ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review :

Origine, fonction et effets de l'orgasme femelle : trois notions différentes.


Résumé de la review :

Cette revue a été écrite par Gunter P. Wagner et Mihaela Pavlicev suite à un commentaire sur leur précédente revue (The Evolutionary Origin of Female Orgasm) de Barry Komisaruk travaillant entre autres sur la physiologie de l'orgasme femelle. Le commentaire critiquait des conclusions trop hâtives notamment à cause d'une mauvaise définition de l'orgasme et d'un manque de précision lors de l'analyse anatomique.
Selon Wagner et Pavlicev, cette mauvaise compréhension vient avant tout d'une mauvaise communication entre la recherche évolutive et la recherche en physiologie cherchant à montrer la fonction de l'orgasme femelle comme preuve d'une adaptation.
En premier temps les auteurs ont discuté les arguments apportés par Komisaruk qui semblaient montrer que l'orgasme femelle aurait une fonction chez l'Homme par la mise en évidence de biais dans les études évoquées ou par l'évocation d'autres papiers énonçant le contraire. L'adaptationisme, recherche axée sur la mise en évidence de l'avantage d'un trait pour en expliquer son évolution, est critiquée par le fait que cela ne permet pas de mettre en évidence le caractère non adaptatif de certains traits. Cela justifie leur approche par recherche d'homologie qu'ils ont pu effectuer dans leur revue précédente. Ceci explique également pourquoi ils ne se sont intéressés qu'à une partie de la définition de l'organe femelle (pic hormonal) car sans cela il aurait été impossible de trouver des réactions homologues dans des organismes éloignés. L'exemple de l'histoire évolutive des membres avant est évoquée car elle n'est possible que si l'on considère que les membres avant ne sont pas identiques chez tous les organismes (nageoire chez la baleine, ailes chez les oiseaux ou pattes chez les singes).
Est critiqué également le fait que les auteurs n'ont pas été assez précis dans leur analyse anatomique du sexe femelle avec notamment le fait que chez l'Homme, une partie interne du clitoris est située à proximité du canal vaginal et peut également être stimulée lors du rapport hétérosexuel. La réponse apportée est que bien que cela existe, il y a bien eu lors de l'évolution une augmentation de la distance entre le gland du clitoris externe et le canal vaginal pendant l'apparition de l'ovulation spontanée, ce qui représente un indice mais qui nécessite des études plus poussées de l'évolution de la biologie reproductive femelle.

Rigueur de la review :

Cette revue n'est pas sans conflit d’intérêt puisqu'elle est directement adressée à l'auteur du commentaire négatif sur l'étude précédente de Wagner et Pavlicev. Leur travail a été critiqué et le but est ici uniquement de se défendre en justifiant les points critiqués.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette revue permet de mieux comprendre la démarche évolutive qu'ont eu les deux auteurs dans leur étude précédente et de montrer que le fait qu'il s'agissait d'un avantage évolutif ancestral n'est pas forcément contradictoire avec le fait que l'orgasme femelle pourrait avoir acquis un rôle secondaire après l'évolution de l'ovulation spontanée.

Remarques sur la review :

Il s'agit d'avantage d'un partage d'opinion personnelle sur le fonctionnement des études évolutive qu'une étude traitant uniquement d'articles référencés. Ce point de vue est cependant très intéressant car montre les difficultés de communication entre des parts différentes de la recherche.

Publiée il y a plus de 6 ans par Félix.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.