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De la théorie à la pratique de la séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC) : éviter ou légitimer la perte de biodiversité ?
Introduction à la méta-analyse :
La compréhension d’un contexte à la fois scientifique et économicopolitique est importante pour bien appréhender les méthodes scientifiques mises en œuvre. Ici, l’article de Bigard et al., en 2018 montre l’efficacité de l’application de concepts politiques et théoriques : la séquence éviter, réduire et compenser et ce dans le cadre de la protection de la biodiversité. Dans cet article, on voit d’autres méthodes de la protection de la biodiversité qui doivent être appliquées avant la compensation écologique. De plus, cet article montre les contraintes dues à la compensation écologique : le coût économique élevé, les contraintes de suivit sur du long terme et la réflexion nécessaire avant la destruction, … Toutes ces contraintes limitent l’application de cette méthode.
Expériences de la méta-analyse :
Cet article est une méta-analyse empirique de 358 mesures écologiques sur 42 études d’impact entre 2006 et 2016 sur Montpellier et ses communes adjacentes.
Résultats de la méta-analyse :
Les résultats clés de l’article sont :
60 % des mesures ne sont pas correctement définies par rapport aux définitions de référence nationale
Avant reclassification des mesures écologiques, 32% sont des mesures de réduction des dommages, 14% sont des mesures d’évitement, 8% sont des mesures de compensation et 10% sont des mesures d’accompagnement et 35 % sont proposées sans qualification précise.
Après reclassification des mesures écologiques, 90% sont des mesures de réduction des dommages, 6% sont des mesures de compensation et les mesures d’évitement, d’accompagnement, et de suivi représentent chacune environ 1%.
Rigueur de la méta-analyse :
L’article se base sur de nombreuses études limitant le biais individuel de chaque étude. Cet article semble donc robuste pour conclure que la compensation écologique est une mesure écologique faiblement mise en place. Cependant, l’étude se focalise uniquement sur la région de Montpellier et son environnement proche. Pour obtenir des résultats plus robustes, il serait intéressant d’obtenir plus d’études dans d’autres régions puisque l’étude se focalise sur moins de 0,01% de la superficie de la France.
Ce que cette méta-analyse apporte au débat :
Cet article apporte un contexte sur la compensation écologique. Il montre que parmi les mesures prises pour réduire l’impact sur la biodiversité, la compensation écologique est une solution peu choisie. De plus, cette option arrive tardivement dans l’élaboration du projet, ce qui tend à la rentre inapplicable. Il permet de montrer que la compensation écologique est contraignante pour les développeurs. C'est un investissement et un engagement important de la part de tout concepteur de projet. Depuis la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, la compensation écologique est soumise à une obligation de résultat. Cet article montre l’ampleur du poids économique et politique dans ce débat qui est avant tout écologique et scientifique.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
V. Perez.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
De la théorie à la pratique de la séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC) : éviter ou légitimer la perte de biodiversité ?
Introduction à la méta-analyse :
La compréhension d’un contexte à la fois scientifique et économicopolitique est importante pour bien appréhender les méthodes scientifiques mises en œuvre. Ici, l’article de Bigard et al., en 2018 montre l’efficacité de l’application de concepts politiques et théoriques : la séquence éviter, réduire et compenser et ce dans le cadre de la protection de la biodiversité. Dans cet article, on voit d’autres méthodes de la protection de la biodiversité qui doivent être appliquées avant la compensation écologique. De plus, cet article montre les contraintes dues à la compensation écologique : le coût économique élevé, les contraintes de suivit sur du long terme et la réflexion nécessaire avant la destruction, … Toutes ces contraintes limitent l’application de cette méthode.
Cet article est une méta-analyse empirique de 358 mesures écologiques sur 42 études d’impact entre 2006 et 2016 sur Montpellier et ses communes adjacentes.
Les résultats clés de l’article sont :
L’article se base sur de nombreuses études limitant le biais individuel de chaque étude. Cet article semble donc robuste pour conclure que la compensation écologique est une mesure écologique faiblement mise en place. Cependant, l’étude se focalise uniquement sur la région de Montpellier et son environnement proche. Pour obtenir des résultats plus robustes, il serait intéressant d’obtenir plus d’études dans d’autres régions puisque l’étude se focalise sur moins de 0,01% de la superficie de la France.
Cet article apporte un contexte sur la compensation écologique. Il montre que parmi les mesures prises pour réduire l’impact sur la biodiversité, la compensation écologique est une solution peu choisie. De plus, cette option arrive tardivement dans l’élaboration du projet, ce qui tend à la rentre inapplicable. Il permet de montrer que la compensation écologique est contraignante pour les développeurs. C'est un investissement et un engagement important de la part de tout concepteur de projet. Depuis la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, la compensation écologique est soumise à une obligation de résultat. Cet article montre l’ampleur du poids économique et politique dans ce débat qui est avant tout écologique et scientifique.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.