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Titre de l'article :

Parc du Pléistocène: Le ré-ensauvagement de l'Amérique du Nord représente-t-elle une conservation saine pour le 21e siècle?


Introduction à l'article :

Un groupe de biologistes de la conservation a proposé de ré-introduire des animaux charismatiques d'Afrique et d'Asie en Amérique du Nord pour remplacer les espèces disparues pendant les extinctions du Pléistocène (13 000 dernières années). Selon eux, les "Parcs du Pléistocène" offriraient un refuge pour les espèces actuellement en danger et que le repopulation de l'Amérique du Nord avec ces grands mammifères amélioreraient les paysages et restaurerait le potentiel écologique et évolutif.
Pour cela, ils proposent d'introduire dans des écosystèmes actuels des espèces descendantes de celles qui étaient présentes dans ces habitats il y a 13 000 ans. Ce type d'introduction a déjà été tenté en Sibérie, en 1989, où des grands herbivores ont été introduits pour re-créer les prairies du Pléistocène.
Les espèces pouvant être réintroduites vont des prédateurs, comme le lion, aux grands herbivores, comme l'éléphant.
Cet article a pour but de discuter de ce type de ré-ensauvagement.

Résultats de l'article :

Ce type de ré-ensauvagement implique l'introduction d'espèces exotiques dans des habitats qui ont évolués sans elles pendant une longue période, dont les effets négatifs sont bien connus (chevaux). Or, les défenseurs de ce ré-ensauvagement pensent que la flore actuelle Nord Américaine est identique à celle du Pléistocène. Il est important de bien comprendre les écosystèmes du Pléistocène fonctionnaient pour être sur de restaurer d'anciens écosystèmes et non détériorer les écosystèmes actuels. De plus, il faut prendre en compte les risques liés à l'introduction d'une espèce exotique comme l'arrivée de nouveaux parasites et maladies ou la perturbation des chaînes alimentaires.
Les Parcs du Pléistocène posent de nombreuses questions : Les éléphants survivraient ils aux hivers froids sans le manteau épais de leurs ancêtres ? Les grands carnivores africains peuvent-ils réellement re-peupler les écosystèmes nord américains?

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article apporte un point de vue éthique et économique sur les Parcs du Pléistocène.
Les impacts anthropiques actuels sont en partie responsable de l'extinction de la mégafaune. Les hommes ont donc la responsabilité éthique d'empêcher les futures extinctions et de réparer les pertes passées, selon les partisans des Parcs Pléistocène. Mais ils veulent préserver des espèces charismatiques africaines et asiatiques menacées dans leurs habitats naturels en les introduisant dans des endroits où les hommes sont responsables de l'extinction de leurs ancêtres. La préservation de la faune sauvage localement serait peut être une meilleure solution, en permettant aux populations locales de se développer.
Sur le plan économique, la mise en place de tels Parcs couterait extrêmement cher (acquisition et préparation des terres, surveillance, protection, déplacement des animaux, ...), et probablement bien plus cher que de prendre des mesures de préservation dans les habitats naturels de la mégafaune.

Publiée il y a plus de 6 ans par P. Lapellegerie.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.