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La monogamie en série augmente le succès reproductif de l’homme mais pas de la femme.
Introduction à l'article :
Le système de reproduction d'une espèce ou d'une population se définit par la façon dont les individus obtiennent leurs partenaires, le nombre de partenaires au cours de leur vie, la durée de ces interactions et la façon dont les individus prennent soin de leurs descendances. La compréhension des variations de ces systèmes est primordiale à la compréhension de l’évolution des comportements sociaux. Batman (1948) est le premier chercheur à avoir montré les bénéfices de multiplier ses partenaires chez les drosophiles. D’après sa troisième prédiction la multiplication des partenaires augmente le succès reproductif chez le mâle mais pas chez la femelle. Néanmoins cela a été rarement étudiée chez l’humain, le but de cet article est donc de tester la troisième prédiction de Batman sur les habitants des Etats-unis actuels . Pour cela ils ont comparé les intérêts d’une monogamie multiple par rapport à une monogamie stricte en fonction du sexe, du groupe ethnique et du contexte socioéconomique.
Expériences de l'article :
L’expérience se base sur l’analyse de la variance du nombre de partenaires et d’enfant en fonction du sexe. L'échantillon est composé de 3700 hommes et 4010 femmes Américains nés entre 1957 et 1964 dont l'on connaît l’historique de leur mariage et de leur reproduction jusqu'à en moyenne 44 ans. Leurs groupes ethniques sont connus permettant de tester les potentielles différences au sein d’une même population. Ils ont défini 3 groupes: Noire, Hispanique et Blanc/autre. Ils ont également ajouté des informations par rapport aux statuts socioéconomiques comme l’éducation parentale et l’éducation des parents. Des tests statistiques ont été utilisés pour établir si: les hommes ont plus de partenaires que les femmes ? Les hommes ont plus de succès reproductif que les femmes ? L’influence de plusieurs partenaires sur la reproduction, en comparant les deux sexes. Afin de savoir si la monogamie multiple procure un avantage reproductif par rapport à la monogamie “classique”.
Résultats de l'article :
Les résultats sont que:
Les hommes ont en moyenne plus de partenaires que les femmes, ce qui est encore plus marqué chez le groupe Afro-américain.
Les hommes ont également plus d’enfants que les femmes sans différences issues du groupe ethnique.
Seuls les hommes bénéficient d’un meilleur succès reproductif s’ils ont plusieurs partenaires contrairement aux femmes où le nombre de partenaires n’a pas d’impact sur leur nombre d’enfants, et ceux indépendamment du contexte socioéconomique.
Ses différentes observations tendent à confirmer la pertinence de la troisième prédiction de Batman sur l’espèce humaine actuelle. Ainsi l’homme actuel aurait tendance à opter pour une stratégie consistant à avoir le plus de partenaire dans leurs vies, alors que les femmes mises plus sur l’investissement parental par exemple. Néanmoins des différences sont également présentes entre les groupes ethniques étudiés signifiant que la troisième prédiction de Batman n’est pas universelle chez l’espèce humaine.
Ce que cet article apporte au débat :
Présentation très solide des systèmes de reproduction (définition simple et précise, facteurs à prendre en compte, piste de réflexion). Cette étude participe à la compréhension des régimes de reproduction en utilisant des communautés actuelles évoluant dans des pays “industrialisés” (ce qui est plutôt rare). Cet article a également permis de définir une nouvelle stratégie proche de la polygamie consistant à multiplier les partenaires mais espacés dans le temps aboutissant à un succès reproductif pour l’homme tout en étant adapté aux sociétés monogames actuelles.
Remarques sur l'article :
Cet article confirme que ce sont les conflits sexuels qui ont le plus d’impact dans le choix du système de reproduction (comme dans l’étude de Goetz et Shackelford (2009)) mais ils semblent êtres en désaccord avec l’article des économistes (Gould et al. (2008)) qui eux voient la monogamie comme avantageuse pour des sociétés économiquement avancées comme celle des Etats-unis. Cet article a également le mérite de présenter les limites de son étude en présentant pourquoi certaines réponses ne doivent pas être prises au pied de la lettre tout en expliquant qu’il pourrait y avoir d’autres facteurs à prendre en compte et discutent des choix qu’ils ont faits (sur échantillonnage par exemple).
