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Titre de l'article :

Les effets indirectes de la suppression d'espèces invasives dévastent une île du patrimoine mondial.


Introduction à l'article :

Dans cet article les auteurs ont étudié un cas intéressant en écologie des invasions.
L'étude se situe sur l’Île Macquarie, une île de la région subantarctique abritant un végétation particulière semblable à une toundra, au moins deux espèces d'oiseaux terrestres endémiques (un râle et une perruche) ont déjà disparu probablement par l'hyper-prédation des espèces invasives.
L'extermination d'un prédateur invasif, Felis catus a provoqué un relâchement de la pression de prédation sur les lapins _Oryctolagus cuniculus_qui se développent sur l'île , augmentant dans le même temps la pression sur les plantes locales peu adaptés à ces herbivores prolifiques, et ce malgré la présence du virus de la myxomatose relaché dans un but de contrôle.
Les auteurs étudient donc un exemple de ce qu'ils nomment une cascade trophique, un risque qui existe dans la gestion des espèces invasives, notamment dans les systèmes ou il existe plusieurs espèces exotiques

Expériences de l'article :

Les auteurs cherchent à connaitre l'impact des chats sur les populations de lapin:
La quantité de lapin chassés est évaluée par les contenus stomachaux des chats tués par le programme de contrôle.
La population de lapin est évalué grâce à 15 zones de comptage dans différents écosystèmes de l’île, puis la population totale est estimée par des modèles de végétation.
Un modèle linéaire généralisé est utilisé pour évaluer l'impact de la myxomatose et du climat sur les populations de Lapins.
18 plots de 5x5m représentant différents écosystèmes végétaux ont été comparés à 6 ans intervalle entre 2001 et 2007.
Leur choix est indépendant de la probabilité d'y trouver des lapins.
Une approche de télédetection a été utilisé afin de documenter les changements de végétation sur l'ensemble de l'île par les méthodes de NVDI et CVA qui quantifie respectivement l'augmentation ou la diminution de la quantité de chlorophylle sur un pixel de l'image et les variation d'absorptions.

Résultats de l'article :

Les modèles de populations attestent des effets négatifs des chats et des précipitations automnales sur les lapins.
l'importance de ces perturbations permet de mettre en cause la disparition du chat de 2000 dans l'explosion démographique des lapin qui lui succède, sachant qu'il n'y a pas eu plus d'effort de dispersion de Myxoma.
Les auteurs estiment de façon conservatrice que les chats consommaient au moins 4000 lapins adultes chaque année.
L'analyse des 18 plots montre un turn-over assez important pour quinze d'entre eux, et très important pour cinq: dans ceux là, des végétations hautes et complexes on été remplacées par des herbes courtes peu diversifiées, dont l'espèce invasive Poa annua.
Les auteurs trouvent un changement de végétation sur 36.4% du territoire par la télédétection. Particulièrement sur les pentes côtières, ou certaines présentent maintenant un sol nu.
La question du climat est posée mais le processus trop rapide pour une succession uniquement climatique.

Rigueur de l'article :

L'article utilise de nombreuse méthode, il m'est personnellement difficile d'évaluer les modèles linéaire, mais du propre aveu des auteurs, certains sont peu soutenu, ceux la n'ont pas été exploité dans les résultats.
On peut se poser la question de l'importance du climat sur la végétation de l’île, sur les 6 ans qui séparent les deux relevé de végétation dans les plots, la température automnale a excédé la norme sur quatre ans. Meme si l'impact des lapins est incontestable par l'observation on peut se demander si l'interaction herbivorie climat ne serait pas à considérer plus en profondeur.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article est un exemple de relâchement de pression de prédation sur une espèce invasive contenue par une autre.
Particulièrement en milieux insulaire, ou les populations d'espèces endémiques sont le plus souvent peu populeuse et mal armée contre la prédation ou l'herbivorie, une extermination soudaine d'une espèce invasive est à même de causer un basculement, soit démographique d'un herbivore ou prédateur secondaire invasif par la suppression de prédateurs, soit d'hyper-prédation dans le cas de l'extermination de la proie. Les interactions engendré par ces processus peuvent avoir des effets dévastateurs à l'échelle de l'écosystème entier.

Publiée il y a plus de 6 ans par C. Lecerf.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.