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Existe-il ne serait-ce-qu'un seul support empirique en faveur de la politique de compensation écologique ?
Introduction à la méta-analyse :
Cet article est une méta-analyse dans laquelle les auteurs analysent 108 études comparatives d'attribut de biodiversité de restauration d'habitat passive ou active dans 2 conditions : les écosystèmes secondaires et les écosystèmes primaires. La restauration est considérée comme passive ou active en fonction de l'intervention de l'homme ; dans le cadre des compensations écologiques la restauration est donc active. Un écosystème secondaire est un écosystème ayant subi une perturbation récente et étant en transition vers un écosystème primaire. Un écosystème primaire correspond à l'équilibre dynamique (appelé parfois climax).
L'objectif de l'étude est de tester si :
i) la biodiversité d'un habitat restauré passivement ou activement converge vers une écosystème primaire.
ii) avec une restauration active, cette convergence est plus rapide.
iii) les mesures compensatoires sont adaptées.
De cette façon les auteurs tentent de relever la pertinence des politique de compensation écologique.
Expériences de la méta-analyse :
Pour répondre à leurs problématiques les auteurs construisent plusieurs GLMs. Pour chacun d'entre eux la variable réponse correspond au degré de similarité de biodiversité entre écosystèmes primaire et secondaire. Pour mesurer le degré de similarité de biodiversité entre les 2 états écosystémiques, les auteurs utilisent des indices de biodiversité. Quatre indices de biodiversité sont ainsi utilisés : la richesse spécifique, l'alpha de Fisher, la similarité de Sorenson et de Morisita-Horn. Le but du modèle est d'identifier les facteurs qui influencent le plus cette diversité en fonction de l'état de l'écosystème en condition de restauration active par l'homme ou passive sans intervention humaine.
Les auteurs incluent ensuite dans le modèle des variables explicatives comme la latitude, du taxon, de la méthode de restauration etc... afin de cibler les facteurs clés d'une restauration réussie ou non.
Résultats de la méta-analyse :
1)D'après l'interprétation de leur modèle, plus les compensations sont étalées sur des temps longs plus la probabilité d'échec est forte. Concernant une forêt primaire, dans plus de 82% des cas la compensation écologique sera insuffisante pour empêcher une absence de perte de biodiversité. Les compensations écologiques réussissent à ne pas provoquer de perte de richesse spécifique dans 40% des cas et pas de perte de biodiversité dans seulement 19% vis à vis de la similarité Morisita-Horn. En prenant en compte ce taux d'échec, les auteurs affirment que pour obtenir un équilibre perte/gain il faudrait compenser 5.29 unités de biodiversité pour chaque unité perdue.
2)La compensation est plus efficace si la dégradation s'est effectuée sur une zone qui était déjà dégradée car il y a peu de biodiversité en jeu.
3)La restauration active, en opposition à la restauration passive sans intervention de l'Homme, est davantage efficace pour retrouver un niveau de biodiversité élevé.
Rigueur de la méta-analyse :
La méta-analyse semble très bien réalisée. Les auteurs sélectionnent leur article de façon méthodique et leur GLM est réalisé d'une façon statistiquement correcte et minutieuse. En effet, les auteurs sont conscients qu'il vaut mieux regarder l'AICc et non l'AIC, ils font du modèle averaging, ils corrigent pour le nombre de tests important réalisé et limitent la pseudo-réplication par ré-échantillonnage.
Les auteurs ont publié de nombreux autres articles dans de grandes revues. La bourse qui leur a permis de rédiger cet article est "ETH Zürich".
Ce que cette méta-analyse apporte au débat :
Cet article apporte une certaine profondeur au débat car il réunit des centaines d'expériences de restaurations. La question de cette controverse est : quel bénéfice écologique des mesures compensatoires ?
Cette méta-analyse démontre statistiquement les conditions ou les mesures compensatoire apportent des bien fait à l'écosystème. De plus, tout les écosystèmes ne sont pas égaux concernant la probabilité de succès d'une restauration. Selon les auteurs les bénéfices écologiques des mesures compensatoires dépendent donc de l'avancement de la succession écologique de l'écosystème en question. Notre question est davantage quantitative cependant cet article apporte une dimension temporelle à notre question : la restauration active est davantage efficace pour retrouver un niveau de biodiversité élevée.
Remarques sur la méta-analyse :
La notion d'écosystème primaire et secondaire est surtout appliquée aux forêts. Les auteurs précisent "forest" ou "non forest" mais ne disent pas combien de sites d'étude appartiennent à l'une et combien à l'autre. C'est important à relever car cela ne donne pas la même force à l'étude car elle est moins générale. Ceci étant dit, il est vrai que l'écosystème forestier est le plus impacté par le développement humain, il est donc normal qu'il attire d'avantage l'attention.
Les auteurs affirment que les résultats diffèrent considérablement selon l'indice de diversité utilisé. Même si ces indices sont différents il aurait été intéressant de regarder comment cette différence évolue en fonction de la proximité des indices considérés. Cela impacte néanmoins la robustesse de leur étude.
