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Services écosystémiques : les opportunités du ré-ensauvagement en Europe
Introduction à l'article :
Les services écosystémiques (SE) sont définis comme "les avantages que l'Homme tire de la nature grâce à un ensemble de fonctions écosystémiques". Ils sont classés en 3 groupes : l'approvisionnement (nourriture, eau ...), la régulation (qualité de l'air, régulation du climat ....) et les services culturels (loisirs, spiritualisme ...). Ces SE peuvent être des services directs ou indirects. Ils produisent des bienfaits environnementaux, économiques et de bien-être aux hommes.
La dégradation de certains services, comme les zones humides, qui pourvoient de nombreux services de régulation qui sont inaperçus mais très précieux, peut entraîner des coûts de remplacement élevés. Les SE sont utilisés comme un outil pour la conservation, le développement.
Dans cet article, les auteurs ont étudié la distribution spatiale des SE en Europe, puis se sont concentrés sur le chevauchement des SE et des zones sauvages et ont enfin comparé les SE produits dans les zones sauvages et cultivées en Espagne.
Expériences de l'article :
Les auteurs ont cartographié les SE en Europe, en considérant 7 SE et leurs indicateurs : provision de nourriture, provision de bois, production d’eau, régulation du climat, régulation de l’eau, qualité de l’air, récréation.
Ils ont ensuite superposé la carte des régions sauvages d'Europe à celles des SE divisés en services d'approvisionnement, de régulation et culturels. Les régions sauvages ont été définies comme "de vastes zones naturelles, non modifiées ou légèrement modifiées, régies par des processus naturels, sans intervention humaine, infrastructure ou habitation permanente". Elles fournissent un large éventail de SE.
Les auteurs ont enfin passé en revue des études de cas de valorisation économique des SE fournis par les habitats naturels et la restauration écologique.
Résultats de l'article :
Les régions présentant peu de SE sont localisées principalement autour des zones urbanisées, sur les terres arables. Les zones avec de nombreux SE correspondent aux pâturages, aux forêts, aux zones (semi) naturelles et également aux régions montagneuses. Certaines zones sauvages sont associées à des régions fournissant de nombreux SE, en particulier dans les régions montagneuses. Mais on voit aussi la superposition de zones fournissant beaucoup de SE correspondant à des régions peu sauvages et inversement car les zones sauvages sont associées à une extraction faible ou nulle de ressources naturelles. Les services de régulation et culturels sont souvent associés à des zones très sauvages. En Espagne, la plupart des SE présentent des valeurs plus élevées dans les zones à abandonner que dans d'autres zones agricoles (à l'exception de l'approvisionnement en nourriture).
Bénéfices économiques du réensauvagement : tourbières importantes pour stockage et séquestration du carbone, écotourisme...
Rigueur de l'article :
Il n'y a pas de doutes particuliers, mais il peut être difficile de mesurer précisément les services écosystémiques, ainsi que leur valeur économique.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article nous rappelle que la dégradation des écosystèmes et la conversion des terres des écosystèmes naturels ont des conséquences sur les SE apportés par la nature, en réduisant leur fonctionnalité, en modifiant la richesse et la composition en espèces, en engendrant des coûts pour leur restauration et même en impactant le bien-être de l'Homme. Les auteurs montrent bien ici que, à l'exception faite de l'approvisionnement en nourriture, les régions naturelles et sauvages apportent davantage de SE que les terres agricoles et urbaines. Ils soutiennent donc le fait que les restaurations de la nature (notamment des terres agricoles abandonnées) en utilisant une stratégie de réensauvagement, peut être une solution pour un meilleur développement à la fois environnemental, rural, social et économique.
