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Une méta-analyse globale ne révèle aucun changement net dans la biodiversité végétale à l'échelle locale au cours du temps
Figure :
Changement temporel de la richesse spécifique végétale dans différents habitats, continents, ou moteurs de changement de la végétation.
Moyenne ±50% (lignes épaisses) ou intervalle de confiance de 95% (lignes fines) pour les sous-ensembles comprenant au moins 5 études. Global meta-analysis reveals no net change in local-scale plant biodiversity over time
Introduction à l'article :
Le déclin mondial de la biodiversité est préoccupant pour de nombreuses raisons. Des expérimentations ont montré que la réduction de biodiversité végétale pouvait compromettre la fonction écosystémique. Dans la nature, déduire que cette fonction tend à décliner suite à la perte de diversité à l'échelle locale est hypothétique. À l'aide d'une base de données de plus de 68 études publiées, les auteurs montrent que le changement temporel moyen de la diversité spécifique tend aussi souvent à augmenter qu'à diminuer. Les sites influencés principalement par des plantes invasives ont montré une tendance au déclin de leur richesse spécifique, tandis que ceux en état de post-perturbation présentent des augmentations au cours du temps. Même si maximiser la diversité peut jouer un rôle important dans certains écosystèmes, la tendance générale de la biodiversité végétale à l'échelle locale est à la stabilité.
Expériences de l'article :
Méta-analyse. Les auteurs ont scanné la littérature mentionnant des changements de biodiversité à petite échelle (<5ha pour les études concernant les arbres, <1ha pour les autres plantes) et concernant les différents taxons de végétaux.
Résultats de l'article :
Les études portant sur une succession après des perturbations majeures (incendies, fortes tempêtes, exploitation forestière, ou encore arrêt du patûrage) montrent une augmentation de la richesse spécifique.
Celles portant sur une invasion d'une espèce végétale ou au changement climatique montrent une diminution, même si l'intervalle de confiance (95%) recoupe zéro.
La plupart des études testées notent des déclins de richesse <20%, dont les effets sur la fonction écosystémique sont négligeables.
Des contraintes spatiales et des interactions interspécifiques stabilisatrices pourraient agir comme tampon face à des changements temporels de diversité dans les deux sens.
Dans des sites peu anthropisés, la productivité ou le cycle des nutriments peuvent être fonction de transformations de la composition de l'écosystème (abondance d'espèces sympatriques p. ex.). Les conséquences de telles variations locales de la composition spécifique sont aujourd'hui peu connues mais se doivent d'être explorées.
Rigueur de l'article :
Cela reste une méta-analyse, avec les biais potentiels que cela implique.
Ce que cet article apporte au débat :
Il nous montre qu'à l'échelle locale, pour des communautés végétales, la diversité ainsi que la richesse spécifique fluctuent naturellement et légèrement, sans que ceci soit imputable au changement climatique ou aux suites de l'arrivée d'une espèce invasive par exemple.
Remarques sur l'article :
La diversité ici est aveugle, elle ne tient pas compte de changements de composition des écosystèmes. C'est notamment le problème dans le cas d'espèces localement sympatriques, qui ont évolué en fonction de la présence de l'autre.
Les légères augmentations de richesse spécifique dans certains cas ne pourraient-elles pas être dues à un effet rebond ?
Publiée il y a plus de 6 ans
par
A. Lucas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Une méta-analyse globale ne révèle aucun changement net dans la biodiversité végétale à l'échelle locale au cours du temps
Changement temporel de la richesse spécifique végétale dans différents habitats, continents, ou moteurs de changement de la végétation.
Moyenne ±50% (lignes épaisses) ou intervalle de confiance de 95% (lignes fines) pour les sous-ensembles comprenant au moins 5 études.
Global meta-analysis reveals no net change in local-scale plant biodiversity over time
Le déclin mondial de la biodiversité est préoccupant pour de nombreuses raisons. Des expérimentations ont montré que la réduction de biodiversité végétale pouvait compromettre la fonction écosystémique. Dans la nature, déduire que cette fonction tend à décliner suite à la perte de diversité à l'échelle locale est hypothétique. À l'aide d'une base de données de plus de 68 études publiées, les auteurs montrent que le changement temporel moyen de la diversité spécifique tend aussi souvent à augmenter qu'à diminuer. Les sites influencés principalement par des plantes invasives ont montré une tendance au déclin de leur richesse spécifique, tandis que ceux en état de post-perturbation présentent des augmentations au cours du temps. Même si maximiser la diversité peut jouer un rôle important dans certains écosystèmes, la tendance générale de la biodiversité végétale à l'échelle locale est à la stabilité.
Méta-analyse. Les auteurs ont scanné la littérature mentionnant des changements de biodiversité à petite échelle (<5ha pour les études concernant les arbres, <1ha pour les autres plantes) et concernant les différents taxons de végétaux.
Les études portant sur une succession après des perturbations majeures (incendies, fortes tempêtes, exploitation forestière, ou encore arrêt du patûrage) montrent une augmentation de la richesse spécifique.
Celles portant sur une invasion d'une espèce végétale ou au changement climatique montrent une diminution, même si l'intervalle de confiance (95%) recoupe zéro.
La plupart des études testées notent des déclins de richesse <20%, dont les effets sur la fonction écosystémique sont négligeables.
Des contraintes spatiales et des interactions interspécifiques stabilisatrices pourraient agir comme tampon face à des changements temporels de diversité dans les deux sens.
Dans des sites peu anthropisés, la productivité ou le cycle des nutriments peuvent être fonction de transformations de la composition de l'écosystème (abondance d'espèces sympatriques p. ex.). Les conséquences de telles variations locales de la composition spécifique sont aujourd'hui peu connues mais se doivent d'être explorées.
Cela reste une méta-analyse, avec les biais potentiels que cela implique.
Il nous montre qu'à l'échelle locale, pour des communautés végétales, la diversité ainsi que la richesse spécifique fluctuent naturellement et légèrement, sans que ceci soit imputable au changement climatique ou aux suites de l'arrivée d'une espèce invasive par exemple.
La diversité ici est aveugle, elle ne tient pas compte de changements de composition des écosystèmes. C'est notamment le problème dans le cas d'espèces localement sympatriques, qui ont évolué en fonction de la présence de l'autre.
Les légères augmentations de richesse spécifique dans certains cas ne pourraient-elles pas être dues à un effet rebond ?
Dernière modification il y a plus de 6 ans.