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La biodiversité dans les villes a besoin d'espace : une méta-analyse des facteurs déterminant la variation de la biodiversité intra-urbaine
Introduction à la méta-analyse :
L'urbanisation représente une menace pour la biodiversité. Cependant, des niveaux élevés de biodiversité peuvent s'installer et s'épanouir en milieu urbain. Certains espèces s'adaptent à la vie urbaine, et interagissent avec les caractéristiques de cet environnement.
Au sein des villes, certains facteurs déterminent une variation intra-urbaine de la biodiversité. Cette méta-analyse évalue l'importance des variables individuelles d'habitat pour déterminer les niveaux de biodiversité intra-urbaine, en se concentrant sur les facteurs souvent mis en avant comme étant des déterminants clés de la biodiversité intra-urbaine, dont la superficie des patchs, la végétation et la fragmentation.
Expériences de la méta-analyse :
Un total de 87 publications a été sélectionné suivant des critères précis.
Les variables réponses des articles ont été transformées en un ensemble réduit de mesures de la biodiversité (richesse et diversité spécifiques). Les nombreuses variables indépendantes utilisées pour décrire le paysage urbain ont été regroupées en 69 facteurs.
Les facteurs locaux et paysagers, les facteurs biotiques et abiotiques, et les facteurs de conception et de gestion ont été comparés.
Des modèles à effets aléatoires pour 27 facteurs et la richesse spécifique, ainsi que pour 3 facteurs et la diversité spécifique ont été calculés.
Les estimations de la valeur de l'effet pour la relation entre les mesures de la biodiversité et chaque facteur ont été calculées.
L'effet des facteurs sur différents taxons a été analysé.
Des valeurs seuils de superficie des patchs indiquant la taille en deçà desquelles la richesse spécifique a significativement diminué ont été notées.
Résultats de la méta-analyse :
La superficie des patchs d'habitat et les corridors sont les facteurs ayant les effets significativement positifs les plus importants sur la biodiversité.
La gestion de l'habitat, la couverture hydrique, ainsi que la couverture, la densité et la structure végétales étaient des facteurs importants pour la richesse spécifique. Le pourcentage d'espaces verts était important pour la diversité spécifique.
La richesse spécifique a été significativement plus affectée par des facteurs biotiques qu'abiotiques.
Tous les taxons (insectes, oiseaux, plantes) ont réagi positivement à la superficie des patchs d'habitats. Les oiseaux ont plus fortement réagi à la structure de la végétation (particulièrement des arbres), et les insectes à la couverture herbacée.
La superficie des patchs d'habitat nécessaire pour inclure un nombre significatif d'espèces sensibles était de 53,3ha en moyenne, mais pour minimiser la perte d'espèces s'adaptant aux villes, la superficie nécessaire était de 4,4ha en moyenne.
Rigueur de la méta-analyse :
Les auteurs des publications qui ne fournissaient pas de corrélations des variables employées ont été contactés pour qu'ils transmettent les informations statistiques manquantes.
Les études n'ayant fourni aucune information extractible pour les statistiques ont été exclues des analyses.
Les auteurs utilisent des modèles à effets aléatoires dont les estimations de la variance des effets sommaires sont plus précises et qui facilitent des inférences plus robustes de l'ampleur des effets, ce qui est important pour les prévisions concernant les villes non couvertes par la base de données.
Les résultats potentiellement affectés par les covariables ont été exclus, pour inclure uniquement des coefficients de corrélation bruts sur les relations entre une mesure de la biodiversité et une catégorie explicative et permettre ainsi une meilleure comparabilité entre études.
Le nombre d'études disponibles pour un seul facteur était souvent plus élevé pour les oiseaux que pour les autres taxons.
