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Développement de la nature à grande échelle - Oostvaardersplassen
Résumé de la review :
Eu Europe, l’agriculture intensive a conduit à la disparition de nombreuses espèces. Ces pertes ne semblaient pas préoccuper les « défenseurs de la nature » qui protégeaient les paysages culturels qui ont causé ces disparitions. Cette tendance peut être du au fait que chaque nouvelle génération utilise comme référence pour ce qui est « naturel » ce qu’elle a connu quand elle était jeune ( « shifting baseline syndrome » ).
Au début du 20ème siècle, on pensait qu’une forêt avec la canopée fermée était la référence d'une nature non perturbée. Or à ce moment, il était bien connu que les grands ongulés comme le bétail et les cerfs pouvaient empêcher la régénération des forêts et les changer en prairie. Ils étaient donc considérés comme des menaces.
Les Aurochs (vivant en Europe), ancêtres du bétail, dont on a longtemps pensé qu'ils avaient disparus au Pléistocène, se sont éteints au 17ème siècle. Les chevaux, vivant dans des prairies ouvertes, n’étaient par conséquent pas considérés comme indigènes. Mais la paléontologie a révélé que les aurochs et les tarpans étaient présents en Europe avant le début de l’agriculture, une période où on pensait l’Europe recouverte de foret.
Aux Pays-Bas, la réserve de Oostvaardersplassen OVP créée en 1968 lors de la récupération d'un polder, a changé la vision selon laquelle la végétation forestière était l'état naturel des écosystèmes d'Europe et que les grands ongulés étaient une menace. Cette réserve, constituée de marais, de prairies ouvertes humides et sèches, a permis de révéler la résilience de la nature et a démontré une base de référence pour un écosystème plus riche en espèces et auto régulé. Elle a permis le retour de nombreuses espèces d’oiseaux devenus rares dans le pays. Le broutage des oies cendrées a entraîné la formation de patchs d’eau libres (autrefois considérée comme de la gestion humaine) et de végétations de marais, ce qui a profité a de nombreuses autres espèces animales et végétales. Le fait que de grands oiseaux herbivores dirigent les successions végétales a causé un changement dans la pensée sur le potentiel de création de conditions où les écosystèmes peuvent fonctionner naturellement.
Les oies cendrées avaient également besoin de prairies ouvertes sur des terres sèches adjacentes aux marais pour se rassembler avant et après la mue, sans cela elles ne pourraient pas ensuite créer les différents patchs et de nombreuses espèces animales et végétales disparaîtraient. Pour développer et maintenir ces prairies, Vera a proposé d’introduire de grands herbivores. Il a choisi des substituts des Aurochs et des Tarpan : les bovins Heck et les poneys Konik.
Les bovins et les poneys vivent dans la réserve naturelle toute l'année. En hiver, une partie de la population meurt par manque de nourriture, ce qui provoque un sous-pâturage au printemps et à l’été suivants. Certaines zones sont pas ou moins pâturées, elles se transforment en herbes longues et herbacées qui profitent aux souris et aux oiseaux qui les mangent. D’autres herbivores présents dans la réserve, les cerfs et les wapitis, se nourrissaient sur d’autres types de végétaux. Ainsi, les mangeurs d’herbes favorisaient l’établissement d’arbres et d’arbustes, alors que le régime mixte des cerfs qui se nourrissent aussi d’écorce d’arbre ralentissait cet effet. Ces différentes stratégies ont permis de balancer le système et d’empêcher tout type de végétation de devenir dominant, permettant ainsi à une large gamme d’espèces sauvages de perdurer dans le milieu. La densité des ongulés est autorégulée par la quantité de nourriture. Le bien-être des animaux, qui maigrissaient et mourraient en hiver, a été questionné, mais le but était de ne pas intervenir car ces animaux étaient « sauvage » et l’écosystème devaient fonctionner de lui-même. Les carcasses des animaux morts ont permis le retour d’oiseaux charognards comme le vautour.
Rigueur de la review :
L'auteur de la Review, a été très impliqué dans le projet de développement de l'OVP.
Ce que cette review apporte au débat :
La réserve OVP met ici en évidence le fait de développer des régions fonctionnant naturellement, sans intervention humaine, où les processus naturels ont une chance d’évoluer. Cela implique que nous devrons apprendre à coexister avec des animaux véritablement sauvage, et a accepter que leur état se détériore périodiquement durant l’hiver du au manque de nourriture, si nous voulons voir renaître une nature sans entrave et plus sauvage.
