus de chaque morphe dans chaque population.
  • Réalisation de différents croisements : entre fleurs d'un même individu (MSP), entre indivdus d'une même population et d'une même famille (WF), entre individus d'une même population mais de familles différentes (WP), et entre populations (BP).
  • Après pollinisation manuelle : comptage du nombre de graines par fruits, évaluation du poids moyen des graines par fruit, ainsi que d'autres paramètres dans le but d'établir une valeur sélective cumulative.

Analyse ADN

  • Extraction de l'ADN de 138 individus au total issus des populations sauvages et cultivées sous serre.
Résultats de l'article :

Les auteurs ont observé une dépression d’hybridation significative dans la population expérimentale ElxGa puisque la valeur sélective cumulative était moins élevée dans les croisements BP que dans les croisements WP. Cette baisse de valeur sélective n’a pas été observée pour les autres populations (le “pourquoi” de ce résultat est discuté dans l’article). Cependant, c’est cette même population qui montrait la valeur sélective cumulative la plus élevée de toutes les populations et ce pour tous les traitements.

Rigueur de l'article :

Cet article semble tout à fait rigoureux. Il manque cependant de clarté dans le protocole, et quelques incohérences peuvent être relevées, notamment le fait de justifier le croisement de la population Eldersloo avec une autre population par le fait que puisque la populatio Eldersloo ne produisait qu'un morphe, il était impossible d'avoir des graines de cette population, alors que le protocole nous présente plus tard des croisements entre mêmes morphes.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article apporte une preuve de la possibilité de la dépression d'hybridation suite à l'introduction de nouveaux gènes dans une population. Il balance cependant l'importance de cette dépression d'hybridation avec le fait que même si une dépression d'hybridation est observée, la valeur sélective reste quand même plus élevée dans la population ElxGal, qui est une population hybride.

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Di liegro.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.