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Figure 1 : Réseau entre les gènes liés à la globularisation et les gènes liés au syndrome de domestication. (Benítez-Burraco et al., 2018)
Introduction à l'article :
Existe-t-il un lien entre l'évolution du langage et syndrome de domestication chez l' Homo sapiens ? Selon les auteurs, l'auto-domestication aurait produit une niche culturelle favorisant l'émergence des langues complexes. Il est admis que la "préparation au langage" serait apparue après un événement de "modernité cognitive", lui-même la conséquence d'une croissance cérébrale spécifique à notre espèce et propice à une structuration neuronale : la globularisation de la boîte crânienne . La globularisation est génétiquement régulée. Les auteurs pensent qu'il existe un lien entre les changements génétiques qui aurait provoqué la globularisation et ceux induisant l'expression du syndrome de domestication (modification des cellules de la crête neurale). Leur hypothèse est que les changements génétiques induits par l'émergence du syndrome de domestication sur les cellules-souches de la crête neurale auraient provoqué la globularisation, et donc, l'apparition de langage spécifique.
Expériences de l'article :
Les gènes liés à la globularisation et les gènes liés au «syndrome de domestication» ont été projetés selon un réseau pour voir les interactions potentielles entre les protéines qu'ils codent. Ce réseau s'est construit à l'aide de bases données protéomiques limitées et du logiciel String 10.
Les auteurs ont aussi réalisé une recherche approfondie dans la littérature pour savoir si les gènes candidats pouvaient être considérés comme des gènes de la crête neurale.
Résultats de l'article :
Les auteurs ont constaté que tous les gènes du syndrome de domestication, sauf un, sont liés au réseau de globularisation putatif, et / ou ont changé récemment en notre espèce d'Homo sapiens et / ou donnent lieu à des déficits cognitifs qui affectent le langage et notre mode de cognition lorsqu'ils sont mutés.
Leur recherche bibliographique a aussi montré que près de 60% de ces gènes jouait un rôle lié à la crête neurale. le réseau ne représente que des connectivités *potentielles * entre les protéines impliquées. Les auteurs signalent que ces interactions doivent encore être cartographiées sur des réseaux biochimiques particuliers, des voies de signalisation, des propriétés cellulaires, des aspects de la fonction neuronale ou des types de cellules d'intérêt qui peuvent être reliés à des aspects de développement et des fonctions du langage.
Ce que cet article apporte au débat :
En toute honnêteté, les auteurs avouent n'être toujours pas en mesure de prouver les connexions fonctionnelles recherchées entre la globularisation et le syndrome de domestication . Parce que la plupart des gènes impliqués dans le développement sont pléiotropes, jouant un rôle dans différents tissus et à différents moments. Les connexions trouvées in silico , ou déduites de la littérature, doivent encore être validées expérimentalement dans les tissus d'intérêt. De plus, le réseau de globularisation est encore mal compris pour pouvoir démontrer que des changements dans l'expression de certains des gènes réduisent l'apport à la crête neurale pour donner lieu au type d'hypo-régulation que Wilkins et al. ( 2014) mettent en évidence dans leur travail.
Remarques sur l'article :
Les auteurs basent en grande partie leurs travaux sur des résultats précédemment publiés par eux mêmes : les gènes liés à la globularisation sont ceux codant pour les protéines discutées dans des travaux de Boeckx et Benítez-Burraco ( 2014a , b ) et Benítez-Burraco et Boeckx ( 2015a ).
Publiée il y a plus de 6 ans
par
A.C. Vain.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Globularisation et Domestication
Figure 1 : Réseau entre les gènes liés à la globularisation et les gènes liés au syndrome de domestication. (Benítez-Burraco et al., 2018)
Existe-t-il un lien entre l'évolution du langage et syndrome de domestication chez l' Homo sapiens ? Selon les auteurs, l'auto-domestication aurait produit une niche culturelle favorisant l'émergence des langues complexes. Il est admis que la "préparation au langage" serait apparue après un événement de "modernité cognitive", lui-même la conséquence d'une croissance cérébrale spécifique à notre espèce et propice à une structuration neuronale : la globularisation de la boîte crânienne . La globularisation est génétiquement régulée. Les auteurs pensent qu'il existe un lien entre les changements génétiques qui aurait provoqué la globularisation et ceux induisant l'expression du syndrome de domestication (modification des cellules de la crête neurale). Leur hypothèse est que les changements génétiques induits par l'émergence du syndrome de domestication sur les cellules-souches de la crête neurale auraient provoqué la globularisation, et donc, l'apparition de langage spécifique.
Les gènes liés à la globularisation et les gènes liés au «syndrome de domestication» ont été projetés selon un réseau pour voir les interactions potentielles entre les protéines qu'ils codent. Ce réseau s'est construit à l'aide de bases données protéomiques limitées et du logiciel String 10.
Les auteurs ont aussi réalisé une recherche approfondie dans la littérature pour savoir si les gènes candidats pouvaient être considérés comme des gènes de la crête neurale.
Les auteurs ont constaté que tous les gènes du syndrome de domestication, sauf un, sont liés au réseau de globularisation putatif, et / ou ont changé récemment en notre espèce d'Homo sapiens et / ou donnent lieu à des déficits cognitifs qui affectent le langage et notre mode de cognition lorsqu'ils sont mutés.
Leur recherche bibliographique a aussi montré que près de 60% de ces gènes jouait un rôle lié à la crête neurale. le réseau ne représente que des connectivités *potentielles * entre les protéines impliquées. Les auteurs signalent que ces interactions doivent encore être cartographiées sur des réseaux biochimiques particuliers, des voies de signalisation, des propriétés cellulaires, des aspects de la fonction neuronale ou des types de cellules d'intérêt qui peuvent être reliés à des aspects de développement et des fonctions du langage.
En toute honnêteté, les auteurs avouent n'être toujours pas en mesure de prouver les connexions fonctionnelles recherchées entre la globularisation et le syndrome de domestication . Parce que la plupart des gènes impliqués dans le développement sont pléiotropes, jouant un rôle dans différents tissus et à différents moments. Les connexions trouvées in silico , ou déduites de la littérature, doivent encore être validées expérimentalement dans les tissus d'intérêt. De plus, le réseau de globularisation est encore mal compris pour pouvoir démontrer que des changements dans l'expression de certains des gènes réduisent l'apport à la crête neurale pour donner lieu au type d'hypo-régulation que Wilkins et al. ( 2014) mettent en évidence dans leur travail.
Les auteurs basent en grande partie leurs travaux sur des résultats précédemment publiés par eux mêmes : les gènes liés à la globularisation sont ceux codant pour les protéines discutées dans des travaux de Boeckx et Benítez-Burraco ( 2014a , b ) et Benítez-Burraco et Boeckx ( 2015a ).
Dernière modification il y a plus de 6 ans.