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Etude du régime alimentaire des abeilles mellifères dans les habitats agricoles : une grande richesse florale, et le rôle majeur des adventices
Introduction à l'article :
La diversité et la quantité de fleurs disponibles dans la nature diminue, avec pour cause directe le déclin des pollinisateurs. L'abeille mellifère est un exemple frappant, avec plus de la moitié des populations disparues à l'échelle mondiale, à cause de maladies, mais également des pesticides. Il résulte de cette diminution un déclin des fleurs et arbres à pollinisation apicole quasi-exclusive : poiriers, fraisiers par exemple. Malgré ce déclin, la composition du régime des abeilles mellifères est peu étudiée, notamment sa dynamique annuelle selon les floraisons de masse (colza et tournesol par exemple), et les périodes intercalaires de faible floraison. La part des arbres et des herbacées dans leur régime était jusque-là inconnue, et par conséquent celle des adventices également.
Expériences de l'article :
L'étude se déroule dans le centre-Ouest français, dans une région très agricole, sur un territoire de 450km² de surface, divisée en 50 carrés de 10km² chacune. Sur une période de 5 ans (2008 à 2012) et chaque année, des ruchers comportant 5 ruches ont été installés au centre de 10 de ces carrés sélectionnés au hasard. Les abeilles avaient principalement accès à des fleurs de colza et de tournesol.
Le pollen et le nectar collecté par les abeilles a été récupéré à intervalles réguliers, pour approximer la quantité collectée sur toute la période d'étude. Le pollen est récupéré grâce à un 'piège à pollen', contre lequel les abeilles passent quand elles rentrent dans la ruche. Le nectar est quant à lui mesuré en prenant la différence entre les rayons pleins, et les rayons vides.
Le nectar et le pollen sont par la suite identifiés, puis leur masse est rapportée au total pour déterminer la part totale de chaque espèce végétale dans la collecte des abeilles.
Résultats de l'article :
L'étude montre que le régime de collecte des abeilles mellifères suit une dynamique bimodale : la collecte de pollen et de nectar est élevée autour de l'éclosion du colza d'une part, du tournesol et du maïs d'autre part, formant deux pics sur l'année (Mai et Juillet-Août). Entre ces deux périodes intenses, la collecte est plus faible, mais toujours existante, et l'origine du nectar et du pollen est variable dans le temps. Le nectar est quasi-exclusivement récolté sur des plantes cultivées.
La part de collecte de pollen correspondant aux espèces cultivées augmente concomitamment aux pics mentionnés plus tôt, alors que les arbustes représentent la quasi-totalité des collectes du mois d'Avril.
Entre ces deux pics, les plantes herbacées représentent la majorité du pollen récolté, avec près de 60% de la masse totale récoltée. Sur l'année, cette proportion s'élève à 40%.
Rigueur de l'article :
Comme évoqué brièvement dans l'article, faire reposer les calculs de proportion de chaque espèce végétale sur la masse de pollen récupérée présente un biais : les différents pollens ont des tailles et des masses différentes, et une telle méthode tendrait à sur-représenter les pollens de grande taille, et à minimiser la part des pollens de petite taille.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre la part des adventices dans le régime alimentaire des abeilles mellifères, et son importance hors des périodes de floraison des champs cultivés, pendant lesquelles les herbacées représentent plus de la moitié de leur alimentation.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
L. Nadalin.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Etude du régime alimentaire des abeilles mellifères dans les habitats agricoles : une grande richesse florale, et le rôle majeur des adventices
Introduction à l'article :
La diversité et la quantité de fleurs disponibles dans la nature diminue, avec pour cause directe le déclin des pollinisateurs. L'abeille mellifère est un exemple frappant, avec plus de la moitié des populations disparues à l'échelle mondiale, à cause de maladies, mais également des pesticides. Il résulte de cette diminution un déclin des fleurs et arbres à pollinisation apicole quasi-exclusive : poiriers, fraisiers par exemple. Malgré ce déclin, la composition du régime des abeilles mellifères est peu étudiée, notamment sa dynamique annuelle selon les floraisons de masse (colza et tournesol par exemple), et les périodes intercalaires de faible floraison. La part des arbres et des herbacées dans leur régime était jusque-là inconnue, et par conséquent celle des adventices également.
L'étude se déroule dans le centre-Ouest français, dans une région très agricole, sur un territoire de 450km² de surface, divisée en 50 carrés de 10km² chacune. Sur une période de 5 ans (2008 à 2012) et chaque année, des ruchers comportant 5 ruches ont été installés au centre de 10 de ces carrés sélectionnés au hasard. Les abeilles avaient principalement accès à des fleurs de colza et de tournesol.
Le pollen et le nectar collecté par les abeilles a été récupéré à intervalles réguliers, pour approximer la quantité collectée sur toute la période d'étude. Le pollen est récupéré grâce à un 'piège à pollen', contre lequel les abeilles passent quand elles rentrent dans la ruche. Le nectar est quant à lui mesuré en prenant la différence entre les rayons pleins, et les rayons vides.
Le nectar et le pollen sont par la suite identifiés, puis leur masse est rapportée au total pour déterminer la part totale de chaque espèce végétale dans la collecte des abeilles.
L'étude montre que le régime de collecte des abeilles mellifères suit une dynamique bimodale : la collecte de pollen et de nectar est élevée autour de l'éclosion du colza d'une part, du tournesol et du maïs d'autre part, formant deux pics sur l'année (Mai et Juillet-Août). Entre ces deux périodes intenses, la collecte est plus faible, mais toujours existante, et l'origine du nectar et du pollen est variable dans le temps. Le nectar est quasi-exclusivement récolté sur des plantes cultivées.
La part de collecte de pollen correspondant aux espèces cultivées augmente concomitamment aux pics mentionnés plus tôt, alors que les arbustes représentent la quasi-totalité des collectes du mois d'Avril.
Entre ces deux pics, les plantes herbacées représentent la majorité du pollen récolté, avec près de 60% de la masse totale récoltée. Sur l'année, cette proportion s'élève à 40%.
Comme évoqué brièvement dans l'article, faire reposer les calculs de proportion de chaque espèce végétale sur la masse de pollen récupérée présente un biais : les différents pollens ont des tailles et des masses différentes, et une telle méthode tendrait à sur-représenter les pollens de grande taille, et à minimiser la part des pollens de petite taille.
Cet article montre la part des adventices dans le régime alimentaire des abeilles mellifères, et son importance hors des périodes de floraison des champs cultivés, pendant lesquelles les herbacées représentent plus de la moitié de leur alimentation.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.