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Le renouvellement des pollinisateurs vers les abeilles à miels domestiques améliore la reproduction d'une plante pollinisée par les bourdons
Introduction à l'article :
L'abeille domestique (Apis mellifera) a été largement introduite par l'homme pour augmenter la production des cultures. Cependant, étant invasives, elles ont un impact sur les écosystèmes natifs et notamment sur les interactions plantes / pollinisateurs. Un certain nombre d'étude antérieure à celle-ci ont étudié l'impact des abeilles domestiques introduites sur les plantes pollinisées par des abeilles natives. En revanche, peu d'études ce sont concentrées sur l'impact de ces introductions sur des fleurs pollinisées par des bourdons. Dans les Monts Hengduan au Sud-Est de la Chine, l'agriculture et la déforestation ont fragmenté le paysage est séparée des populations de Pedicularis densispica, presque exclusivement pollinisée par des bourdons. L'introduction en 2004 d'A. mellifera dans ces régions fractionnées par l'Homme a crée un site sans pollinisateur natif et a permis d'étudier l'impact de la présence ou de l'absence de ces abeilles introduites sur les systèmes de pollinisation natifs.
Expériences de l'article :
Le but de leurs expériences était de comparer l'efficacité de pollinisations qui correspond à l'association de 4 paramètres : (1) Ils ont évalué quantitativement l'association P. densispica et les pollinisateurs en mesurant 60 fleurs de 30 plantes différentes ainsi que 168 individus de 5 espèces (2 abeilles à miels dont A. mellifera et 3 bourdons). (2) Calcul de la fréquence de visite de tous les pollinisateurs en observant entre 2002 et 2004 les taxons présents et le nombre de fleurs qu'ils visitaient. Le taux de visite correspond ensuite au nombre de visite par heure et par fleur. (3) Calcul de la quantité de pollen prélevée par les pollinisateurs en comptant au microscope optique le nombre de grains de pollens restant dans les anthères. (4) Calcul de la quantité de pollen déposé sur les stigmates par les abeilles à miel et les 3 bourdons au microscope optique.
Ils ont aussi calculé le pourcentage de fruits et de graines produits chaque année entre 2002 et 2005 ainsi que 2010 et 2011.
Résultats de l'article :
(1) Les bourdons sont globalement plus gros que les abeilles avec la longueur de la tête, du corps et du proboscis plus importants. Les résultats indiquent qu'il n'y a pas de différence significative dans la longueur du proboscis entre les deux abeilles à miels (dont A.mellifera). (2)P. densispica a été visité uniquement par des bourdons (entre 4 et 6 espèces en fonction des années) excepté en 2004 (l'année où les abeilles à miels sont introduites) où les abeilles occupent la quasi-totalité des visites. Le taux de visite des abeilles à miel en 2004 a été plus de deux fois supérieurs à celui des bourdons les autres années. (3) Les bourdons prélèvent une quantité de pollens plus importante par rapport aux abeilles à miel. (4) Les bourdons déposent plus de pollens sur les stigmates des fleurs que les abeilles à miels à chaque visite.
Les pourcentages de graines et de fruits produits par P. densispica sont statistiquement supérieurs (une augmentation d'environ 70%) en 2004 que les autres années.
Ce que cet article apporte au débat :
L'une des conclusions de cette étude répond à une question importante de notre controverse : Comment les abeilles à miels peuvent-elles faire baisser la diversité des bourdons sauvages?
Même si A. mellifera introduites a une efficacité de pollinisation moindre que les bourdons natifs (avec moins de pollens prélevés et déposés à chaque visite), l'extrême abondance de celles-ci conduisent malgré tout à améliorer la reproduction des plantes (de 70% par rapport aux pollinisateurs natifs !) en compensant leur faible efficacité de pollinisation.
