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Une exposition environnementale réaliste aux microplastiques n'induit pas d'effets biologiques chez l'huître du Pacifique Crassostrea gigas
Introduction à l'article :
Les huîtres sont des organismes marins filtreurs utilisés régulièrement dans les études écotoxicologiques. Ainsi, elles sont susceptibles d'ingérer une grande quantité de microplastiques présent dans l'eau.
Expériences de l'article :
L'espèce d'huître utilisée dans cette étude est Crassostrea gigas, l'huître du Pacifique. Vingt huîtres sont exposées ou non à différentes concentrations de microplastiques (5 organismes non exposés, 5 exposés à 0,008 microgrammes de particules/L, 5 exposés à 10 microgrammes de particules/L, 5 exposés à 100 microgrammes de particules/L) . Ces différentes concentrations ont été choisies car observées dans l'environnement d'étude c'est-à-dire le rivage de la région française Pays de la Loire. Dans cet environnement, une concentration moyenne de 23 microgrammes/L de microplastiques a été mesurée.
Les auteurs de cet article ont utilisé un mélange de deux MP, le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP) puisque ce sont les deux types de microplastique les plus retrouvés dans cet environnement.
Les huîtres ont été exposées à ce mélange de microplastiques pendant 10 jours, puis déposées 10 autres jours dans des aquariums d'eau de mer sans présence de MP.
Résultats de l'article :
Les auteurs ont caractérisé les MP. Contrairement à d'autres études, ils ont fragmenté les plastiques et n'ont pas utilisé de microbilles de plastique afin d'avoir des fragments et fibres représentatifs des conditions environnementales. Ils ont détecté des MP de taille entre 0,4 et 500 micromètres. Il est possible que certains MP ne soient pas détectables car de taille inférieure au seuil de détection de 400 nm.
Les auteurs n'ont pas trouvé de particules de MP dans les glandes digestives et les branchies. Mais ils en ont détectées dans les dépôts biologiques, sous-entendant que les huîtres filtrent et éliminent les MP sans phénomène d'accumulation sur 20 jours.
Les effets couramment décrits des MP sur les huîtres n'ont pas été retrouvés dans cette étude :
une faible atténuation des tissus est observée mais l'état de santé des organismes est relativement bon
Pas d'impact physiologique
Pas d'augmentation du stress oxydatif et des marqueurs immunitaires
Pas de dommages de l'ADN
Rigueur de l'article :
Article écrit dans le cadre du projet MiPlAqua financé par la région Pays de la Loire.
Ce que cet article apporte au débat :
Les auteurs ont utilisé des concentrations en microplastiques proches de celles mesurées dans l'environnement et n'ont pas démontré d'impact sur les huîtres. Néanmoins, le faible nombre d'huîtres et le temps d'exposition relativement court de 10 jours peuvent expliquer que l'on ne retrouve pas d'effets délétères.
De plus, dans l'environnement les huîtres sont exposées à un mélange de microplastiques et autres composés pouvant entraîner des effets toxiques.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
C. Silvestre.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Une exposition environnementale réaliste aux microplastiques n'induit pas d'effets biologiques chez l'huître du Pacifique Crassostrea gigas
Introduction à l'article :
Les huîtres sont des organismes marins filtreurs utilisés régulièrement dans les études écotoxicologiques. Ainsi, elles sont susceptibles d'ingérer une grande quantité de microplastiques présent dans l'eau.
L'espèce d'huître utilisée dans cette étude est Crassostrea gigas, l'huître du Pacifique. Vingt huîtres sont exposées ou non à différentes concentrations de microplastiques (5 organismes non exposés, 5 exposés à 0,008 microgrammes de particules/L, 5 exposés à 10 microgrammes de particules/L, 5 exposés à 100 microgrammes de particules/L) . Ces différentes concentrations ont été choisies car observées dans l'environnement d'étude c'est-à-dire le rivage de la région française Pays de la Loire. Dans cet environnement, une concentration moyenne de 23 microgrammes/L de microplastiques a été mesurée.
Les auteurs de cet article ont utilisé un mélange de deux MP, le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP) puisque ce sont les deux types de microplastique les plus retrouvés dans cet environnement.
Les huîtres ont été exposées à ce mélange de microplastiques pendant 10 jours, puis déposées 10 autres jours dans des aquariums d'eau de mer sans présence de MP.
Les auteurs ont caractérisé les MP. Contrairement à d'autres études, ils ont fragmenté les plastiques et n'ont pas utilisé de microbilles de plastique afin d'avoir des fragments et fibres représentatifs des conditions environnementales. Ils ont détecté des MP de taille entre 0,4 et 500 micromètres. Il est possible que certains MP ne soient pas détectables car de taille inférieure au seuil de détection de 400 nm.
Les auteurs n'ont pas trouvé de particules de MP dans les glandes digestives et les branchies. Mais ils en ont détectées dans les dépôts biologiques, sous-entendant que les huîtres filtrent et éliminent les MP sans phénomène d'accumulation sur 20 jours.
Les effets couramment décrits des MP sur les huîtres n'ont pas été retrouvés dans cette étude :
Article écrit dans le cadre du projet MiPlAqua financé par la région Pays de la Loire.
Les auteurs ont utilisé des concentrations en microplastiques proches de celles mesurées dans l'environnement et n'ont pas démontré d'impact sur les huîtres. Néanmoins, le faible nombre d'huîtres et le temps d'exposition relativement court de 10 jours peuvent expliquer que l'on ne retrouve pas d'effets délétères.
De plus, dans l'environnement les huîtres sont exposées à un mélange de microplastiques et autres composés pouvant entraîner des effets toxiques.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.