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La prédation des graines augmente de l'Arctique à l'Equateur et de hautes altitudes à basse altitude.
Introduction à l'article :
Une plus grande diversité d'espèces et une plus grande productivité correspondraient à une augmentation de l’intensité des interactions biotiques. Selon l’hypothèse de Janzen-Connell, les interactions antagonistes entre les espèces permettent le maintient d’une diversité important sous les tropique en limitant la dominance des espèces et accélérant la spéciation. L’importante prédation des graines expliquerait la diversité des arbres tropicaux et les adaptations de leurs graines contre la prédation. Une plus grande productivité végétale augmenterait les ressources disponibles donc les niches écologiques des granivores. Une plus grande diversité des communautés de prédateurs augmenterait leur nombre total en minimisant la compétition et maximisant les ressources utilisées. Jusqu’à présent les études scientifiques ont peu regardé l’effet conjoint de la latitude et de l’altitude sur l’intensité des interactions biotiques et omettent souvent un des biomes extrêmes : tropique ou toundra.
Expériences de l'article :
Les auteurs ont mesurés le taux de prédation sur des graines standardisées de tournesol (Helianthus annuus) et graines d'avoine (Avena sativa) afin de s’affranchissant d’une potentielle coévolution avec les prédateurs, elles peuvent être consommées par une large gamme de granivores. Les mesures ont été faites sur 6995 sites le long de la cote ouest du continent américain placé sur 18 transects couvrant >4000m d'altitude et 64° de latitudes. Ils ont réalisé l’expérience 56 fois de 2015 à 2017, elle a été faite durant la période de production des graines indigènes. Pour estimer la prédation par les invertébrés ils ont placé des cages pendant 24h sur les sites de dépôts des graines excluant vertébrés. Ils ont estimé le taux de prédation avec le calcul suivant : (nombre de graine mangé+nombre de graine manquante)/nombre graine initial. Les résultats ont été analysés avec un modèle mixte généralisé suivant: [full model: seed predation ~ biome×latitude×elevation×seed type + (1|siteID) + (1|date)].
Résultats de l'article :
La prédation des graines décroit lorsque la latitude augmente: il y a plus de prédation sur les graines sous les tropiques (+17%) qu’en milieu tempéré. Lorsque l’on s’intéresse juste au biome foret (72% des sites) le gradient de prédation est plus faible mais toujours significatif. Ceci confirme que les différences entre les biomes contribuent au gradient latitudinal de prédation. La prédation des graines par les vertébrés est relativement constante, la prédation par les invertébrés causerait le gradient latitudinal de prédation. Ils seraient des acteurs majeurs dans la dynamique des communautés des écosystèmes tropicaux. La prédation des graines affecte la fitness des plantes directement imposant une sélection plus forte. Les défenses des graines tropicales ne peuvent compenser l’augmentation de la prédation, ce qui limite la dispersion des graines, elles allouent 10 fois plus d’énergie à la production de graines, ce qui dilue l’effet d’une prédation plus importante.
Rigueur de l'article :
L’article est sur une expérience ambitieuse de plusieurs années sur quasiment 7000 sites. Si elle est l’une des premières de cette ampleur sur le sujet, elle comporte de nombreux biais expérimentaux dû aux nombres d’expérimentateurs et aux contraintes rencontrés sur le terrain (certains sites au Mexique, Equateur et Colombie n’ont pu être relevé au bout de 24h). Ils ont testé plusieurs modèles statistiques pour tester plusieurs de leurs hypothèses, prenant en compte les aspects différents de leur expérience : différence de prédation selon le type de graine, le type de prédateurs (invertébrés/ invertébrés et vertébrés), les différents biomes, altitudes, températures.
Ce que cet article apporte au débat :
C’est une expérience d’envergure sur la prédation des graines qui conclue à l’existence d'un gradient latitudinal de prédation post-dispersion des graines. Elle prend en compte les différents biomes contrairement à d’autres expériences qui travaillent sur un seul biome. Les différences entre les biomes contribueraient fortement au gradient latitudinal de prédation des graines. Il s'intéresse uniquement au taux de prédations et non aux adaptations des plantes contre cette prédation. L’article conclue que c’est la prédation par les invertébrés qui est à l’origine d’un gradient de prédation, les vertébrés jouant un rôle mineur.
Remarques sur l'article :
En utilisant des graines non indigènes, les auteurs regardent uniquement le taux de prédation, l’utilisation de plantes indigènes pourrait permettre de prendre en compte les adaptations locales des plantes contre les prédateurs, adaptations qui influencent le taux de prédation. Une prochaine expérience pourrait traiter de cet aspect avec des plantes indigènes, notamment sur la différence entre fruit charnu et sec, les premiers étant les plus présents sous les tropiques (les fruits charnus seraient une adaptation à la prédation pré-dispersion des graines).