Ce que cette méta-analyse apporte au débat :
Il est estimé que la population urbaine attendra 70% d'ici 2050 avec un doublement de l'étendue des zones urbaines d'ici 2030. Les espèces sont dépendantes de leur environnement, et si certaines s'adaptent à la vie urbaine, elles peuvent toutefois être sensibles à certains facteurs. Privilégier certaines structures lors de l'élaboration de zones urbaines, comme une couverture végétale conséquente et de grandes surfaces d'habitats liés par des corridors, permettrait d'augmenter la diversité et la richesse spécifique.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
E. Treillet.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
La biodiversité dans les villes a besoin d'espace : une méta-analyse des facteurs déterminant la variation de la biodiversité intra-urbaine
Introduction à la méta-analyse :
L'urbanisation représente une menace pour la biodiversité. Cependant, des niveaux élevés de biodiversité peuvent s'installer et s'épanouir en milieu urbain. Certains espèces s'adaptent à la vie urbaine, et interagissent avec les caractéristiques de cet environnement.
Au sein des villes, certains facteurs déterminent une variation intra-urbaine de la biodiversité. Cette méta-analyse évalue l'importance des variables individuelles d'habitat pour déterminer les niveaux de biodiversité intra-urbaine, en se concentrant sur les facteurs souvent mis en avant comme étant des déterminants clés de la biodiversité intra-urbaine, dont la superficie des patchs, la végétation et la fragmentation.
Un total de 87 publications a été sélectionné suivant des critères précis.
Les variables réponses des articles ont été transformées en un ensemble réduit de mesures de la biodiversité (richesse et diversité spécifiques). Les nombreuses variables indépendantes utilisées pour décrire le paysage urbain ont été regroupées en 69 facteurs.
Les facteurs locaux et paysagers, les facteurs biotiques et abiotiques, et les facteurs de conception et de gestion ont été comparés.
Des modèles à effets aléatoires pour 27 facteurs et la richesse spécifique, ainsi que pour 3 facteurs et la diversité spécifique ont été calculés.
Les estimations de la valeur de l'effet pour la relation entre les mesures de la biodiversité et chaque facteur ont été calculées.
L'effet des facteurs sur différents taxons a été analysé.
Des valeurs seuils de superficie des patchs indiquant la taille en deçà desquelles la richesse spécifique a significativement diminué ont été notées.
La superficie des patchs d'habitat et les corridors sont les facteurs ayant les effets significativement positifs les plus importants sur la biodiversité.
La gestion de l'habitat, la couverture hydrique, ainsi que la couverture, la densité et la structure végétales étaient des facteurs importants pour la richesse spécifique. Le pourcentage d'espaces verts était important pour la diversité spécifique.
La richesse spécifique a été significativement plus affectée par des facteurs biotiques qu'abiotiques.
Tous les taxons (insectes, oiseaux, plantes) ont réagi positivement à la superficie des patchs d'habitats. Les oiseaux ont plus fortement réagi à la structure de la végétation (particulièrement des arbres), et les insectes à la couverture herbacée.
La superficie des patchs d'habitat nécessaire pour inclure un nombre significatif d'espèces sensibles était de 53,3ha en moyenne, mais pour minimiser la perte d'espèces s'adaptant aux villes, la superficie nécessaire était de 4,4ha en moyenne.
Les auteurs des publications qui ne fournissaient pas de corrélations des variables employées ont été contactés pour qu'ils transmettent les informations statistiques manquantes.
Les études n'ayant fourni aucune information extractible pour les statistiques ont été exclues des analyses.
Les auteurs utilisent des modèles à effets aléatoires dont les estimations de la variance des effets sommaires sont plus précises et qui facilitent des inférences plus robustes de l'ampleur des effets, ce qui est important pour les prévisions concernant les villes non couvertes par la base de données.
Les résultats potentiellement affectés par les covariables ont été exclus, pour inclure uniquement des coefficients de corrélation bruts sur les relations entre une mesure de la biodiversité et une catégorie explicative et permettre ainsi une meilleure comparabilité entre études.
Le nombre d'études disponibles pour un seul facteur était souvent plus élevé pour les oiseaux que pour les autres taxons.
Il est estimé que la population urbaine attendra 70% d'ici 2050 avec un doublement de l'étendue des zones urbaines d'ici 2030. Les espèces sont dépendantes de leur environnement, et si certaines s'adaptent à la vie urbaine, elles peuvent toutefois être sensibles à certains facteurs. Privilégier certaines structures lors de l'élaboration de zones urbaines, comme une couverture végétale conséquente et de grandes surfaces d'habitats liés par des corridors, permettrait d'augmenter la diversité et la richesse spécifique.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.