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Dans quelle mesure un marché est-il impliqué dans la compensation de la biodiversité ? Une typologie des politiques de compensation de la biodiversité.
Figure :
Spectre de la commensurabilité de la nature, avec quatre modes correspondant aux forces de la durabilité : Totale, flexible, restreinte et sans commensurabilité (Incommensurable). La commensurabilité totale est liée à la faible durabilité, où le capital naturel est échangeable avec le capital physique ou financier. La commensurabilité flexible est liée à une forte durabilité (critères faibles et moyens), où le capital naturel est échangeable avec d'autres types de capital naturel. La commensurabilité restreinte est liée à une forte durabilité (critères élevés), où le capital naturel ne peut être échangé qu'avec le même type de capital naturel. Enfin, l'incommensurabilité de la nature est liée à une très forte durabilité, où la nature est considérée comme irremplaçable. (traduit d'après la figure de Koh, 2019)
Introduction à l'article :
Les préoccupations et l'intérêt sont croissants pour la biodiversité et notamment la compensation écologique. Dans un contexte fortement marqué par les activités économiques, il y a une classification des environnements écologiques selon l'estimation de leur valeur (Figure). Cette valeur nommée commensurabilité intègre les différentes qualités mesurées, les coûts et les avantages liés aux bénéfices que nous apporte la nature (services écosystémiques). La commensurabilité permet ensuite de comparer différents environnements et d'évaluer la compensation écologique.
Dans notre monde où il existe des politiques de compensation écologiques dans au moins 33 pays, quel est l'impact des différences de politique et de culture sur la compensation écologique ?
Expériences de l'article :
L'article montre l'étude des dispositions institutionnelles de six politiques de compensation écologique en Australie, en Angleterre, en Allemagne, à Madagascar, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Pour les États-Unis et l'Allemagne, la compensation écologique est bien établie avec plus de deux décennies d'expérience. Celle de l'Australie est intermédiaire avec une décennie d'expérience, alors que celles de l'Angleterre, de l'Afrique du Sud et de Madagascar sont sur une phase pilote. Parmi ces pays, Madagascar est le seul pour lequel les actions de compensation écologique sont menées sur la base du volontariat, alors que pour les autres pays la compensation est régie par des exigences réglementaires.
Résultats de l'article :
Il existe une diversité de conceptions institutionnelles des politiques de compensation écologique, allant de marchés fortement restreints pour la biodiversité à des procédures de responsabilité dirigées par les gouvernements sans aspects commerciaux et à des politiques de compensation purement volontaires. L'État joue un rôle critique dans toutes les politiques de compensation. Il peut concevoir des politiques de compensation écologique avec une forte ou faible participation du marché pour correspondre à leur culture politico-économique.
Rigueur de l'article :
La sélection des cas a été influencée par la disponibilité des données sur les documents de politique générale, les articles scientifiques, les publications de l'industrie et la littérature grise de chaque cas de compensation écologique. Cependant, le nombre de cas et la répartition géographique permet une bonne vue d'ensemble sur les politiques de compensation écologique.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article permet d'ajouter du contexte dans ce débat. Il montre qu’il y a un fort impact politique sur la compensation écologique : l’État établi les règles de compensation, décidant la valeur des environnements et donc de la légitimité des compensation écologiques. Par conséquent, la mesure de l'efficacité de la compensation peut être biaisée par les États. Une étude évaluant la compensation écologique doit être observée en prenant en compte ce biais.
De plus, il est nécessaire d'avoir une méthodologie scientifique fiable et globale pourrait permettre une réelle compensation écologique. Faute de mieux, plusieurs évaluations indépendantes devraient permettre de réduire ce biais.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
V. Perez et A.Frappa.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Dans quelle mesure un marché est-il impliqué dans la compensation de la biodiversité ? Une typologie des politiques de compensation de la biodiversité.
Spectre de la commensurabilité de la nature, avec quatre modes correspondant aux forces de la durabilité : Totale, flexible, restreinte et sans commensurabilité (Incommensurable). La commensurabilité totale est liée à la faible durabilité, où le capital naturel est échangeable avec le capital physique ou financier. La commensurabilité flexible est liée à une forte durabilité (critères faibles et moyens), où le capital naturel est échangeable avec d'autres types de capital naturel. La commensurabilité restreinte est liée à une forte durabilité (critères élevés), où le capital naturel ne peut être échangé qu'avec le même type de capital naturel. Enfin, l'incommensurabilité de la nature est liée à une très forte durabilité, où la nature est considérée comme irremplaçable. (traduit d'après la figure de Koh, 2019)
Les préoccupations et l'intérêt sont croissants pour la biodiversité et notamment la compensation écologique. Dans un contexte fortement marqué par les activités économiques, il y a une classification des environnements écologiques selon l'estimation de leur valeur (Figure). Cette valeur nommée commensurabilité intègre les différentes qualités mesurées, les coûts et les avantages liés aux bénéfices que nous apporte la nature (services écosystémiques). La commensurabilité permet ensuite de comparer différents environnements et d'évaluer la compensation écologique.
Dans notre monde où il existe des politiques de compensation écologiques dans au moins 33 pays, quel est l'impact des différences de politique et de culture sur la compensation écologique ?
L'article montre l'étude des dispositions institutionnelles de six politiques de compensation écologique en Australie, en Angleterre, en Allemagne, à Madagascar, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Pour les États-Unis et l'Allemagne, la compensation écologique est bien établie avec plus de deux décennies d'expérience. Celle de l'Australie est intermédiaire avec une décennie d'expérience, alors que celles de l'Angleterre, de l'Afrique du Sud et de Madagascar sont sur une phase pilote. Parmi ces pays, Madagascar est le seul pour lequel les actions de compensation écologique sont menées sur la base du volontariat, alors que pour les autres pays la compensation est régie par des exigences réglementaires.
Il existe une diversité de conceptions institutionnelles des politiques de compensation écologique, allant de marchés fortement restreints pour la biodiversité à des procédures de responsabilité dirigées par les gouvernements sans aspects commerciaux et à des politiques de compensation purement volontaires. L'État joue un rôle critique dans toutes les politiques de compensation. Il peut concevoir des politiques de compensation écologique avec une forte ou faible participation du marché pour correspondre à leur culture politico-économique.
La sélection des cas a été influencée par la disponibilité des données sur les documents de politique générale, les articles scientifiques, les publications de l'industrie et la littérature grise de chaque cas de compensation écologique. Cependant, le nombre de cas et la répartition géographique permet une bonne vue d'ensemble sur les politiques de compensation écologique.
Cet article permet d'ajouter du contexte dans ce débat. Il montre qu’il y a un fort impact politique sur la compensation écologique : l’État établi les règles de compensation, décidant la valeur des environnements et donc de la légitimité des compensation écologiques. Par conséquent, la mesure de l'efficacité de la compensation peut être biaisée par les États.
Une étude évaluant la compensation écologique doit être observée en prenant en compte ce biais.
De plus, il est nécessaire d'avoir une méthodologie scientifique fiable et globale pourrait permettre une réelle compensation écologique. Faute de mieux, plusieurs évaluations indépendantes devraient permettre de réduire ce biais.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.