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Encadré sur les différentes prédictions (pour ou contre) d'adaptation liées à la ménopause.
Introduction à l'article :
Pour la ménopause, deux visions s'opposent quant à son origine et son fonctionnement. Certains biologistes pensent que c'est une adaptation hominine sélectionnée, en augmentant une durée post-reproductive pour un meilleur investissement envers la progéniture. D'autres pensent que c'est un compromis physiologique favorisant une reproduction efficace au début de la vie fertile ou alors en relation avec l'augmentation de la durée de vie chez les hommes. L'auteur va étudier trois alternatives : l'aspect d'adaptation, de compromis mais également de contraintes.
Expériences de l'article :
L'auteur examine de manière critique les preuves de l'adaptation, du compromis physiologique et la théorie de l'augmentation de la longévité à l'origine de la ménopause. Pour l'adaptation, il va reprendre des études passées de différents auteurs. Ils commencent par s'intéresser aux raisons de l'augmentation de l'investissement maternel. Il étudie les pressions écologiques qu'auraient pu subir le genre Homo et l'altricialité secondaire avec l'investissement pour le second enfant. Il va également comparer la ménopause chez Homo et les autres animaux qui ont une durée de vie post-reproductive. Il étudie l'impact possible des mâles sur la ménopause. L'auteur s'intéresse par la suite sur le coût et la perte de fitness sur la fertilité prolongée, du compromis entre la baisse de fertilité et l'augmentation de la durée de vie. Pour l'aspect "épiphénomène", il s'intéresse au compromis physiologique et à l’artefact de l'augmentation de la durée de vie avec l'héritabilité à l'âge de la ménopause.
Résultats de l'article :
Les trois explications - adaptation, compromis et artefact - ont joué un rôle dans l’origine de la ménopause. En effet, la sélection d'une durée de vie post-productive chez les femelles humaines était probablement le résultat d'une interaction dynamique entre la nécessité de soins prolongés de la progéniture, des compromis physiologiques favorisant une fécondité aisée, et une augmentation de la durée de vie et de l'espérance de vie, arrivé beaucoup plus tardivement chez le genre Homo. L’explication de l’adaptation est étayée par le fait qu’une longue durée de vie post-productive est unique aux femelles humaines. Compte tenu de cela, il est raisonnable de supposer que les pressions écologiques et l'altricialité secondaire croissante des nourrissons hominidés ont constitué des raisons impérieuses de choisir un investissement maternel intensifié et prolongé dans l'environnement de l'adaptabilité évolutive.
Rigueur de l'article :
Il s'agit également davantage d'une review d'études déjà effectuées. Aucune étude à proprement parler a été faite. Aucun test statistique est détaillé pour soutenir les résultats. L'article est également daté de 2001, pas mal d'avancées en terme de compréhension de la ménopause ne sont donc pas prise en compte dans cet article.
Ce que cet article apporte au débat :
Pour l'auteur, la théorie de la grand-mère n'existe pas chez l'homme, ce serait plutôt l'hypothèse de la mère.
Les femmes investissaient mieux pour la survie et la fertilité de leur propre progéniture subadulte que pour leurs petits-enfants ou leurs parents non ascendants. L'article tente d'expliquer en détails les causes de la ménopause au sein du genre Homo .
Dans ce scénario, la ménopause résulte à la fois du choix d’une reproduction intensive au début de la période fertile pour tenir compte de la dépendance prolongée de la progéniture par le chevauchement des services de garde de progéniture (parental-care) et d’une adaptation pour un investissement plus efficace de la mère, y compris une durée de vie post-productive de plus en plus importante. La longue espérance de vie post-reproductive que possèdent maintenant les femmes est le résultat d’une augmentation beaucoup plus tardive de l’espérance de vie globale.
Remarques sur l'article :
L'article est précis et pose l'ensemble des hypothèses et théories qui pourraient être une cause de l'apparition de la ménopause chez le genre Homo. L'auteur a un avis critique sur chaque proposition d'explication, ce qui rend l'analyse assez solide. On peut néanmoins regretter que ce soit uniquement une review et non pas une étude avec des mesures et des expériences effectuées.
L'auteur développe aussi très bien les arguments de causalité de la ménopause, rendant l'article détaillé et complet.