Au final par rapport à notre problématique, l'introduction d'abeilles domestiques permet d'améliorer considérablement la reproduction de P. densispica là où les pollinisateurs sauvages ne sont plus en mesure d'agir à cause de la fragmentation des écosystèmes causés par l'activité humaine. Introduire des abeilles domestiques semblent donc être une bonne alternative dans des projets de conservation des plantes, au détriment cependant de la faune native.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
J. Boulin.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Le renouvellement des pollinisateurs vers les abeilles à miels domestiques améliore la reproduction d'une plante pollinisée par les bourdons
Introduction à l'article :
L'abeille domestique (Apis mellifera) a été largement introduite par l'homme pour augmenter la production des cultures. Cependant, étant invasives, elles ont un impact sur les écosystèmes natifs et notamment sur les interactions plantes / pollinisateurs. Un certain nombre d'étude antérieure à celle-ci ont étudié l'impact des abeilles domestiques introduites sur les plantes pollinisées par des abeilles natives. En revanche, peu d'études ce sont concentrées sur l'impact de ces introductions sur des fleurs pollinisées par des bourdons. Dans les Monts Hengduan au Sud-Est de la Chine, l'agriculture et la déforestation ont fragmenté le paysage est séparée des populations de Pedicularis densispica, presque exclusivement pollinisée par des bourdons. L'introduction en 2004 d'A. mellifera dans ces régions fractionnées par l'Homme a crée un site sans pollinisateur natif et a permis d'étudier l'impact de la présence ou de l'absence de ces abeilles introduites sur les systèmes de pollinisation natifs.
Le but de leurs expériences était de comparer l'efficacité de pollinisations qui correspond à l'association de 4 paramètres :
(1) Ils ont évalué quantitativement l'association P. densispica et les pollinisateurs en mesurant 60 fleurs de 30 plantes différentes ainsi que 168 individus de 5 espèces (2 abeilles à miels dont A. mellifera et 3 bourdons).
(2) Calcul de la fréquence de visite de tous les pollinisateurs en observant entre 2002 et 2004 les taxons présents et le nombre de fleurs qu'ils visitaient. Le taux de visite correspond ensuite au nombre de visite par heure et par fleur.
(3) Calcul de la quantité de pollen prélevée par les pollinisateurs en comptant au microscope optique le nombre de grains de pollens restant dans les anthères.
(4) Calcul de la quantité de pollen déposé sur les stigmates par les abeilles à miel et les 3 bourdons au microscope optique.
Ils ont aussi calculé le pourcentage de fruits et de graines produits chaque année entre 2002 et 2005 ainsi que 2010 et 2011.
(1) Les bourdons sont globalement plus gros que les abeilles avec la longueur de la tête, du corps et du proboscis plus importants. Les résultats indiquent qu'il n'y a pas de différence significative dans la longueur du proboscis entre les deux abeilles à miels (dont A.mellifera).
(2) P. densispica a été visité uniquement par des bourdons (entre 4 et 6 espèces en fonction des années) excepté en 2004 (l'année où les abeilles à miels sont introduites) où les abeilles occupent la quasi-totalité des visites. Le taux de visite des abeilles à miel en 2004 a été plus de deux fois supérieurs à celui des bourdons les autres années.
(3) Les bourdons prélèvent une quantité de pollens plus importante par rapport aux abeilles à miel.
(4) Les bourdons déposent plus de pollens sur les stigmates des fleurs que les abeilles à miels à chaque visite.
Les pourcentages de graines et de fruits produits par P. densispica sont statistiquement supérieurs (une augmentation d'environ 70%) en 2004 que les autres années.
L'une des conclusions de cette étude répond à une question importante de notre controverse : Comment les abeilles à miels peuvent-elles faire baisser la diversité des bourdons sauvages?
Même si A. mellifera introduites a une efficacité de pollinisation moindre que les bourdons natifs (avec moins de pollens prélevés et déposés à chaque visite), l'extrême abondance de celles-ci conduisent malgré tout à améliorer la reproduction des plantes (de 70% par rapport aux pollinisateurs natifs !) en compensant leur faible efficacité de pollinisation.
Au final par rapport à notre problématique, l'introduction d'abeilles domestiques permet d'améliorer considérablement la reproduction de P. densispica là où les pollinisateurs sauvages ne sont plus en mesure d'agir à cause de la fragmentation des écosystèmes causés par l'activité humaine. Introduire des abeilles domestiques semblent donc être une bonne alternative dans des projets de conservation des plantes, au détriment cependant de la faune native.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.