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Titre de l'article :

Les taux de l'orgasme féminin sont largement indépendants des autres caractéristiques: implications pour le «trouble orgasmique féminin» et théories évolutives de l'orgasme


Introduction à l'article :

Les troubles orgasmiques féminins (FOD) se définissent comme un retard persistant ou récurrent dans l'orgasme ou absence de l'orgasme après une phase d'excitation sexuelle normale. Ils sont notamment liés au fonctionnement de l'orgasme féminin et à son évolution. Comprendre la ou les fonctions évolutives de l'orgasme féminin, le cas échéant, permettrait de déterminer si un orgasme difficile ou absent constitue un véritable dysfonctionnement biologique.
Différentes théories existent sur l'origine de l'orgasme féminin/femelle, telles que celle du pair bond, de l'incitation au rapport sexuel, du choix d'un bon père...
Si l'orgasme est adaptationnel, alors l'orgasme difficile ou absent devrait être associé à des facteurs de risques pour la santé.

Le but de cet article est donc de tester les fonctions évolutives hypothétiques de l'orgasme féminin à l'aide de données sur des jumelles.

Expériences de l'article :

Des questionnaires ont été données à des jumelles. 2914 réponses ont ensuite été retenues, tenant compte du sexe des jumeaux (uniquement des femmes), de leurs zygoties. Sur les 2914 femmes, il y avait 638 paires de jumeaux identiques, 345 paires non identiques, et 948 jumelles seules.
3 questions principales ont été posées:

  1. Quand vous avez un rapport sexuel (lors d'une pénétration avec le pénis), quelle est votre fréquence d'orgasme?
  2. Combien de fois avez-vous un orgasme avec votre partenaire sexuel, d'une autre manière que les rapports sexuels (par exemple, pendant les relations sexuelles orales)?
  3. Quand vous vous masturbez, à quelle fréquence avez vous un orgasme?

Des mesures sur la personnalité des femmes (évaluation du névrotisme et psychoticisme), des traits sexuels (mariée, orientation sexuelle ...) et leur statut socio-économique (éducation, classe sociale...) ont également été faites.

Résultats de l'article :

La répartition de la fréquence des orgasmes était différente pour les 3 questions, mais il existe une corrélation entre les orgasmes de masturbation et d'autres rapports, appuyant la distinction entre rapports sexuels et autres. Il n'y pas de corrélation entre les traits étudiés et les différents rapports sexuels. Les femmes atteignent plus souvent l'orgasme par la masturbations que par des rapports avec un partenaire. Ces 2 idées ne semblent pas conciliable avec une hypothèse adaptative, puisque par exemple, si l'orgasme servait à renforcer les liens, alors on devrait retrouver une corrélation entre orgasme et le nombre de partenaires... De plus, si l'orgasme permettait le choix de partenaire de qualité, alors les taux d'orgasmes chez les célibataires devraient être aux alentours de 50%, ce qui n'est pas le cas.
Les résultats ici ne vont pas dans le sens d'une adaptation, mais plutôt d'un sous produit (absence de corrélation phénotypique et génétique, grande variabilité...)

Rigueur de l'article :

L'article est plutôt rigoureux, avec une méthode bien claire. Ils mettent également en lumière les limites de leur étude, notamment le fait qu'elle se fasse sur des jumelles, où les données ne sont pas conçue pour tester des théories sur les fonctions adaptatives de l'orgasme féminin. Les questions pourraient donc être affinée.
Les traits étudiés (personnalité, sexuels et socio-économiques) semblent néanmoins un peu flous.

Ce que cet article apporte au débat :

L'article apporte une méthode permettant de rajouter des idées un débat, majoritairement composé de rewiews.

Publiée il y a plus de 6 ans par Marine Jeanjean.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.