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Influence des nématodes et des vers de terre sur les émissions de gaz à effets de serre CO2 et N2O
Introduction à l'article :
La contribution directe de la faune du sol dans la décomposition de la matière organique et la minéralisation des nutriments est faible comparée à celle des microorganismes. Cependant, la faune du sol, dont les nématodes et les vers de terre font partie, peut de part son activité modifier la densité, la diversité et la structure du microbiote du sol en exerçant notamment une pression de prédation (des nématodes se nourrissent de bactéries) et en modifiant des propriétés physico-chimiques du sol. Théoriquement, puisque les vers de terre et les nématodes peuvent affecter les communautés de microorganismes décomposeurs, ils sont considérés comme des facteurs pouvant affecter les émissions de CO2 et de N2O. Les auteurs se sont ainsi intéressés à évaluer l'impact des nématodes sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) du sol ainsi que l'impact combiné de l'activité des nématodes et des vers de terre.
Expériences de l'article :
Les expériences ont été réalisées en microcosme pour évaluer l'impact des nématodes et des vers de terre sur les émissions de GES CO2 et N2O. Un sol sableux alluvionnaire a été collecté. L'abondance en nématodes a été mesurée, et la macrofaune a été retirée. Un protocole permettant d'augmenter ou diminuer la quantité de nématodes dans le sol prélevé a été réalisé. Les vers de terre épigé Eisenia foetida ont été utilisés.
5 traitements ont été réalisés (80 g de terre dans chaque microcosme) :
Sans nématodes
Dense population de nématodes (45 individus/g de sol) sans vers de terre
Dense population de nématodes + 2 vers de terre
Faible population de nématodes (15 individus/g de sol) sans vers de terre
Faible population de nématodes + 2 vers de terre
5 réplicats sont réalisés pour chaque traitement (soit 25 microcosmes).
Les émissions de GES ont été déterminées en mesurant 1 fois tous les 2 jours pendant 15 jours les concentrations en CO2 et N2O grâce à un chromatographe en phase gazeuse.
Résultats de l'article :
Les émissions de gaz à effets de serre sont plus importantes lorsque les populations de nématodes et de vers de terre sont plus grandes.
Les émissions de CO2 et de N2O sont respectivement 4,3 et 1,8 fois plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes par rapport à celui sans nématodes.
Les émissions de CO2 et de N2O sont respectivement 5,2 et 2,7 fois plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes + vers de terre.
Les émissions de CO2 et de N2O sont respectivement 19% et 21% plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes comparé au traitement avec une faible population de nématodes.
Les émissions de CO2 et de N2O est respectivement 12% et 27% plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes + vers de terre comparé au traitement avec une faible population de nématodes + vers de terres.
Une corrélation positive entre les émissions de CO2 et de N2O a été constatée.
Rigueur de l'article :
La méthode est bien expliquée et me semble rigoureuse.
Cependant, tout comme dans de nombreuses autres études et comme l'indiquent les auteurs eux-même dans la partie discussion de l'article, le système de microcosme utilisé est trop simple comparé à la réalité : les communautés réelles de faune du sol sont composées d'une plus importante diversité d'espèces et ont une structure plus complexe. Une seule espèce de vers de terre épigés a été étudiée et l'influence des vers de terre des catégories écologiques endogés et anéciques n'est pas considérée. De plus, il s'agit d'une étude à court terme et les expériences ont étaient réalisées sur un seul type de sol (sol alluvionnaire sableux). Pour ces raisons, les résultats sont à prendre avec précaution et il ne faut pas les généraliser. Les auteurs suggèrent de réaliser de nouvelles études dont des études de terrain à long terme pour mieux connaître le rôle des microorganismes et de la faune du sol dans les émissions de gaz à effets de serre.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article soutient que l'activité des nématodes et l'effet combiné des nématodes et des vers de terre font augmenter les émissions de gaz à effets de serre du sol CO2 et N2O.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
A. Duhamet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Influence des nématodes et des vers de terre sur les émissions de gaz à effets de serre CO2 et N2O
Introduction à l'article :
La contribution directe de la faune du sol dans la décomposition de la matière organique et la minéralisation des nutriments est faible comparée à celle des microorganismes. Cependant, la faune du sol, dont les nématodes et les vers de terre font partie, peut de part son activité modifier la densité, la diversité et la structure du microbiote du sol en exerçant notamment une pression de prédation (des nématodes se nourrissent de bactéries) et en modifiant des propriétés physico-chimiques du sol. Théoriquement, puisque les vers de terre et les nématodes peuvent affecter les communautés de microorganismes décomposeurs, ils sont considérés comme des facteurs pouvant affecter les émissions de CO2 et de N2O. Les auteurs se sont ainsi intéressés à évaluer l'impact des nématodes sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) du sol ainsi que l'impact combiné de l'activité des nématodes et des vers de terre.
Les expériences ont été réalisées en microcosme pour évaluer l'impact des nématodes et des vers de terre sur les émissions de GES CO2 et N2O. Un sol sableux alluvionnaire a été collecté. L'abondance en nématodes a été mesurée, et la macrofaune a été retirée. Un protocole permettant d'augmenter ou diminuer la quantité de nématodes dans le sol prélevé a été réalisé. Les vers de terre épigé Eisenia foetida ont été utilisés.
5 traitements ont été réalisés (80 g de terre dans chaque microcosme) :
Les émissions de gaz à effets de serre sont plus importantes lorsque les populations de nématodes et de vers de terre sont plus grandes.
Les émissions de CO2 et de N2O sont respectivement 4,3 et 1,8 fois plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes par rapport à celui sans nématodes.
Les émissions de CO2 et de N2O sont respectivement 5,2 et 2,7 fois plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes + vers de terre.
Les émissions de CO2 et de N2O sont respectivement 19% et 21% plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes comparé au traitement avec une faible population de nématodes.
Les émissions de CO2 et de N2O est respectivement 12% et 27% plus importantes dans le traitement avec une dense population de nématodes + vers de terre comparé au traitement avec une faible population de nématodes + vers de terres.
Une corrélation positive entre les émissions de CO2 et de N2O a été constatée.
La méthode est bien expliquée et me semble rigoureuse.
Cependant, tout comme dans de nombreuses autres études et comme l'indiquent les auteurs eux-même dans la partie discussion de l'article, le système de microcosme utilisé est trop simple comparé à la réalité : les communautés réelles de faune du sol sont composées d'une plus importante diversité d'espèces et ont une structure plus complexe. Une seule espèce de vers de terre épigés a été étudiée et l'influence des vers de terre des catégories écologiques endogés et anéciques n'est pas considérée. De plus, il s'agit d'une étude à court terme et les expériences ont étaient réalisées sur un seul type de sol (sol alluvionnaire sableux). Pour ces raisons, les résultats sont à prendre avec précaution et il ne faut pas les généraliser. Les auteurs suggèrent de réaliser de nouvelles études dont des études de terrain à long terme pour mieux connaître le rôle des microorganismes et de la faune du sol dans les émissions de gaz à effets de serre.
Cet article soutient que l'activité des nématodes et l'effet combiné des nématodes et des vers de terre font augmenter les émissions de gaz à effets de serre du sol CO2 et N2O.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.