Pour faire un redit, l'article est à prendre avec du recul car celui-ci est écrit en 2001, or depuis le temps la recherche sur les causes de la ménopause a fortement évoluée.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
M. Boisville.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Ménopause : Adaptation ou Epiphénomène ?
Encadré sur les différentes prédictions (pour ou contre) d'adaptation liées à la ménopause.
Pour la ménopause, deux visions s'opposent quant à son origine et son fonctionnement. Certains biologistes pensent que c'est une adaptation hominine sélectionnée, en augmentant une durée post-reproductive pour un meilleur investissement envers la progéniture. D'autres pensent que c'est un compromis physiologique favorisant une reproduction efficace au début de la vie fertile ou alors en relation avec l'augmentation de la durée de vie chez les hommes. L'auteur va étudier trois alternatives : l'aspect d'adaptation, de compromis mais également de contraintes.
L'auteur examine de manière critique les preuves de l'adaptation, du compromis physiologique et la théorie de l'augmentation de la longévité à l'origine de la ménopause. Pour l'adaptation, il va reprendre des études passées de différents auteurs. Ils commencent par s'intéresser aux raisons de l'augmentation de l'investissement maternel. Il étudie les pressions écologiques qu'auraient pu subir le genre Homo et l'altricialité secondaire avec l'investissement pour le second enfant. Il va également comparer la ménopause chez Homo et les autres animaux qui ont une durée de vie post-reproductive. Il étudie l'impact possible des mâles sur la ménopause. L'auteur s'intéresse par la suite sur le coût et la perte de fitness sur la fertilité prolongée, du compromis entre la baisse de fertilité et l'augmentation de la durée de vie. Pour l'aspect "épiphénomène", il s'intéresse au compromis physiologique et à l’artefact de l'augmentation de la durée de vie avec l'héritabilité à l'âge de la ménopause.
Les trois explications - adaptation, compromis et artefact - ont joué un rôle dans l’origine de la ménopause. En effet, la sélection d'une durée de vie post-productive chez les femelles humaines était probablement le résultat d'une interaction dynamique entre la nécessité de soins prolongés de la progéniture, des compromis physiologiques favorisant une fécondité aisée, et une augmentation de la durée de vie et de l'espérance de vie, arrivé beaucoup plus tardivement chez le genre Homo. L’explication de l’adaptation est étayée par le fait qu’une longue durée de vie post-productive est unique aux femelles humaines. Compte tenu de cela, il est raisonnable de supposer que les pressions écologiques et l'altricialité secondaire croissante des nourrissons hominidés ont constitué des raisons impérieuses de choisir un investissement maternel intensifié et prolongé dans l'environnement de l'adaptabilité évolutive.
Il s'agit également davantage d'une review d'études déjà effectuées. Aucune étude à proprement parler a été faite. Aucun test statistique est détaillé pour soutenir les résultats. L'article est également daté de 2001, pas mal d'avancées en terme de compréhension de la ménopause ne sont donc pas prise en compte dans cet article.
Pour l'auteur, la théorie de la grand-mère n'existe pas chez l'homme, ce serait plutôt l'hypothèse de la mère.
Les femmes investissaient mieux pour la survie et la fertilité de leur propre progéniture subadulte que pour leurs petits-enfants ou leurs parents non ascendants. L'article tente d'expliquer en détails les causes de la ménopause au sein du genre Homo .
Dans ce scénario, la ménopause résulte à la fois du choix d’une reproduction intensive au début de la période fertile pour tenir compte de la dépendance prolongée de la progéniture par le chevauchement des services de garde de progéniture (parental-care) et d’une adaptation pour un investissement plus efficace de la mère, y compris une durée de vie post-productive de plus en plus importante. La longue espérance de vie post-reproductive que possèdent maintenant les femmes est le résultat d’une augmentation beaucoup plus tardive de l’espérance de vie globale.
L'article est précis et pose l'ensemble des hypothèses et théories qui pourraient être une cause de l'apparition de la ménopause chez le genre Homo. L'auteur a un avis critique sur chaque proposition d'explication, ce qui rend l'analyse assez solide. On peut néanmoins regretter que ce soit uniquement une review et non pas une étude avec des mesures et des expériences effectuées.
L'auteur développe aussi très bien les arguments de causalité de la ménopause, rendant l'article détaillé et complet.
Pour faire un redit, l'article est à prendre avec du recul car celui-ci est écrit en 2001, or depuis le temps la recherche sur les causes de la ménopause a fortement évoluée.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.