L'article est relativement récent mais pourtant il est très difficile à comprendre, même en s'aidant du matériel supplémentaire, les résultats des GLMS ne sont également pas présentés de façon classique.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
E. Harscouet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Existe-il ne serait-ce-qu'un seul support empirique en faveur de la politique de compensation écologique ?
Introduction à la méta-analyse :
Cet article est une méta-analyse dans laquelle les auteurs analysent 108 études comparatives d'attribut de biodiversité de restauration d'habitat passive ou active dans 2 conditions : les écosystèmes secondaires et les écosystèmes primaires. La restauration est considérée comme passive ou active en fonction de l'intervention de l'homme ; dans le cadre des compensations écologiques la restauration est donc active. Un écosystème secondaire est un écosystème ayant subi une perturbation récente et étant en transition vers un écosystème primaire. Un écosystème primaire correspond à l'équilibre dynamique (appelé parfois climax).
L'objectif de l'étude est de tester si :
i) la biodiversité d'un habitat restauré passivement ou activement converge vers une écosystème primaire.
ii) avec une restauration active, cette convergence est plus rapide.
iii) les mesures compensatoires sont adaptées.
De cette façon les auteurs tentent de relever la pertinence des politique de compensation écologique.
Pour répondre à leurs problématiques les auteurs construisent plusieurs GLMs. Pour chacun d'entre eux la variable réponse correspond au degré de similarité de biodiversité entre écosystèmes primaire et secondaire. Pour mesurer le degré de similarité de biodiversité entre les 2 états écosystémiques, les auteurs utilisent des indices de biodiversité. Quatre indices de biodiversité sont ainsi utilisés : la richesse spécifique, l'alpha de Fisher, la similarité de Sorenson et de Morisita-Horn. Le but du modèle est d'identifier les facteurs qui influencent le plus cette diversité en fonction de l'état de l'écosystème en condition de restauration active par l'homme ou passive sans intervention humaine.
Les auteurs incluent ensuite dans le modèle des variables explicatives comme la latitude, du taxon, de la méthode de restauration etc... afin de cibler les facteurs clés d'une restauration réussie ou non.
1)D'après l'interprétation de leur modèle, plus les compensations sont étalées sur des temps longs plus la probabilité d'échec est forte. Concernant une forêt primaire, dans plus de 82% des cas la compensation écologique sera insuffisante pour empêcher une absence de perte de biodiversité. Les compensations écologiques réussissent à ne pas provoquer de perte de richesse spécifique dans 40% des cas et pas de perte de biodiversité dans seulement 19% vis à vis de la similarité Morisita-Horn. En prenant en compte ce taux d'échec, les auteurs affirment que pour obtenir un équilibre perte/gain il faudrait compenser 5.29 unités de biodiversité pour chaque unité perdue.
2)La compensation est plus efficace si la dégradation s'est effectuée sur une zone qui était déjà dégradée car il y a peu de biodiversité en jeu.
3)La restauration active, en opposition à la restauration passive sans intervention de l'Homme, est davantage efficace pour retrouver un niveau de biodiversité élevé.
La méta-analyse semble très bien réalisée. Les auteurs sélectionnent leur article de façon méthodique et leur GLM est réalisé d'une façon statistiquement correcte et minutieuse. En effet, les auteurs sont conscients qu'il vaut mieux regarder l'AICc et non l'AIC, ils font du modèle averaging, ils corrigent pour le nombre de tests important réalisé et limitent la pseudo-réplication par ré-échantillonnage.
Les auteurs ont publié de nombreux autres articles dans de grandes revues. La bourse qui leur a permis de rédiger cet article est "ETH Zürich".
Cet article apporte une certaine profondeur au débat car il réunit des centaines d'expériences de restaurations. La question de cette controverse est : quel bénéfice écologique des mesures compensatoires ?
Cette méta-analyse démontre statistiquement les conditions ou les mesures compensatoire apportent des bien fait à l'écosystème. De plus, tout les écosystèmes ne sont pas égaux concernant la probabilité de succès d'une restauration. Selon les auteurs les bénéfices écologiques des mesures compensatoires dépendent donc de l'avancement de la succession écologique de l'écosystème en question. Notre question est davantage quantitative cependant cet article apporte une dimension temporelle à notre question : la restauration active est davantage efficace pour retrouver un niveau de biodiversité élevée.
La notion d'écosystème primaire et secondaire est surtout appliquée aux forêts. Les auteurs précisent "forest" ou "non forest" mais ne disent pas combien de sites d'étude appartiennent à l'une et combien à l'autre. C'est important à relever car cela ne donne pas la même force à l'étude car elle est moins générale. Ceci étant dit, il est vrai que l'écosystème forestier est le plus impacté par le développement humain, il est donc normal qu'il attire d'avantage l'attention.
Les auteurs affirment que les résultats diffèrent considérablement selon l'indice de diversité utilisé. Même si ces indices sont différents il aurait été intéressant de regarder comment cette différence évolue en fonction de la proximité des indices considérés. Cela impacte néanmoins la robustesse de leur étude.
L'article est relativement récent mais pourtant il est très difficile à comprendre, même en s'aidant du matériel supplémentaire, les résultats des GLMS ne sont également pas présentés de façon classique.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.