Publiée il y a plus de 6 ans
par
J. Floret.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
La prédation des graines augmente de l'Arctique à l'Equateur et de hautes altitudes à basse altitude.
Introduction à l'article :
Une plus grande diversité d'espèces et une plus grande productivité correspondraient à une augmentation de l’intensité des interactions biotiques. Selon l’hypothèse de Janzen-Connell, les interactions antagonistes entre les espèces permettent le maintient d’une diversité important sous les tropique en limitant la dominance des espèces et accélérant la spéciation. L’importante prédation des graines expliquerait la diversité des arbres tropicaux et les adaptations de leurs graines contre la prédation. Une plus grande productivité végétale augmenterait les ressources disponibles donc les niches écologiques des granivores. Une plus grande diversité des communautés de prédateurs augmenterait leur nombre total en minimisant la compétition et maximisant les ressources utilisées. Jusqu’à présent les études scientifiques ont peu regardé l’effet conjoint de la latitude et de l’altitude sur l’intensité des interactions biotiques et omettent souvent un des biomes extrêmes : tropique ou toundra.
Les auteurs ont mesurés le taux de prédation sur des graines standardisées de tournesol (Helianthus annuus) et graines d'avoine (Avena sativa) afin de s’affranchissant d’une potentielle coévolution avec les prédateurs, elles peuvent être consommées par une large gamme de granivores. Les mesures ont été faites sur 6995 sites le long de la cote ouest du continent américain placé sur 18 transects couvrant >4000m d'altitude et 64° de latitudes. Ils ont réalisé l’expérience 56 fois de 2015 à 2017, elle a été faite durant la période de production des graines indigènes. Pour estimer la prédation par les invertébrés ils ont placé des cages pendant 24h sur les sites de dépôts des graines excluant vertébrés. Ils ont estimé le taux de prédation avec le calcul suivant : (nombre de graine mangé+nombre de graine manquante)/nombre graine initial. Les résultats ont été analysés avec un modèle mixte généralisé suivant: [full model: seed predation ~ biome×latitude×elevation×seed type + (1|siteID) + (1|date)].
La prédation des graines décroit lorsque la latitude augmente: il y a plus de prédation sur les graines sous les tropiques (+17%) qu’en milieu tempéré. Lorsque l’on s’intéresse juste au biome foret (72% des sites) le gradient de prédation est plus faible mais toujours significatif. Ceci confirme que les différences entre les biomes contribuent au gradient latitudinal de prédation. La prédation des graines par les vertébrés est relativement constante, la prédation par les invertébrés causerait le gradient latitudinal de prédation. Ils seraient des acteurs majeurs dans la dynamique des communautés des écosystèmes tropicaux. La prédation des graines affecte la fitness des plantes directement imposant une sélection plus forte. Les défenses des graines tropicales ne peuvent compenser l’augmentation de la prédation, ce qui limite la dispersion des graines, elles allouent 10 fois plus d’énergie à la production de graines, ce qui dilue l’effet d’une prédation plus importante.
L’article est sur une expérience ambitieuse de plusieurs années sur quasiment 7000 sites. Si elle est l’une des premières de cette ampleur sur le sujet, elle comporte de nombreux biais expérimentaux dû aux nombres d’expérimentateurs et aux contraintes rencontrés sur le terrain (certains sites au Mexique, Equateur et Colombie n’ont pu être relevé au bout de 24h). Ils ont testé plusieurs modèles statistiques pour tester plusieurs de leurs hypothèses, prenant en compte les aspects différents de leur expérience : différence de prédation selon le type de graine, le type de prédateurs (invertébrés/ invertébrés et vertébrés), les différents biomes, altitudes, températures.
C’est une expérience d’envergure sur la prédation des graines qui conclue à l’existence d'un gradient latitudinal de prédation post-dispersion des graines. Elle prend en compte les différents biomes contrairement à d’autres expériences qui travaillent sur un seul biome. Les différences entre les biomes contribueraient fortement au gradient latitudinal de prédation des graines. Il s'intéresse uniquement au taux de prédations et non aux adaptations des plantes contre cette prédation. L’article conclue que c’est la prédation par les invertébrés qui est à l’origine d’un gradient de prédation, les vertébrés jouant un rôle mineur.
En utilisant des graines non indigènes, les auteurs regardent uniquement le taux de prédation, l’utilisation de plantes indigènes pourrait permettre de prendre en compte les adaptations locales des plantes contre les prédateurs, adaptations qui influencent le taux de prédation. Une prochaine expérience pourrait traiter de cet aspect avec des plantes indigènes, notamment sur la différence entre fruit charnu et sec, les premiers étant les plus présents sous les tropiques (les fruits charnus seraient une adaptation à la prédation pré-dispersion des graines).
Dernière modification il y a plus de 6 ans.