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Titre de l'article :

Les abeilles indigènes fournissent une assurance contre les pertes d'abeilles mellifères en cours.


Introduction à l'article :

Les abeilles non Apis sont sujettes à quelques uns des mêmes ravageurs causant la plus grande mortalité des abeilles Apis mellifera. Par exemple, V. destructor ne parasite que les abeilles du genre Apis. Les non- Apis offrent donc une potentielle police d'assurance contre la perte de l'abeille mellifère. L'étude se porte sur la pollinisation des cultures par les abeilles domestiques et les abeilles indigènes du New Jersey et de Pennsylvanie, aux États-Unis. Dans cette région, les abeilles mellifères ont été gravement touchées par divers parasites. Actuellement, les ruches domestiquées ne survivent pas d'année en année sans traitement acaricide. L'objectif a été d'estimer les services de pollinisation des abeilles indigènes par rapport à ceux fournis par les abeilles domestiques, de déterminer si la pollinisation fournie par les abeilles indigènes seules est suffisante pour polliniser pleinement la culture mais aussi dans les paysages avec peu de couverture naturelle de l'habitat.

Expériences de l'article :

(1) Le système d'étude était une zone de 90km sur 60 km du centre du New Jersey et du centre-est de la Pennsylvanie. L'écosystème était une forêt tempérée composée de chênes, d'érables, et la pastèque (Citrullus lanatus) a été utilisée comme modèle de culture.
(2) Les données ont été collectées via des transects qui ont été recensés quotidiennement en fonction des conditions météorologiques. Le taux de visites des pollinisateurs aux fleurs a été enregistré, le nombre de grains de pollen déposés par fleur est observé en fonction du nombre de visites par fleur et par jour par les abeilles domestiques ou les abeilles sauvages
(3) Le système de positionnement a permis une cartographie du centre de chaque transect afin de simuler le processus de pollinisation.
(4) L'analyse statistique a permis d'évaluer l'influence du taux de visites des abeilles mellifères et des abeilles indigènes sur les fleurs par rapport à la pollinisation.

Résultats de l'article :

Des mesures du dépôt de pollen sur un jour sur les fleurs à pollinisation libre ont montré que les fleurs de pastèque reçoivent une pollinisation plus que suffisante dans toutes les exploitations. Dans les fermes avec peu d'abeilles mellifères, les fleurs ont été largement pollinisées. En revanche, le taux de visite des abeilles indigènes était fortement lié positivement au dépôt de pollen sur les fleurs à pollinisation libre. La simulation a montré que par combinaison taux de visites/pollinisation par visite, les abeilles indigènes étaient responsables de 62% des grains de pollen déposés sur les fleurs de pastèque. À elles seules, suffisamment de pollen a été déposé pour polliniser la culture de pastèque dans 91% des exploitations, contre 78% pour les abeilles mellifères. Aucune association détectable entre les mesures à l'échelle du paysage de la couverture de l'habitat naturel et le nombre médian de grains de pollen déposés par fleur et par jour par les abeilles indigènes.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article montre un exemple probant de la valeur d'assurance de la biodiversité : les abeilles domestiques ne seraient pas plus efficaces lorsqu’elles sont plus nombreuses, ce qui n’est pas le cas des abeilles sauvages qui elles assurent davantage de pollinisation lorsqu’elles sont plus nombreuses. Ainsi les abeilles indigènes pourraient assurer une forte part de la pollinisation malgré un déclin des abeilles domestiques. Ici, l'étude fait davantage référence à l'efficacité de la pollinisation des abeilles sauvages dans la mesure où les abeilles mellifères viennent à disparaître, le débat se concentre sur l'effet inverse. L'impact des activités humaines et ses conséquences lié au déclin de la richesse et de l'abondance des pollinisateurs sont aussi mentionnées ce qui ne participe pas non plus au débat ici.

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Petrier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.