Remarques sur l'article :
Dans cet article, les auteurs font mention des bénéfices économiques apportés par les SE. Ils présentent des valeurs chiffrées, par exemple pour la séquestration du carbone des tourbières et des forêts qui s'élèvent à des millions voire des milliards d'euros. En revanche, les auteurs n'expliquent pas ce que ces valeurs signifient et ce que représente le montant de la séquestration du carbone.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
M. Raynaud et M. Villegas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Services écosystémiques : les opportunités du ré-ensauvagement en Europe
Introduction à l'article :
Les services écosystémiques (SE) sont définis comme "les avantages que l'Homme tire de la nature grâce à un ensemble de fonctions écosystémiques". Ils sont classés en 3 groupes : l'approvisionnement (nourriture, eau ...), la régulation (qualité de l'air, régulation du climat ....) et les services culturels (loisirs, spiritualisme ...). Ces SE peuvent être des services directs ou indirects. Ils produisent des bienfaits environnementaux, économiques et de bien-être aux hommes.
La dégradation de certains services, comme les zones humides, qui pourvoient de nombreux services de régulation qui sont inaperçus mais très précieux, peut entraîner des coûts de remplacement élevés. Les SE sont utilisés comme un outil pour la conservation, le développement.
Dans cet article, les auteurs ont étudié la distribution spatiale des SE en Europe, puis se sont concentrés sur le chevauchement des SE et des zones sauvages et ont enfin comparé les SE produits dans les zones sauvages et cultivées en Espagne.
Les auteurs ont cartographié les SE en Europe, en considérant 7 SE et leurs indicateurs : provision de nourriture, provision de bois, production d’eau, régulation du climat, régulation de l’eau, qualité de l’air, récréation.
Ils ont ensuite superposé la carte des régions sauvages d'Europe à celles des SE divisés en services d'approvisionnement, de régulation et culturels. Les régions sauvages ont été définies comme "de vastes zones naturelles, non modifiées ou légèrement modifiées, régies par des processus naturels, sans intervention humaine, infrastructure ou habitation permanente". Elles fournissent un large éventail de SE.
Les auteurs ont enfin passé en revue des études de cas de valorisation économique des SE fournis par les habitats naturels et la restauration écologique.
Les régions présentant peu de SE sont localisées principalement autour des zones urbanisées, sur les terres arables. Les zones avec de nombreux SE correspondent aux pâturages, aux forêts, aux zones (semi) naturelles et également aux régions montagneuses. Certaines zones sauvages sont associées à des régions fournissant de nombreux SE, en particulier dans les régions montagneuses. Mais on voit aussi la superposition de zones fournissant beaucoup de SE correspondant à des régions peu sauvages et inversement car les zones sauvages sont associées à une extraction faible ou nulle de ressources naturelles. Les services de régulation et culturels sont souvent associés à des zones très sauvages. En Espagne, la plupart des SE présentent des valeurs plus élevées dans les zones à abandonner que dans d'autres zones agricoles (à l'exception de l'approvisionnement en nourriture).
Bénéfices économiques du réensauvagement : tourbières importantes pour stockage et séquestration du carbone, écotourisme...
Il n'y a pas de doutes particuliers, mais il peut être difficile de mesurer précisément les services écosystémiques, ainsi que leur valeur économique.
Cet article nous rappelle que la dégradation des écosystèmes et la conversion des terres des écosystèmes naturels ont des conséquences sur les SE apportés par la nature, en réduisant leur fonctionnalité, en modifiant la richesse et la composition en espèces, en engendrant des coûts pour leur restauration et même en impactant le bien-être de l'Homme. Les auteurs montrent bien ici que, à l'exception faite de l'approvisionnement en nourriture, les régions naturelles et sauvages apportent davantage de SE que les terres agricoles et urbaines. Ils soutiennent donc le fait que les restaurations de la nature (notamment des terres agricoles abandonnées) en utilisant une stratégie de réensauvagement, peut être une solution pour un meilleur développement à la fois environnemental, rural, social et économique.
Dans cet article, les auteurs font mention des bénéfices économiques apportés par les SE. Ils présentent des valeurs chiffrées, par exemple pour la séquestration du carbone des tourbières et des forêts qui s'élèvent à des millions voire des milliards d'euros. En revanche, les auteurs n'expliquent pas ce que ces valeurs signifient et ce que représente le montant de la séquestration du carbone.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.