OVP est donc un projet de rewilding qui a permis de considérablement augmenter la biodiversité e l'écosystème. La ré-introduction de quelques grands herbivores, avec des alimentations légèrement différentes, a permis à l'écosystème de s'auto réguler et de fonctionner naturellement, en créant des paysages adaptés aux exigences de nombreuses espèces.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
M. Raynaud.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Développement de la nature à grande échelle - Oostvaardersplassen
Résumé de la review :
Eu Europe, l’agriculture intensive a conduit à la disparition de nombreuses espèces. Ces pertes ne semblaient pas préoccuper les « défenseurs de la nature » qui protégeaient les paysages culturels qui ont causé ces disparitions. Cette tendance peut être du au fait que chaque nouvelle génération utilise comme référence pour ce qui est « naturel » ce qu’elle a connu quand elle était jeune ( « shifting baseline syndrome » ).
Au début du 20ème siècle, on pensait qu’une forêt avec la canopée fermée était la référence d'une nature non perturbée. Or à ce moment, il était bien connu que les grands ongulés comme le bétail et les cerfs pouvaient empêcher la régénération des forêts et les changer en prairie. Ils étaient donc considérés comme des menaces.
Les Aurochs (vivant en Europe), ancêtres du bétail, dont on a longtemps pensé qu'ils avaient disparus au Pléistocène, se sont éteints au 17ème siècle. Les chevaux, vivant dans des prairies ouvertes, n’étaient par conséquent pas considérés comme indigènes. Mais la paléontologie a révélé que les aurochs et les tarpans étaient présents en Europe avant le début de l’agriculture, une période où on pensait l’Europe recouverte de foret.
Aux Pays-Bas, la réserve de Oostvaardersplassen OVP créée en 1968 lors de la récupération d'un polder, a changé la vision selon laquelle la végétation forestière était l'état naturel des écosystèmes d'Europe et que les grands ongulés étaient une menace. Cette réserve, constituée de marais, de prairies ouvertes humides et sèches, a permis de révéler la résilience de la nature et a démontré une base de référence pour un écosystème plus riche en espèces et auto régulé. Elle a permis le retour de nombreuses espèces d’oiseaux devenus rares dans le pays. Le broutage des oies cendrées a entraîné la formation de patchs d’eau libres (autrefois considérée comme de la gestion humaine) et de végétations de marais, ce qui a profité a de nombreuses autres espèces animales et végétales. Le fait que de grands oiseaux herbivores dirigent les successions végétales a causé un changement dans la pensée sur le potentiel de création de conditions où les écosystèmes peuvent fonctionner naturellement.
Les oies cendrées avaient également besoin de prairies ouvertes sur des terres sèches adjacentes aux marais pour se rassembler avant et après la mue, sans cela elles ne pourraient pas ensuite créer les différents patchs et de nombreuses espèces animales et végétales disparaîtraient. Pour développer et maintenir ces prairies, Vera a proposé d’introduire de grands herbivores. Il a choisi des substituts des Aurochs et des Tarpan : les bovins Heck et les poneys Konik.
Les bovins et les poneys vivent dans la réserve naturelle toute l'année. En hiver, une partie de la population meurt par manque de nourriture, ce qui provoque un sous-pâturage au printemps et à l’été suivants. Certaines zones sont pas ou moins pâturées, elles se transforment en herbes longues et herbacées qui profitent aux souris et aux oiseaux qui les mangent. D’autres herbivores présents dans la réserve, les cerfs et les wapitis, se nourrissaient sur d’autres types de végétaux. Ainsi, les mangeurs d’herbes favorisaient l’établissement d’arbres et d’arbustes, alors que le régime mixte des cerfs qui se nourrissent aussi d’écorce d’arbre ralentissait cet effet. Ces différentes stratégies ont permis de balancer le système et d’empêcher tout type de végétation de devenir dominant, permettant ainsi à une large gamme d’espèces sauvages de perdurer dans le milieu. La densité des ongulés est autorégulée par la quantité de nourriture. Le bien-être des animaux, qui maigrissaient et mourraient en hiver, a été questionné, mais le but était de ne pas intervenir car ces animaux étaient « sauvage » et l’écosystème devaient fonctionner de lui-même. Les carcasses des animaux morts ont permis le retour d’oiseaux charognards comme le vautour.
L'auteur de la Review, a été très impliqué dans le projet de développement de l'OVP.
La réserve OVP met ici en évidence le fait de développer des régions fonctionnant naturellement, sans intervention humaine, où les processus naturels ont une chance d’évoluer. Cela implique que nous devrons apprendre à coexister avec des animaux véritablement sauvage, et a accepter que leur état se détériore périodiquement durant l’hiver du au manque de nourriture, si nous voulons voir renaître une nature sans entrave et plus sauvage.
OVP est donc un projet de rewilding qui a permis de considérablement augmenter la biodiversité e l'écosystème. La ré-introduction de quelques grands herbivores, avec des alimentations légèrement différentes, a permis à l'écosystème de s'auto réguler et de fonctionner naturellement, en créant des paysages adaptés aux exigences de nombreuses espèces.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.