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Titre du Livre :

Encyclopédie des sciences et technologies de la durabilité; Chapitre 10: les espèces invasives


Introduction au livre :

Ce chapitre de livre a pour but de définir la notion d'espèce invasive et de la replacer dans les problématiques actuelles de conservation, de gestion des environnements et de prévention de nouvelles invasions.
Le chapitre, très référencé, donne une image globale intéressante de l'état des connaissance de cette discipline récente qu'est l'écologie de l'invasion.
Il définit les processus d'invasion de l'installation des premiers individu de l'espèce jusqu'à leur éventuelle implantation dans le milieu et la variété de conséquences écologique potentielles pour le dit milieu.
De nombreux concepts de l'écologie de l'invasion sont expliqué et illustrés par les patterns qui les mettent en lumière.

Résumé et résultats du livre :

Le chapitre a pour but de faire l'état de l'art des connaissances actuelles en écologie de l'invasion et de replacer ces problématiques dans le contexte écologique actuel. Les invasions biologiques constituent une menace importante et se sont dramatiquement accélérés dans les dernières décennie à cause de la mondialisation, du commerce international ou encore du tourisme.
Les invasions biologiques se produisent lorsqu'un processus, naturel ou humain permet à des individus d'une espèce de traverser une barrière géographique autrefois limitante. La plupart des organismes ne survivent pas à ces introduction, cependant, si le milieu leur est favorable et que le nombre de déplacé est suffisant il est possible qu'une population pérenne se mette en place.
Il existe un temps de latence plus ou moins important entre l'introduction et un établissement de l'espèce dans son nouveau milieu.
C'est au moment de l'établissement que la présence de la nouvelle espèce devient réellement problématique par l'explosion démographique qu'elle connait à ce moment la.
Une référence évoque le cas d'une moule de la Mer Rouge présente sur les côtes Israéliennes 120 ans avant l'explosion démographique qui en fera une espèce invasive à surveiller.
La compréhension de cette période de latence est à développer et à prendre en compte lorsqu'on évalue une population d'une espèce exotique comme étant inoffensive ou inapte à une colonisation d'envergure et de ne pas manquer une occasion de contrôle sur de futurs espèces invasives. Les raisons possibles de ces périodes de latences peuvent aller d'un effet Allee à une sélection de génotypes particulier, ou encore la disparition d'un compétiteur de l'environnement cible.
Comme expliqué en début d'analyse, la plupart des espèces introduites ne survivent pas, un certains nombre de facteurs sont à même de favoriser un implantation exotique. Une capacité de reproduction à partir de petites populations et une tolérance environnementale large ainsi qu'une capacité à exploiter les zones dégradé par l'homme sont des qualité qui peuvent conférer un fort potentiel invasif à une espèce. Cependant notons qu'un invasion ne dépend pas que de l'envahisseur. Le concept de résistance biotique exprime l'invasibilité réduite (mais pas nulle) des systèmes riches en espèces dont la saturation est un rempart à l'installation de communautés fonctionnelles d'envahisseur, et la facilité d'envahissement des systèmes pauvres ou perturbés. C'est un des problèmes actuels majeurs, l'impact anthropique est présent quasiment partout, c'est un important facilitateur d'invasion biologique.
La suppression d'un prédateur naturel est un autre facteur connu pour augmenter un potentiel invasif, les envahisseurs se trouve avantagés par rapport à des compétiteurs contrôlés par leurs propres prédateurs.
Les impacts écologiques de ces invasions sont multiple et souvent mésestimé.
De plus en plus d'exemple d’événements en cascade sont connus, notamment lorsqu'un envahisseur supprime ou raréfie un des acteur d'un mutualisme plante-animal. La suppression de telles interactions est à même d’entraîner une perturbations des chaines trophiques locales et de perturber des organismes qui ne sont pas en contact direct avec les envahisseurs.
Il apparaît de plus en plus difficile de traiter les invasions biologiques avec un modèle simple, les envahisseurs les plus productifs ne sont pas toujours les plus néfastes à l'écosystème. Une invasion d'apparence bénigne comme la présence de quelques plantes ou de moule dulçaquicole peut changer les cycles biogéochimiques d'un système entier alors que des envahisseurs plus visibles auront un impact limité.

Le moyen de gestion le plus efficace reste la prévention des invasions ou la gestions avant l'explosion démographique.
L'éradication quand à elle peut parfois avoir des effets imprévisible, comme l'explosion d'une autre espèce invasive ou la suppression d'un rôle écologique dont l’espèce invasive est devenue l'unique acteur.

Rigueur du livre :

Ce chapitre est doté d'une bibliographie fournie de 117 références. Il produit une synthèse des connaissances sur les invasions biologiques.

Ce que ce livre apporte au débat :

Ce chapitre est une référence de synthèse, Il est au croisement de plusieurs courants de gestions de ces invasions et adopte un point de vue surplombant sur la problématique et contient de nombreuses références.
Il permet de prendre du recul sur la problématique et de ne pas se laisser enfermer dans des particularismes. Il offre une vision plus générale du problèmes et des différentes approches de ce champs de recherche. Il aborde ce qui rend une espèce potentiellement dangereuse, avec des qualités intrinsèques comme leur taux de reproduction mais aussi par des causes environnement-dépendantes comme l'absence dans l'écosystème cible d'un groupe fonctionnel ou taxonomique proche de celui de l'espèce invasive.
La partie sur la gestion appelle à la prudence quand à la gestion par extermination qui peut avoir des impacts très négatif sur l'écosystème à protéger. A noter que l'auteur considère également les espèces agricoles de monoculture comme invasives dans son raisonnement.

Publiée il y a plus de 6 ans par C. Lecerf.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.