Publiée il y a plus de 6 ans
par
T. Durieux.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
La monogamie en série augmente le succès reproductif de l’homme mais pas de la femme.
Introduction à l'article :
Le système de reproduction d'une espèce ou d'une population se définit par la façon dont les individus obtiennent leurs partenaires, le nombre de partenaires au cours de leur vie, la durée de ces interactions et la façon dont les individus prennent soin de leurs descendances. La compréhension des variations de ces systèmes est primordiale à la compréhension de l’évolution des comportements sociaux. Batman (1948) est le premier chercheur à avoir montré les bénéfices de multiplier ses partenaires chez les drosophiles. D’après sa troisième prédiction la multiplication des partenaires augmente le succès reproductif chez le mâle mais pas chez la femelle. Néanmoins cela a été rarement étudiée chez l’humain, le but de cet article est donc de tester la troisième prédiction de Batman sur les habitants des Etats-unis actuels . Pour cela ils ont comparé les intérêts d’une monogamie multiple par rapport à une monogamie stricte en fonction du sexe, du groupe ethnique et du contexte socioéconomique.
L’expérience se base sur l’analyse de la variance du nombre de partenaires et d’enfant en fonction du sexe. L'échantillon est composé de 3700 hommes et 4010 femmes Américains nés entre 1957 et 1964 dont l'on connaît l’historique de leur mariage et de leur reproduction jusqu'à en moyenne 44 ans. Leurs groupes ethniques sont connus permettant de tester les potentielles différences au sein d’une même population. Ils ont défini 3 groupes: Noire, Hispanique et Blanc/autre. Ils ont également ajouté des informations par rapport aux statuts socioéconomiques comme l’éducation parentale et l’éducation des parents. Des tests statistiques ont été utilisés pour établir si: les hommes ont plus de partenaires que les femmes ? Les hommes ont plus de succès reproductif que les femmes ? L’influence de plusieurs partenaires sur la reproduction, en comparant les deux sexes. Afin de savoir si la monogamie multiple procure un avantage reproductif par rapport à la monogamie “classique”.
Les résultats sont que:
Les hommes ont en moyenne plus de partenaires que les femmes, ce qui est encore plus marqué chez le groupe Afro-américain.
Les hommes ont également plus d’enfants que les femmes sans différences issues du groupe ethnique.
Seuls les hommes bénéficient d’un meilleur succès reproductif s’ils ont plusieurs partenaires contrairement aux femmes où le nombre de partenaires n’a pas d’impact sur leur nombre d’enfants, et ceux indépendamment du contexte socioéconomique.
Ses différentes observations tendent à confirmer la pertinence de la troisième prédiction de Batman sur l’espèce humaine actuelle. Ainsi l’homme actuel aurait tendance à opter pour une stratégie consistant à avoir le plus de partenaire dans leurs vies, alors que les femmes mises plus sur l’investissement parental par exemple. Néanmoins des différences sont également présentes entre les groupes ethniques étudiés signifiant que la troisième prédiction de Batman n’est pas universelle chez l’espèce humaine.
Présentation très solide des systèmes de reproduction (définition simple et précise, facteurs à prendre en compte, piste de réflexion). Cette étude participe à la compréhension des régimes de reproduction en utilisant des communautés actuelles évoluant dans des pays “industrialisés” (ce qui est plutôt rare). Cet article a également permis de définir une nouvelle stratégie proche de la polygamie consistant à multiplier les partenaires mais espacés dans le temps aboutissant à un succès reproductif pour l’homme tout en étant adapté aux sociétés monogames actuelles.
Cet article confirme que ce sont les conflits sexuels qui ont le plus d’impact dans le choix du système de reproduction (comme dans l’étude de Goetz et Shackelford (2009)) mais ils semblent êtres en désaccord avec l’article des économistes (Gould et al. (2008)) qui eux voient la monogamie comme avantageuse pour des sociétés économiquement avancées comme celle des Etats-unis. Cet article a également le mérite de présenter les limites de son étude en présentant pourquoi certaines réponses ne doivent pas être prises au pied de la lettre tout en expliquant qu’il pourrait y avoir d’autres facteurs à prendre en compte et discutent des choix qu’ils ont faits (sur échantillonnage par exemple).
Dernière modification il y a plus de 6 ans.